El proppassat 30 de novembre, Batsheva Neuer, analista de l’INSS d’Israel hi publicava aqueix report sobre l’origen soviètic de l’equiparació entre sionisme i racisme i la seva vigència: Résolution 3379 : « Le sionisme est du racisme », cinquante ans plus tard. Analyse de l’équation dangereuse née du cynisme soviétique, cultivée par l’ONU et qui a repris de l’ampleur après le 7 octobre.
Les accusations récentes selon lesquelles Israël commet un génocide, applique l’apartheid et pratique le colonialisme de peuplement ne sont pas apparues ex nihilo. Leur filiation intellectuelle remonte à la résolution 3379 de l’Assemblée générale des Nations Unies, adoptée il y a cinquante ans, qui déclarait que « le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ». Bien qu’abrogée en 1991, la logique sous-jacente de cette résolution perdure. Cet article retrace comment l’ amalgame sionisme = racisme – forgé par la propagande soviétique de la Guerre froide – a été institutionnalisé au sein des organes des Nations Unies, des réseaux d’ONG et du militantisme universitaire, et comment il est devenu le vocabulaire moral du discours contemporain. Il soutient que ces accusations reflètent un cadre façonné par les politiques identitaires, divisant le monde entre « oppresseurs » et « opprimés » et assimilant l’autodétermination juive à une domination raciale. Comprendre cette généalogie est essentiel non seulement pour une meilleure compréhension historique, mais aussi pour retrouver le véritable sens du sionisme : le mouvement de libération nationale d’un peuple en quête de dignité sur sa terre ancestrale après des siècles d’exil et d’antisémitisme.
Durant la guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza, les accusations de génocide et d’apartheid portées contre Israël ont envahi le débat public occidental. Des professeurs des universités les plus prestigieuses au nouveau maire de New York, en passant par des personnalités culturelles de premier plan , ces accusations sont devenues monnaie courante, un nouveau critère de vertu.
Ceux qui avancent de telles affirmations citent le lourd tribut payé par les Gazaouis durant la guerre, la rhétorique de certains ministres israéliens et la saisine de la Cour internationale de Justice (CIJ) contre Israël au titre de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Ces facteurs, liés au contexte actuel et à l’évolution du conflit israélo-palestinien, ont largement intensifié un discours qui se développe depuis des décennies et qui est bien antérieur à la guerre récente. Si les débats internes israéliens sur l’avenir du conflit sont authentiques et permanents, les auteurs des affirmations les plus outrancières sont généralement animés non pas par une critique constructive et légitime des politiques et actions d’Israël, mais plutôt par des agendas qui s’opposent souvent à la légitimité même d’Israël et à son droit à l’existence. Il suffit de considérer la situation post-cessez-le-feu à partir d’octobre 2025, où des groupes appellent ouvertement au « démantèlement » d’Israël, pour comprendre que ces acteurs ne recherchent pas la paix et que ce qui est en jeu pour eux, ce ne sont pas les frontières de la guerre d’après-1967, mais celles d’avant 1948. c’est-à-dire avant la création de l’État d’Israël.
La terminologie accusatrice était déjà omniprésente avant le 7 octobre 2023, circulant depuis des années dans les rapports d’ONG, les campagnes universitaires et les déclarations de l’ONU, présentant Israël précisément sous cet angle. Les fondements conceptuels de ces accusations remontent à un demi-siècle, à la résolution 3379 de l’Assemblée générale de l’ONU, adoptée le 10 novembre 1975 – il y a cinquante ans –, qui déclarait que « le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ». Bien que cette résolution ait été formellement abrogée en 1991, son langage et sa logique ont perduré, s’infiltrant discrètement dans les institutions, les réseaux et les discours éthiques qui dominent aujourd’hui la société civile mondiale. L’accusation selon laquelle sionisme équivaut à racisme n’a jamais disparu ; elle a simplement été reformulée.
L’ADN conceptuel de la résolution 3379 imprègne encore aujourd’hui les accusations portées contre Israël. Comprendre cette généalogie ne relève pas uniquement de l’exactitude historique ; il est essentiel de formuler une réponse efficace, qui dépasse la simple réfutation défensive et réaffirme le sionisme comme l’expression légitime de l’autodétermination et de la libération juives, et non comme une idéologie d’exclusion.
Les racines de la résolution 3379 plongent dans les luttes idéologiques de la Guerre froide. En 1965, lors des négociations sur la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (CERD), l’Union soviétique chercha à assimiler le sionisme au racisme et au nazisme – une tactique visant à détourner les critiques américaines de l’antisémitisme soviétique. Après la victoire d’Israël lors de la guerre des Six Jours en 1967, Moscou intensifia sa campagne, présentant l’État juif comme l’héritier moral de son persécuteur historique.
En 1975, cette rhétorique avait abouti à la résolution 3379, défendue par le bloc soviétique, la Ligue arabe et le Mouvement des non-alignés. Ce texte stigmatisait le sionisme comme intrinsèquement raciste et faisait d’Israël un État paria. Après plus d’une décennie de lobbying de la part de groupes juifs, de diplomates israéliens et de parlementaires internationaux, la résolution 3379 fut abrogée en 1991, dans le contexte de la guerre du Golfe et de la conférence de paix de Madrid. Cependant, ce discours a perduré grâce à un réseau dense de comités de l’ONU – notamment le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien (CEIRPP) et la Division des droits de la Palestine (DPR) – qui ont continué à décrire Israël en termes de domination coloniale et de discrimination raciale. Chaque rapport annuel, conférence et exposition a contribué à perpétuer l’édifice conceptuel construit par la résolution 3379.
La Conférence mondiale contre le racisme de 2001 à Durban a marqué la réapparition de cette résolution au sein de la société civile. Des ONG y ont qualifié Israël d’« État raciste et d’apartheid » et ont appelé à un boycott mondial. Se déroulant dans l’Afrique du Sud post-apartheid, ce contexte a conféré à cette accusation une force symbolique renouvelée. Quatre ans plus tard, le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) a institutionnalisé ce discours, s’inscrivant dans le débat mondial sur la justice raciale et la décolonisation. Le 7 octobre 2023, ces idées étaient déjà ancrées dans les programmes universitaires, les rapports des ONG et le vocabulaire des militants. L’ancienne équation – sionisme = racisme – avait simplement évolué pour adopter de nouvelles formes rhétoriques.
Les accusations actuelles de génocide et d’apartheid représentent la dernière mutation de cette généalogie morale. Quelques heures seulement après l’attaque du Hamas, des manifestations dans les capitales occidentales ont accusé Israël de génocide, évoquant souvent l’imagerie des nazis et des camps de concentration. Cette analogie, autrefois une inversion soviétique calculée, s’est normalisée et circule librement sur les pancartes, dans les pétitions et sur les réseaux sociaux.
Ce récit s’inscrit dans le cadre des politiques identitaires, où la vertu et la culpabilité sont attribuées selon les catégories d’« opprimé » et d’« oppresseur ». Dans ce schéma, Israël – militairement puissant, aligné sur l’Occident et présenté comme majoritairement « juif-blanc » (bien qu’il ne représente qu’une minorité d’origine européenne) – ne peut apparaître que comme l’oppresseur. L’histoire juive de dispersion, de persécution et d’apatridie est effacée ; la puissance juive est interprétée à tort comme une preuve de privilège. L’asymétrie de la force militaire se substitue à une histoire de vulnérabilité existentielle.
La persistance de ce raisonnement illustre à quel point les dichotomies de la fin du XXe siècle se sont infiltrées dans la rhétorique de l’activisme contemporain. Pour beaucoup, la « décolonisation » est devenue un raccourci vers la justice, rendant presque impossible d’imaginer les Juifs autrement que comme des agents d’oppression. Il en résulte un renversement cognitif : la fondation d’Israël comme mouvement de libération nationale est réinterprétée comme un acte de domination raciale.
La persistance du discours « le sionisme est du racisme » révèle comment les idées, une fois institutionnalisées, peuvent survivre à leurs créateurs. L’approbation de l’ONU a conféré à cette formule une autorité normative ; sa diffusion par le biais des ONG et des réseaux universitaires lui a assuré une certaine pérennité. Alors que la gauche mondiale délaissait la question de classe au profit de celle de l’identité comme principal axe de préoccupation, l’ancienne accusation soviétique s’est aisément adaptée, se traduisant dans le langage universel de la race, du pouvoir et des privilèges.
Cette persistance n’est ni le fruit de l’ignorance, ni inévitable. Le récit propose une vision simpliste du monde – victimes et bourreaux, impuissants et puissants – et, dans ce cadre, la complexité d’Israël disparaît. Chaque résurgence, de Durban au BDS jusqu’au discours actuel sur le « génocide », réactive la même structure de sens que la résolution 3379 a initialement codifiée. Le vocabulaire change ; la logique demeure.
Pour Israël et ses partenaires, contrer cette rhétorique ne se limite pas à la réfuter point par point. Il faut reconquérir le terrain même où se joue ce débat. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer les origines soviétiques de cette accusation, mais aussi de montrer à quel point elle dénature profondément le sens moral et historique du renouveau national juif.
Le sionisme doit être redéfini tel qu’il était et demeure : le mouvement de libération nationale d’un peuple recouvrant sa dignité sur sa terre ancestrale, après des siècles d’exil et de persécution. Cette reconnaissance remet en question la dichotomie simpliste oppresseur-opprimé qui domine le discours occidental et clarifie le débat.
L’idée que « le sionisme est du racisme » est née du cynisme soviétique, a été alimentée par les institutions de l’ONU et a connu une renaissance au XXe siècle à travers les discours de l’apartheid, du colonialisme et du génocide. Sa persistance témoigne de sa capacité d’adaptation : une invention politique érigée en conviction.
Cinquante ans plus tard, il s’agit non seulement de réfuter ses affirmations, mais aussi de rétablir la clarté historique. En replaçant le sionisme là où il doit être – comme la libération nationale d’un peuple ancien –, Israël peut se réapproprier le vocabulaire de la justice et de l’autodétermination que d’autres se sont approprié.
En ce sens, surmonter l’héritage de la résolution 3379 n’est pas simplement une question d’histoire. C’est un acte de réappropriation intellectuelle et morale – un effort pour redonner au langage des droits de l’homme sa finalité universelle et pour rappeler au monde que l’histoire de la libération juive est, au fond, une histoire d’émancipation, et non d’oppression.
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