Avui Tribune Juive publica aqueixa crida d’un seguit de figures de la vida cultural francesa en pro del poble iranià, un gest inexistent a casa nostra, com denúncia Josep Gibert avui al Nacional.cat: “El miserable silenci còmplice sobre l’Iran”.
Le plus sanglant des massacres, d’une ampleur aussi inédite qu’inouïe, est en train d’être perpétré en Iran, dans un assourdissant huis clos, par l’abominable régime dictatorial des mollahs à l’encontre d’un peuple innocent, sans armes ni violence, et n’aspirant à juste titre, comme nous, qu’à la liberté, ce bien précieux entre tous.
C’est là, de la part de ces barbares d’un autre âge, sans foi ni loi, abjects commanditaires du terrorisme antisémite de surcroît, et pour lesquels la plus obscurantiste des religions n’est que le piètre mais féroce alibi de la plus impitoyable des tyrannies, un véritable crime contre l’humanité : un assassinat de masse qui, comme tel, devrait être sanctionné, puni et châtié par la plus sévère des justices internationales.
Au Tribunal Pénal International (TPI), donc, les mollahs d’Iran, ainsi que les chefs de leurs prétendus, cruels et corrompus « Gardiens de la Révolution », dénommés « Pasdaran » !
Ainsi, nous, intellectuels résolument attachés à l’esprit des Lumières et aux Droits de l’Homme, à ces imprescriptibles valeurs philosophiques et principes universels que sont la liberté et la tolérance, le noble et rationnel débat d’idées, nous vous demandons instamment d’intervenir de manière efficace, militairement s’il le faut, pour venir réellement en aide, concrètement, à ces pacifiques manifestants et démocrates iraniens.
Nos démocraties modernes et occidentales, l’Europe comme les Etats-Unis d’Amérique, ne peuvent en effet se contenter là de se retrancher lâchement derrière quelques condamnations purement verbales et autres réprobations de circonstance, seulement diplomatiques, ni regarder passivement, brandissant timidement le sacro-saint « droit international » pour se donner bonne conscience, cet épouvantable bain de sang. Nous ne pouvons décemment, par notre silence, notre inaction ou notre aveuglement, nous rendre indirectement complices de ces insoutenables scènes de crime !
Il est en effet de notre devoir moral, tel un impératif catégorique, de secourir adéquatement ces milliers d’hommes et de femmes, de jeunes étudiants ou de simples mais courageux citoyens, qui, depuis plus de deux semaines maintenant, osent descendre quotidiennement dans la rue, défiant leurs tortionnaires et bourreaux, bravant le danger, au péril de leur vie, et parfois une mort certaine, pour réclamer dans une dignité sans pareille, au fracassant mais légitime cri de révolte « mort au dictateur », la liberté : liberté de pensée et de parole, liberté d’expression et de création, liberté de vivre !
Qu’il nous soit en outre permis, en tant qu’intellectuels français, de rappeler ici la dette morale et humaine que la France, en particulier, a vis-à-vis du peuple iranien dans la mesure où, jusqu’à la veille de la tristement célèbre « révolution islamique » de 1979, elle accueillit à bras ouverts et protégea généreusement sur son sol lors de son exil doré à Neauphle-le-Château (non loin de Paris) et sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing à l’époque, le fanatique Ayatollah Khomeiny, autoritaire père spirituel de l’actuelle et très répressive République Islamique d’Iran. Pis : quelques-uns de ses intellectuels les plus prestigieux, dont Jean-Paul Sartre et Michel Foucault, allèrent même, aveuglés par leur sectarisme politico-idéologique, jusqu’à l’encenser, dans leurs discours comme dans leurs écrits, publiquement !
Ainsi, cet admirable peuple iranien, digne héritier, dans sa belle et riche culture, de cette immense civilisation que représenta jadis, d’ancestrale mémoire, la Perse, a manifestement besoin de nous, d’un solide et ferme soutien extérieur, pour mettre enfin un terme à cette moyenâgeuse République Islamique d’Iran. Ne l’abandons donc pas, en hommes et femmes dotés d’une authentique conscience morale, à ce terrible sort que lui réservent, depuis trop longtemps, ces ignobles mollahs et ayatollahs qui ne font ainsi là, pour aggraver la situation, que dévoyer, toute honte bue, l’islam !
Après l’innommable répression qui s’est abattue sur eux ces jours derniers, avec des milliers d’arrestations arbitraires, de morts et de blessés, mutilés dans leur chair comme dans leur âme ou à jamais endeuillés par la douloureuse perte de leurs proches, nous représentons désormais pour ces innombrables manifestants, véritable marée humaine à travers tout le pays, l’ultime espoir pour qu’ils se voient enfin délivrés de cet effroyable joug.
Davantage : ce peuple martyre, sacrifié aujourd’hui sur l’autel de l’espérance pour un monde meilleur, plus juste et plus libre, il compte dorénavant sur nous et nous attend impatiemment : ne le décevons pas, pour la énième mais définitive fois ! Ce serait en outre là, si nous regardions s’accomplir sans bouger ni réagir cette hécatombe, un très coupable délit de « non-assistance à peuple, plus encore que personnes, en danger ».
Comment même, alors, nous regarder encore, honnêtement et sereinement, dans l’implacable mais profond miroir de la conscience humaine ?
Entendons-nous, afin de parer ici à toute mauvaise interprétation, compréhension erronée ou éventuelle ambiguïté au sein de notre propos : il ne s’agit nullement ici, avec le présent appel, de disqualifier le « droit international », que nous respectons et défendons au plus haut point, mais bien d’insister solennellement sur une urgence morale et humaine, destinée, toutes affaires cessantes, à mettre donc fin à cet odieux massacre, perpétré impunément par le dictatorial régime de la République Islamique d’Iran, à l’encontre de milliers de civils innocents.
Oui : c’est là une nécessaire et tangible question, en humanistes que nous devrions être théoriquement à l’aune philosophico-éthique de notre propre histoire civilisationnelle, d’humanité précisément.
Pour un Iran libre, moderne, démocratique, tolérant et laïque !
Daniel Salvatore Schiffer : philosophe, écrivain, directeur des ouvrages collectifs « Penser Salman Rushdie », « L’humain au centre du monde – Pour un humanisme des temps présents et à venir », « Critique de la déraison antisémite – Un enjeu de civilisation ; Un combat pour la paix ».
Luc-Olivier d’Algange : écrivain, essayiste.
Marc Alpozzo : philosophe, essayiste.
Elisabeth Badinter : philosophe, essayiste.
Dominique Baqué : philosophe, critique d’art.
Arnaud Benedetti : directeur de la Nouvelle Revue Politique (NRP), professeur associé à Sorbonne-Université.
Georges Bensoussan : historien, essayiste.
André Bonet : écrivain.
Marie-Jo Bonnet: historienne, écrivaine.
Jean-Marie Brohm : sociologue, universitaire.
Pascal Bruckner : philosophe, essayiste.
Julien Brunn : journaliste.
Belinda Cannone : écrivaine.
Sarah Cattan : directrice de « Tribune Juive » (Paris, Jérusalem, Tel Aviv).
Sophie Chauveau : écrivaine, essayiste.
Elie Chouraqui : cinéaste.
Alexandre Del Valle : géopolitologue, auteur du « Nouvel Ordre post occidental ».
Nadine Dewit : artiste peintre.
Jean-Philippe Domecq : écrivain.
Michel Dray : historien, géopolitologue, chargé de mission près le Comité de Coopération Marseille-Méditerranée
Genovefa Etienne : co-directrice de l’European Strategic Intelligence and Security Center (ESISC), essayiste.
Luc Ferry : philosophe, ancien Ministre français de l’Education Nationale et de la Jeunesse.
Renée Fregosi : philosophe, politologue.
Karin Hann : écrivaine, essayiste, universitaire.
Lisa Hirsig : enseignante, essayiste, chroniqueuse.
François Kasbi : écrivain, essayiste.
Rachel Khan : juriste, essayiste.
Arno Klarsfeld : avocat, essayiste.
Beate Klarsfeld : Grand Officier de la Légion d’Honneur.
Serge Klarsfeld : Grand Croix de la Légion d’Honneur.
Joël Kotek : président de l’Institut Jonathas, professeur émérite des universités.
Nathalie Krikorian : philosophe politique, historienne des idéologies.
Elisabeth Lévy : journaliste
Fadila Maaroufi : anthropologue, directrice de l’Observatoire Européen des Fondamentalismes.
Philippe Mocellin : docteur en science politique.
Claude Moniquet : co-directeur de l’European Strategic Intelligence and Security Center (ESISC), essayiste, consultant médias.
Eric Naulleau : écrivain, éditorialiste.
Françoise Nore : linguiste, essayiste.
Fabien Ollier : directeur des éditions « QS ? » et de la revue « Quel Sport ? »
Céline Pina : écrivaine, essayiste, journaliste.
Michaël Prazan : documentariste, réalisateur.
Sabine Prokhoris : philosophe, psychanalyste.
Gérard Rabinovitch : philosophe, sociologue, essayiste.
Robert Redeker : philosophe, membre du Conseil scientifique de la Nouvelle Revue Politique.
David Reinharc : éditeur.
Hagay Sobol : professeur de médecine, ancien élu, militant pour le dialogue interculturel.
Annie Sugier : président de la Ligue du Droit International des Femmes (LDIF), association créée par Simone de Beauvoir.
Jean Szlamowicz : linguiste, essayiste.
Pierre-André Taguieff : philosophe, politiste, Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS).
Michel Taube : directeur du journal en ligne « Opinion Internationale » (Paris).
Manuel Valls : ancien Premier Ministre, ancien Ministre de l’Intérieur et ancien Ministre des Outre-Mer de la République Française.
Olivier Weber : écrivain, grand reporter, ancien ambassadeur de France itinérant.
Michel Gad Wolkowicz : psychanalyste, universitaire, professeur de psychopathologie (Paris Sud Orsay), président de « Schibboleth-Actualité de Freud », visiting professor à Tel Aviv (Israël).26.
Jean-Claude Zylberstein : avocat, éditeur, écrivain.
Post Scriptum, 30 de gener del 2026.
Paul Germon retrata tothom avui a Tribune Juive parlant d’Iran : “L’épreuve morale des intellectuels français“.
Il y a des moments où l’histoire pose une question simple. Pas une question géopolitique. Pas une question de nuance. Une question morale. L’Iran a été l’un de ces moments. Quand des femmes ont été tuées pour un voile, quand des adolescents ont été pendus pour une chanson, quand un peuple a défié une théocratie à mains nues, il fallait choisir : parler ou se taire. Les intellectuels français ont répondu. Mais pas tous de la même manière. Ceux qui ont parlé (clairement, sans ambiguïté). Ils ont pris le risque de la clarté, parfois au prix de leur confort idéologique.
Ceux qui ont parlé… mais avec détour, prudence ou retard mais ils ont parlé et soutenu . Ils ont fini par dire quelque chose parfois tard, parfois abstrait, parfois à distance du feu:
• Michel Onfray
• Marcel Gauchet
• Emmanuel Todd
• Dominique Schnapper
• Alain Finkielkraut
• Pierre Manent
Ils ont analysé. Ils ont contextualisé. Ils ont expliqué. Mais ils n’ont pas crié avec les femmes iraniennes. Ceux qui se sont tus (ou presque). Et puis il y a le silence. Un silence massif. Un silence idéologique. Un silence qui restera. Ils se reconnaitront. Ils parlent d’universel. Mais pas quand l’universel dérange leur camp.
Ce que l’Iran a révélé
L’Iran a agi comme un révélateur chimique. Il a fait apparaître une vérité crue : L’universalisme français est devenu conditionnel. On défend les femmes… sauf quand leurs bourreaux sont islamistes. On défend la liberté… sauf quand elle contredit le logiciel postcolonial. On défend les opprimés… sauf quand ils sont mauvais pour la narration.
Alors on se tait. Et on appelle ça « la nuance ». L’histoire, elle, ne nuancera pas Elle dressera des listes. Comme toujours. Et sur ces listes, il y aura des noms. Ceux qui ont parlé. Ceux qui ont hésité. Et ceux qui se sont tus. L’Iran restera leur ligne de partage.
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