Israel, estat-nació del poble jueu

Avui, la Knesset ha aprovat la llei bàsica (de rang constitucional) per la qual hom declara que Israel és l’estat-nació del poble jueu. La votació ha estat: 62 vots a favor, 55 en contra i 2 abstencions.

La causa profunda d’aqueixa llei controvertida és una pugna entre el poder polític i el poder judicial i respon a la determinació del govern Netanyahu de acotar l’amplíssim marge d’interpretació que té la Cort Suprema d’Israel en absència d’una carta constitucional única. Per evitar noves decisions judicials que constrenyen la sobirania del Parlament, aqueix ha decidit exercir les seves facultats establint una sèrie d’elements clau de la identitat de l’estat indisponible pel poder judicial. Emmanuel Navon va publicar ahir al Jerusalem Post un article explicatiu en aqueix sentit: “The case for Israel’s Jewish state law

Els crítics amb aqueixa iniciativa argumenten que era innecessària ja que Israel ja és un estat jueu i democràtic des de la seva fundació i que no té en compte les altres comunitats nacionals presents al territori estatal:

Basic Law: Israel as the Nation State of the Jewish People

1 — Basic principles

A. The land of Israel is the historical homeland of the Jewish people, in which the State of Israel was established.

B. The State of Israel is the national home of the Jewish people, in which it fulfills its natural, cultural, religious and historical right to self-determination.

C. The right to exercise national self-determination in the State of Israel is unique to the Jewish people.

2 — The symbols of the state

A. The name of the state is “Israel.”

B. The state flag is white with two blue stripes near the edges and a blue Star of David in the center.

C. The state emblem is a seven-branched menorah with olive leaves on both sides and the word “Israel” beneath it.

D. The state anthem is “Hatikvah.”

E. Details regarding state symbols will be determined by the law.

3 — The capital of the state

Jerusalem, complete and united, is the capital of Israel.

4 — Language

A. The state’s language is Hebrew.

B. The Arabic language has a special status in the state; Regulating the use of Arabic in state institutions or by them will be set in law.

C. This clause does not harm the status given to the Arabic language before this law came into effect.

5 — Ingathering of the exiles

The state will be open for Jewish immigration and the ingathering of exiles

6 — Connection to the Jewish people

A. The state will strive to ensure the safety of the members of the Jewish people in trouble or in captivity due to the fact of their Jewishness or their citizenship.

B. The state shall act within the Diaspora to strengthen the affinity between the state and members of the Jewish people.

C. The state shall act to preserve the cultural, historical and religious heritage of the Jewish people among Jews in the Diaspora.

7 — Jewish settlement

A. The state views the development of Jewish settlement as a national value and will act to encourage and promote its establishment and consolidation.

8 — Official calendar

The Hebrew calendar is the official calendar of the state and alongside it the Gregorian calendar will be used as an official calendar. Use of the Hebrew calendar and the Gregorian calendar will be determined by law.

9 — Independence Day and memorial days

A. Independence Day is the official national holiday of the state.

B. Memorial Day for the Fallen in Israel’s Wars and Holocaust and Heroism Remembrance Day are official memorial days of the State.

10 — Days of rest and sabbath

The Sabbath and the festivals of Israel are the established days of rest in the state; Non-Jews have a right to maintain days of rest on their Sabbaths and festivals; Details of this issue will be determined by law.

11 — Immutability

This Basic Law shall not be amended, unless by another Basic Law passed by a majority of Knesset members.

Les reaccions adverses a Europa occidental no s’han fet esperar: la crònica de Le Monde n’és un compendi previsible, altra cosa és l’acollida favorable dels estats-nació centre-europeus, com ho prova la presència avui mateix del president hongarès a Jerusalem.

Post Scriptum, 26 de juliol del 2018.

Shmuel Trigano, el socioleg jueu francès ha estat entrevistat pel digital Atlantico: “Israël, Etat-nation des juifs: une polémique pour rien“:

1. Le Parlement israélien a adopté une loi controversée qualifiant le pays d’État principalement juif. Au-delà de l’aspect symbolique, quelle peut-être la portée de cette loi ?

Controversée pour qui? “Juif” serait-il un gros mot? C’est comme si vous trouviez qu’il y aurait un scandale dans les termes officiels de “République française“, “République fédérale allemande“… Ce sont les post-marxistes que sont aujourd’hui les post-modernistes qui promeuvent en Europe de telles aberrations, qui n’aident pas à l’intégration de populations qui viennent toutes de pays dont l’islam est la religion officielle. “Juif” désigne un peuple, comme vous l’aurez constaté en contemplant le 20 eme siècle: la quasi totalité des Juifs d’Europe ont été sortis de leurs nationalités individuelles pour être détruits en masse comme un seul peuple. Quant aux Juifs du monde arabe, ils ont été expulsés et spoliés comme un seul homme de onze pays arabes, entre 1940 et 1970; C’est ce peuple qui s’est constitué comme Etat en Israël et que l’on accuse de “racisme”. Il y a quelque chose de “comique”. J’aimerais bien que le scandale se fasse entendre du côté de “l’Etat de Palestine” que la France a applaudi à l’assemblée et dont la constitution, écrite avec de l’argent allemand (la Fondation Konrad Adenauer), décrète qu’il sera l’Etat du “peuple arabe palestinien” (art 2), que celui ci “est une partie des nations arabes et islamiques“(art 10), que la souveraineté y appartient au peuple arabe palestinien (art 13), que “le caractère légal du peuple arabe palestinien sera incarné par l’Etat” (art 6) et l’Islam sera “la religion officielle de l’Etat” (art 6) mais que “les religions monothéïstes seront respectées”. Selon quelle loi? Déjà leurs ressortissants sont sortis de la normalité de la citoyenneté, mais si l’islam est la religion officielle celà veut dire pour les non musulmans le retour à la case départ de la condition odieuse de “dhimmis”.

2. Benjamin Netanyahu étant au cœur d’une polémique (accusations corruption etc), cette loi résulte-t-elle d’une volonté d’obtenir un regain de popularité auprès de la population ? En d’autres termes, cette loi n’arrive-t-elle pas à point nommé ?

Je ne le crois pas du tout. Il est au sommet de sa popularité, vérifiée par les sondages, et c’est un des très grands présidents israéliens dont la réussite diplomatique, économique, et politique est exceptionnelle dans une région en guerre et un climat international hostile à Israël. On est en Israël dans une situation qui rappelle ce qui s’est passé en France avec le syndrome mediatico-judiciaire gauchiste qui s’en est pris à Sarkozy, puis à Fillon aux dernières élections. Cela ne reflète pas la réalité, sauf que ce que celà révèle de la réalité est inquiétant sur l’existence d’un “Deep State” en régime démocratique. En Israël, la rupture entre les élites et la majorité du corps électoral a une histoire: elle est la conséquence de la perte du pouvoir par un parti travailliste qui avait fait corps avec l’Etat depuis sa création. Perte du pouvoir politique mais les élites qui faisaient corps avec l’appareil d’Etat sont restées, elles, au pouvoir dans les domaines de l’opinion, de la culture et du prestige.

3. Controversée, la loi distingue l’hébreu comme la «langue de l’État», la priorisant en priorité sur l’arabe, reconnu depuis des décennies comme une langue officielle aux côtés de l’hébreu. Quels sont les risques pris par cette loi ? Le pays ne risque-t-il pas de s’aliéner davantage la grande minorité arabe d’Israël, qui s’est longtemps sentie discriminée ?

Voudriez-vous que la langue de la France soit l’arabe? Que certains de ses citoyens rejettent légitimement la Marseillaise et le drapeau? C’est le principe de l’Etat-nation qui est à l’œuvre. Les minorités s’adaptent à la langue commune et majoritaire. L’exemple juif en Diaspora est probant. Pourquoi ce qui est possible aux Juifs ne le serait pas aux Arabes? En vertu de quel privilège? Mais le problème est ailleurs. Depuis qu’ils ont formé une liste ethnico-religieuse (allant des communistes aux islamistes), la Liste Unifiée, les députés arabes mènent un activisme irrédentiste radical. Hanan Zoabi, députée à la Knesset, a même reconnu aux Etats Unis qu’elle utilise la démocratie israélienne pour promouvoir les droits nationaux des Palestiniens d’Israël. Les islamistes israéliens, du fait de la liberté dont ils jouissent, sont, par ailleurs, les principaux fauteurs de trouble sur le Mont du Temple, utilisé par les nationalistes palestino-israéliens comme un levier pour servir leurs fins politiques qui visent au démantèlement de l’Etat d’Israël et à sa mise au ban sur le plan international. De quoi parle-t-on?

4. À quelle réaction doit-on s’attendre de la part de la Palestine ? Le président palestinien Mahmoud Abbas a quant à lui déclaré qu’il ne reconnaîtra jamais Israël comme un Etat juif…

Quelle importance celà a-t-il? Nul n’a besoin qu’il reconnaisse un Etat juif. L’essentiel est que les Israéliens se le reconnaissent. Sur le plan stratégique régional, la cause de la Palestine est reléguée aux marges. Il n’y a que l’U.E. pour la promouvoir avec hargne contre Israël, une cible facile et sans danger, qui lui permet de croire qu’elle s’attirera ainsi la sympathie des Arabes (au Moyen Orient comme en Europe). Il faut savoir d’où vient Mahmoud Abbas qui soutînt sa thèse révisionniste à Moscou. Ion Mihai Pacepa, ancien chef de la Securitate roumaine, écrit dans “The Kremlin Legacy”: «Un jour de 1964, nous avons été convoqués à une réunion conjointe du KGB et de la Securitate, à Moscou … il s’agissait de redéfinir la lutte contre Israël, considéré comme un allié de l’Occident dans le cadre de la guerre que nous menions contre lui ». Pour séduire “les idiots utiles” d’Occident, il fut décidé de créer l’OLP qui militerait pour la “libération nationale” du nouveau peuple, le peuple palestinien ». Pacepa explique comment Yaser Arafat fut fabriqué : barbu à la Che Guevara. « Il fallait séduire nos militants et nos relais en Europe ».

Ne pas reconnaître un Etat “juif” s’inscrit, par ailleurs, dans toute une stratégie : le jour où la “Palestine” serait reconnue, cet Etat demanderait le droit au “retour” des “réfugiés” dans l’Etat d’Israël, c’est à dire son engloutissement démographique et “démocratique”, puis les Arabes israéliens demanderont à l’ONU de les “protéger” contre l’Etat dont ils sont les citoyens à égalité avec tous les autres citoyens. Enfin, troisième étape : les Palestiniens majoritaires de Jordanie demanderont leur rattachement à la “Grande Palestine” enfin réunifiée. Ce programme est formulé ouvertement par les politiciens palestiniens. L’Europe ne veut pas l’entendre. Elle voudrait entraîner Israël dans le suicide. Mais attention, moral, distingué!

Post Scriptum, 30 de juliol del 2018.

David Horovitz, un dels columnistes més notables de The Times of Israel, hi publica avui un punyent article crític amb l’enfocament que el govern Netanyahu li ha donat: “Le malaise avec la loi de l’État-nation juif d’Israel“.

Post Scriptum, 10 d’agost del 2018.

Avui, Shmuel Sander escriu aqueix report titulat “Israel’s Nationality Law Is Not Discriminatory“, publicat pels Perspectives Paper número 918 del Begin Sadat Center.

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