Vladimir Putin, el tsar postsoviètic (1999-2018)

Avui hi ha eleccions presidencials a la Federació Russa que guanyarà ineludiblement Vladimir Putin, l’autòcrata postsoviètic que va camí d’esdevenir el primer tsar del segle XXI. Assassinat Boris Nemtsov, i inhabilitat com a candidat Aleksei Navalny, el dissident més notori és Gary Kasparov que aqueixa vegada no es presenta,el triomf -amb frau electoral assegurat- serà per quart cop per Putin (Medvedev, va ser un president de palla entre 2008 i 2012 mentre ell era cap de govern).

L’agressivitat contra les societats obertes occidentals per part del líder rus format a la KGB, que governa com un autòcrata amb mentalitat i mètodes estalinistes amb un sistema aparentment parlamentari, és creixent. L’episodi actual dels dissidents russos assassinats al Regne Unit és significatiu del menyspreu que sent per les democràcies europees sobre les quals vol estendre la seva influència, començant per França, on s’aixequen veus -com Laurence Daziano– que reclamen una aproximació al gegant rus.

Le Figaro d’abans d’ahir oferia un bon resum de la trajectòria de Putin: “Retour sur 20 ans d’un pouvoir de plus en plus musclé”:

«Il y a eu différents Poutine», explique au Figaro l’ancien ambassadeur de France à Moscou, Jean de Gliniasty, directeur de recherche à l’IRIS. Si l’enfant de Saint-Pétersbourg a d’abord cherché à se rapprocher de l’Occident, cette première orientation a fait long feu. À l’occasion de ces élections, nous revenons sur les grandes dates du poutinisme.

● 1999: chef de gouvernement et chef de guerre

C’est sa phrase la plus connue. «On ira buter les terroristes jusque dans les chiottes», lâchait le tout nouveau premier ministre en septembre 1999. Un mois plus tôt, Poutine lançait la Seconde guerre de Tchétchénie contre les séparatistes islamistes du Caucase. Condamné pour sa violence par les pays occidentaux, ce conflit permit à Vladimir Poutine de façonner son image d’homme fort dans un pays en crise depuis la chute de l’URSS.

Malade et affaibli politiquement, le président Boris Eltsine démissionne fin 1999, laissant la présidence par intérim à Vladimir Poutine. C’est l’aboutissement d’une ascension fulgurante pour celui qui fit ses armes politiques auprès du maire de Saint-Pétersbourg, Anatoli Sobtchak, avant de rejoindre l’équipe d’Eltsine et de prendre la direction du FSB, l’ex-KGB.

● 2000-2004: Poutine I et la «verticale du pouvoir»

Le 26 mars 2000, Vladimir Poutine est élu dès le premier tour de l’élection. Celui qui apparaît légèrement terne dans son style promet de rétablir «la verticale du pouvoir». «Il faut se rappeler du contexte. C’était la loi de la jungle depuis une décennie. Il a signifié par là qu’il fallait reconstruire l’État», analyse Jean de Gliniasty. Poutine veut mettre au pas les oligarques, ces milliardaires qui ont fait fortune lors des privatisations sauvages des années 1990. Le cas le plus célèbre est celui de l’ancien dirigeant du groupe pétrolier Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, condamné en 2008 puis gracié en 2013. Pour échapper à la prison ou à l’exil, les oligarques n’ont d’autre choix que d’adouber le président Poutine, dont le pouvoir est encore accru par le poids croissant des siloviki («hommes de force» en russe), cette nouvelle caste issue des renseignements et des ministères régaliens.

Parallèlement, le président russe réforme une économie à l’agonie depuis les années 1990. Il simplifie la fiscalité en adoptant un impôt sur le revenu à taux fixe (13%) et en diminuant la TVA et l’impôt sur les sociétés. L’effet de ces réformes est largement amplifié par la hausse du prix des hydrocarbures qui vont assurer à la Russie une très forte croissance jusqu’en 2008 (entre 5% et 10% par an), permettant au pays de réduire sa dette publique (autour de 15%), de financer son système social, notamment les aides familiales pour stimuler la natalité, et de constituer d’importantes réserves monétaires.

Au plan international, Vladimir Poutine se tourne vers l’Occident. «Après le 11 septembre, alors qu’il avait de bonnes relations avec le président Bush, il ouvre l’Asie centrale aux États-Unis, qui y établissent des bases militaires», analyse Igor Delanoë, directeur-adjoint de l’Observatoire franco-russe, un think tank basé à Moscou.

● 2004-2008: Poutine II ou les premiers doutes vis-à-vis de l’Occident

En 2004, Vladimir Poutine est réélu avec plus de 71% des voix, porté par la croissance économique et l’impression que la page des années 1990 se tourne. Mais sur fond de «révolutions de couleur» en Géorgie et en Ukraine, ce second mandat voit une dégradation des rapports avec l’Occident. Au Kremlin, le doute s’installe sur les intentions américaines après l’élargissement de l’OTAN à sept pays d’Europe de l’Est en 2004, malgré les promesses faites à Gorbatchev en 1991. «Le syndrome obsidional [sentiment d’être assiégé], qui semblait avoir été surmonté, refait surface», analyse Igor Delanoë. Cette rupture prend forme lors du discours de Munich en 2007, où il énumère les griefs à l’égard de Washington et de l’OTAN.

Ce changement de ton s’incarne avec la crise en Géorgie de 2008. Se croyant protégé par ses relations avec Washington, le président géorgien Saakachvili intervient en Abkhazie et en Ossétie du Sud, deux enclaves prorusses, de facto autonomes depuis 1991. La réaction est immédiate: l’armée russe entre en Géorgie et se dirige vers la capitale, Tbilissi. Sous l’égide de la France, un accord international est trouvé in extremis.

● 2008-2012: le couple Medvedev/Poutine ou la parenthèse

En 2008, Vladimir Poutine ne peut pas se représenter car la Constitution interdit plus de deux mandats successifs. Plutôt que de la réviser, il choisit de jouer aux chaises musicales: son premier ministre Dimitri Medvedev est élu président, tandis qu’il redevient chef du gouvernement. Le nouveau président russe n’est pas un siloviki. C’est un juriste plutôt libéral et pro-occidental. Le nouveau président américain, Barack Obama, a fait de son côté campagne sur la promesse d’un «reset», autrement dit d’une remise à plat des relations avec la Russie pour repartir sur de bonnes bases.

«La présidence Medvedev est une parenthèse avec une libéralisation très relative», analyse l’ancien ambassadeur Jean de Gliniasty. En réalité, la Russie a subi de plein fouet la crise économique mondiale de 2008. En 2009, son PIB chute lourdement de 7,8%. La croissance dite de rattrapage du début des années 2000 disparaît, sans que la croissance d’investissement prenne le relais, faute de réformes structurelles et d’une lutte efficace contre la corruption. Même si les hydrocarbures compte pour moins de 20% du PIB, ils représentent une grande part des exportations et du budget fédéral, signe d’une insuffisante diversification. La morosité s’installe, pesant lourdement sur une situation sociale précaire.

En 2011, la guerre en Libye qui mène à la chute de Mouammar Kadhafi est très mal vécue par le premier ministre Poutine, qui reproche au président Medvedev de ne pas avoir réagi face à ce qu’il considère comme une ingérence de l’Occident. «Cette parenthèse Medvedev s’achève aussi avec les grandes manifestations de 2011», ajoute Jean de Gliniasty. Alors que Vladimir Poutine a annoncé sa volonté de reprendre la présidence, son parti Russie Unie baisse de 15% aux élections législatives de 2011. Sur fond de soupçons de fraudes électorales, des manifestations de plusieurs dizaines de milliers de personnes défilent dans les grandes villes.

● 2012-2018: Poutine III ou la confrontation avec l’Occident

«On est persuadé au Kremlin que la Russie a échappé à une tentative de changement de régime», explique Igor Delanoë. Les soutiens du pouvoir dénoncent le rôle de l’ONG russe Golos, financée par les États-Unis, ou le rôle de la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, qui aurait selon Poutine «donné le signal de départ» en déclarant que les États-Unis soutenaient «les droits du peuple russe (…) à un avenir meilleur».

Son troisième mandat se conjugue avec autoritarisme et conservatisme, selon une majorité d’observateurs. «Au plan domestique, c’est un mandat régressif et répressif», commente Igor Delanoë. L’établissement d’un État de droit sur le modèle des pays occidentaux n’est pas à l’ordre du jour. L’assassinat dans des conditions très obscures de la journaliste Ana Politkovkaïa en 2006 apparaît a posteriori comme un sombre présage. La liberté de la presse est ainsi soumise à une restriction croissante, même si l’internet russe demeure le lieu d’une certaine contestation. Jean de Gliniasty rappelle néanmoins que Vladimir Poutine demeure «au centre de la vie politique russe, même si cela paraît difficilement croyable en France». «À sa gauche, il a le parti communiste, à sa droite, un puissant mouvement nationaliste qu’il n’a de cesse de réguler», poursuit le directeur de recherche à l’IRIS.

Ce nationalisme est attisé par un contexte international qui se dégrade brutalement avec la crise en Ukraine, le rattachement de la Crimée et la guerre dans le Donbass séparatiste. Les sanctions américaines et européennes votées contre la Russie, toujours en vigueur, parachèvent cette rupture entre Moscou et la communauté euro-atlantique. «Poutine a expliqué à maintes reprises que le pays avait enduré de nombreuses humiliations dans les années 1990, et que malgré cela, il s’était montré prêt à une coopération avec l’Occident encore au début des années 2000. En lieu et place de coopération, le président russe estime que les intérêts de son pays ont été systématiquement ignorés», analyse Igor Delanoë, qui rappelle que, comme Washington, Moscou «raisonne en termes de zones d’influence et d’intérêts».

Dans un premier temps, la crise en Ukraine a semblé isoler Moscou, qui a été écarté du G8 (devenu G7). «Les Russes ont déployé un activisme diplomatique en direction d’un arc non-occidental, qui s’étend de l’Afrique à la péninsule coréenne», modère Igor Delanoë. Vladimir Poutine s’est tourné en particulier vers le groupe des BRICS, notamment la Chine, au nom d’un «monde multipolaire» et du rejet de «l’hyperpuissance américaine». Cette nouvelle stratégie de confrontation s’incarne en Syrie, où l’Armée russe intervient en 2015, pour voler au secours du gouvernement de Bachar al-Assad. Depuis, si la situation diplomatique est toujours aussi tendue, la Russie apparaît davantage comme une puissance incontournable du concert des nations.

● 2018-2024: et Poutine IV?

Le retour en une décennie de Moscou sur la scène diplomatique s’est accompagné d’une dégradation de la situation économique, avec deux années de récession en 2015 et en 2016 et des promesses de croissance modestes. Une situation paradoxale qui pourrait illustrer le concept de «puissance pauvre» forgé par l’historien Georges Sokoloff pour qualifier l’histoire millénaire de la Russie.

À quoi pourrait ressembler le nouveau mandat de Vladimir Poutine? «Personne ne sait ce qu’il en sera, même si ce qui se passe entre Moscou, Londres et Washington laisse présager d’une relation toujours difficile avec l’Occident», explique prudemment Jean de Gliniasty. «On sent dans le fond de l’air ambiant que le serrage de vis général a libéré des forces conservatrices», poursuit Igor Delanoë. En revanche, le spécialiste des questions de défense ne croit pas à une «course aux armements» avec les États-Unis. «Il connaît trop bien l’histoire de son pays, pour savoir jusqu’où elle peut conduire», estime-t-il en écho à la chute de l’URSS et en rappelant que les armées doivent aujourd’hui se serrer la ceinture, malgré les récentes annonces tonitruantes du Kremlin.

Tout au long de ses deux décennies au pouvoir, «Vladimir Poutine a reflété l’évolution de la société et de l’opinion publique russes», expliquait l’écrivain Vladimir Fédorovski dans un entretien au Figaro . Au fond, les différents visages du poutinisme sont comme une variation autour de cette phrase énigmatique du président russe: «Celui qui ne regrette pas l’URSS n’a pas de cœur ; celui qui souhaite sa restauration n’a pas de tête».

Post Scriptum, 19 de març del 2018.

L’oposició ha denunciat un frau electoral generalitzat per emmascarar la baixa participació (sobretot entre les poblacions musulmanes) i inflar la victòria anunciada de Putin basada en prometre el retorn de Rússia com a gran potència mundial. Putin cerca afeblir Occident (ja que no pot ni plantejar-se competir amb Xina) i ser l’arbitre del món islàmic (entre Iran i Turquia) i factor ineludible per a tot reequilibri estratègic al Pròxim Orient, inclòs Israel.

Però Rússia és un estat corrupte, amb una oligarquia dirigent despòtica i no productiva, el resultat és que no hi ha cap sector estratègic en el qual sigui capdavanter. L’economia es basa en l’exportació d’hidrocarburs i la venda d’armament, però el PIB és similar al del Regne d’Espanya, la població està envellint, la mortalitat és alta i la natalitat baixa (llevat entre la població musulmana). Les elits s’emmirallen en Occident i la població jueva gairebé en la seva totalitat ha emigrat a Israel. Rússia no atrau inversions ni immigrants. No té projecte de futur propi, i només un aliat permanent, França.

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