Jaume Renyer

per l'esquerra de la llibertat

10 de febrer de 2022
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Jeannette Bougrab: «La Commission européenne apporte un soutien explicite à ceux qui veulent imposer un diktat aux femmes»

Jeannette Bougrab (Châteauroux,1973) és una jurista francesa que fou secretària d’estat de joventut i vida associativa entre 2010 i 2012, filla d’harkis algerians, és entrevistada avui a Le Figaro denunciant que:”La Commission européenne a illustré une de ses affiches avec une femme voilée, à côté de laquelle est inscrit le slogan «L’avenir de l’Europe est entre vos mains». L’ancienne secrétaire d’État y voit un soutien aux mouvements intégristes contre qui nombre de femmes se battent dans le monde musulman.”

LE FIGARO. – Pour inciter à participer à la Conférence sur l’avenir de l’Europe, la Commission européenne a choisi d’illustrer une de ses affiches avec une femme voilée à côté de laquelle est inscrit le slogan «L’avenir de l’Europe est entre vos mains». Comment avez-vous accueilli cette campagne ?

Jeannette BOUGRAB. – J’ai écrit un livre, Lettre aux femmes voilées et à ceux qui les soutiennent (éd. du Cerf), pour dénoncer la complicité des élites occidentales avec les mouvements les plus rétrogrades, les mouvements islamistes, ceux qui oppriment des femmes dans d’autres pays. Si on fait le choix de promouvoir ce qui est une contrainte dans le reste du monde musulman (l’Iran, l’Afghanistan), on devient complice d’une telle situation. Je rappelle, quand même, que des avocats sont détenus dans des geôles iraniennes pour avoir défendu des femmes qui ne veulent pas porter le voile. Comment ne pas soupçonner dans cette campagne l’influence des lobbies islamistes ? Qui empêche les femmes de porter le hijab en Europe ?

La Commission européenne est-elle sortie de son rôle ?

Pour la Commission européenne, une femme musulmane est forcément voilée. Ce parti pris est incompréhensible. Je ne sais pas si c’est conscient ou inconscient, mais j’ai du mal à penser que des gens qui ont bac+18 n’arrivent pas à imaginer le mal que causent de telles affiches. Ce n’est pas la première fois qu’une institution européenne fait la promotion de l’intégrisme. Plusieurs affiches d’une campagne, cofinancée par l’Union européenne, présentaient le hijab comme «un choix» et «un droit humain».

L’affiche montre une femme, vêtue de deux voiles – il ne faudrait quand même pas qu’une mèche de cheveux dépasse! – et s’accompagne d’un message sous-entendant que ce modèle est le futur de l’Europe. On apporte ainsi un soutien explicite à ces mouvements fondamentalistes qui veulent imposer un diktat aux femmes.

S’inscrit-elle dans une démarche identitaire ?

Il ne s’agit pas uniquement la Commission européenne. Un certain nombre d’institutions, d’organisations s’approprient, défendent ou incarnent un mouvement qui est, d’une certaine manière, radical. Il y a une schizophrénie au sein des instances de l’Union européenne. Chaque année, le Parlement européen remet le prix Sakharov, un prix pour la liberté. En 2012, il a été octroyé à Nasrin Sotoudeh, cette avocate iranienne qui a été condamnée par de la justice à subir 148 coups de fouet et à passer plusieurs années derrière les barreaux pour avoir fait son travail, c’est-à-dire défendre des jeunes filles qui ôtaient leur voile dans les rues de Téhéran et qui ont toutes été jetées en prison. En novembre 2020, elle était provisoirement libérée pour «raison de santé» puis, quelques semaines plus tard, reconduite en prison.

Pourquoi faire, aujourd’hui, la promotion de cet outil d’oppression ? Pourquoi, d’un côté, décerner le prix Shakarov a cette femme et de l’autre, nous imposer la vision d’une femme voilée, le symbole d’un séparatisme ? Même si des femmes portent le voile librement aujourd’hui, cela reste un outil de propagande. D’ailleurs, un des premiers gestes que fait l’ayatollah Khomeyni quand il arrive au pouvoir en 1979 en Iran, c’est, d’imposer le port du hijab pour les femmes.

Je comprends bien qu’il faut faire preuve de «diversité», d’éviter la «stigmatisation», mais une femme musulmane ne doit pas nécessairement être couverte de la tête aux pieds ; promouvoir ce modèle est dangereux. Rappelons tout de même qu’au Canada, un homme a été condamné pour avoir imposé le port du hijab à ses filles mineures. Ici, des jeunes femmes sont maltraitées car elles adoptent le mode de vie européen. Je pense à Shaïna, poignardée et brûlée vive. Les bureaucrates européens doivent être coupés de cette réalité.

«Combattre le voilement c’est combattre un système », écrit l’enseignante et essayiste Fatiha Agag-Boudjahlat. Partagez-vous ce constat ? De quel système parle-t-on ?

Je ne sais pas s’il s’agit d’un système. C’est quelque chose qui ruisselle et qui est, en réalité, très difficile à combattre. Récemment, près de 50 sportifs ont appelé, dans une tribune publiée sur le site de Libération , à s’opposer à la proposition du Sénat d’interdire aux femmes voilées la pratique de leur discipline. Dans certains pays comme l’Iran où l’Arabie saoudite, les athlètes se battent pour pouvoir pratiquer leur discipline sans voile. Quand vous regardez les équipes de football tunisiennes ou marocaines, les sportives ne portent pas le voile. Je ne vois pas pourquoi en France, d’aucuns se battent pour l’inverse. Les mouvements intégristes utilisent les outils du droit pour imposer, demain, une vision leur conception de la société, et du rapport homme-femme. On va périr de nos outils d’état de droit, comme disait Nietzsche.

À l’inverse, des militants pro-voile que la liberté est compatible avec le hijab. Que leur répondez-vous ?

Je pense que beaucoup de jeunes filles le portent volontairement. Mais je ne veux pas de cette société du séparatisme car il faut le répéter le voile sépare. Si dans les pays d’état de droit, on n’est pas capable de résister à cela, tout sera perdu. Car il ne faut pas se leurrer, il y a chez certains militants une volonté de conquête, une volonté d’imposer un mode de vie. Il faut relire Boualem Sansal. L’apostasie reste passible de la peine de mort dans certains pays. En Arabie saoudite, le blogueur Raïf Badawi croupit toujours dans les geôles pour avoir prôné la liberté de croyance. Les tenants d’un islam radical ou d’une forme de fondamentalisme ne sont pas uniquement des hommes, mais également des femmes. Ce n’est pas surprenant. Khomeyni avait enrôlé des femmes pour être les tenantes d’un « féminisme islamiste ».

Post Scriptum, 22 de febrer del 2022.

El proppassat 21 de novembre Le Figaro ja alertava d’una campanya similar: “Le Conseil de l’Europe a lancé une campagne de communication visant à «célébrer la diversité» et à «lutter contre les discours de haine antimusulmans», dont un des slogans promeut «la liberté dans le hijab». Pour Benjamin Sire, l’institution relativise le bagage politique et religieux du port du voile: Promotion du hijab par le Conseil de l’Europe: «Non, le voile n’est pas un vêtement ordinaire !»

Post Scriptum, 17 d’agost del 2022.

Avui, a Le Figaro: “Bruxelles continue la promotion d’une association proche des Frères musulmans, pourtant dénoncée par la France”. Le FEMYSO, une association de jeunes musulmans, est de nouveau mis en avant par la Commission européenne dans un clip vidéo officiel. Marlène Schiappa avait demandé à Bruxelles de prendre ses distances avec ce qu’elle avait qualifié de «faux-nez de l’islamisme».

Post Scriptum, 22 de setembre del 2022.

Ahir, a Le Figaro Jeannette Bougrab llença: «Un cri de soutien pour les Iraniennes et de rage contre les néoféministes occidentales». Mahsa Amini est décédée le 16 septembre après avoir été arrêtée par la police des mœurs en Iran pour «port de vêtements inappropriés». L’ancienne secrétaire d’État souligne le courage des Iraniennes et déplore l’ignorance, voire la complicité, de mouvements occidentaux, qui voient dans le voile un signe de liberté des femmes.”

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