Jaume Renyer

per l'esquerra de la llibertat

27 de juny de 2017
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La France insoumise ?

El moviment esquerranista liderat per Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise, ha obtingut disset diputats a les legislatives d’aqueix mes de juny després d’una arrencada de cavall a la primera volta de l’elecció presidencial. Malgrat aqueix resultat modest les seves perspectives són optimistes a costa de la descomposició anunciada del PSF, situant els hereus ideològics dels indignats d’Stéphane Hessel com a primera força parlamentària d’esquerres.

Mélenchon és un polític professional des que militava a l’Organització Comunista Internacional, de tendència trostkista, que va fer entrisme al PSF fa més de quaranta anys (Lionel Jospin, arribà fins i tot a primer ministre) i no té experiència laboral real, com li retreu Guillaume Nicoulaud “Mélenchon, grand défenseur des travailleurs n’a jamais eu de vrai bulot”, des del digital Contrepoints el proppassat 23 de juny.

Le Figaro ha demanat ahir el parer del politòleg Thomas Guénolé autor de l’assaig “Les jeunes de banlieue mangent-ils les enfants?” (Éditions Le bord de l’eau, 2015) i “La mondialisation malheureuse” (Éditions First, 2016) sobre la seva evolució futura:

FIGAROVOX.- Entre la présidentielle et les législatives, le pourcentage de voix de La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon a fondu de 20% à 11%. Son refus d’appeler à voter Macron au second tour de la présidentielle, et sa polémique avec Bernard Cazeneuve sur l’homicide du manifestant Rémi Fraisse, expliquent-ils cette baisse?

Thomas GUÉNOLÉ.- Un certain nombre d’analystes et de journalistes politiques soutiennent cette thèse. Mais c’est un cas typique de surinterprétation des faits: car ceux qui donnent cette explication n’ont rien d’autre à avancer que leur intime conviction. En réalité, par rapport à la présidentielle, tous les blocs politiques ont perdu des voix aux législatives. Mais certains ont baissé encore plus fortement que d’autres, parmi lesquels La France insoumise. Pour autant, en réalité les Insoumis ne sont pas passés de 20 à 11% des suffrages exprimés: Jean-Luc Mélenchon ayant été soutenu à la présidentielle à la fois par LFI et par le PCF, il faut additionner leurs suffrages aux législatives pour comparer ce qui est comparable. On obtient alors une baisse de 20 à 14% des voix, et non pas de 20 à 11.

Or, les enquêtes post-électorales indiquent qu’un quart des électeurs de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle n’ont pas voté pour lui par adhésion: c’était un «vote utile» de gauche, après avoir vu Benoît Hamon s’écrouler dans les sondages. La présidentielle une fois passée, La France insoumise a donc perdu immédiatement ce quart de voix. Ajoutez à cela que les jeunes et les plus pauvres, qui étaient surreprésentés dans le vote Mélenchon au premier tour de la présidentielle, ont tendance à s’abstenir davantage que la moyenne aux élections législatives. Vous obtenez ainsi des causes tangibles, étayées, et sans surinterprétation infondée, pour expliquer l’hémorragie électorale du bloc mélenchoniste.

La France insoumise obtient à peine plus de députés que le PCF: 17 contre 10. Et beaucoup moins que le PS, qui en a 46. Jean-Luc Mélenchon n’a-t-il pas échoué à s’imposer comme la grande force de gauche à l’Assemblée?

Non, car La France insoumise est objectivement devenue la principale force de gauche en France: aux législatives, elle a battu une nouvelle fois le PS en total des suffrages exprimés. Seul le mode de scrutin, qui produit une répartition des sièges déconnectée du rapport de force réel entre les offres politiques, explique que le PS ait davantage de députés que LFI.

Par ailleurs, l’écartèlement du PS n’est pas encore terminé. Ce parti va avoir immédiatement un problème profond de positionnement idéologique. Deux questions fondamentales structurent en effet la vie politique française: d’une part le rapport à la mondialisation ; d’autre part le rapport aux minorités, LGBT et maghrébine notamment. Entre le bloc macroniste, le PS et LFI, il n’y a pas de différences sur la seconde question: ces trois forces sont anti-discriminations et anti-xénophobie. En revanche, sur la première question, le groupe des députés PS sera très vite fracturé entre les élus pro-mondialisation, qui vont être de facto sur la ligne Macron, et les élus altermondialistes, qui vont être de facto sur la ligne Mélenchon.

Concernant le PCF, il faut garder à l’esprit que cette formation réclamait à La France insoumise un accord d’alliance avec une répartition à 50/50 des circonscriptions gagnables. Dans l’Assemblée finalement élue, sur leur total de 27 députés, les Insoumis sont 17 et les communistes sont 10: c’est donc une répartition «deux tiers / un tiers», au lieu de 50/50. Autrement dit, même si la division de leur offre a vraisemblablement coûté un certain nombre de sièges aux forces de la gauche antisystème, La France insoumise a gagné son rapport de force avec le PCF. Elle a également gagné son rapport de force avec les Verts, puisqu’ils réclamaient eux aussi à La France insoumise un accord d’alliance généreux envers eux, mais ont fini avec un seul député.

De surcroît LFI obtient un groupe parlementaire à l’Assemblée, ce qui lui donne accès à un certain nombre de moyens institutionnels d’opposition au gouvernement. Et surtout, surtout, puisque les voix obtenues aux deux tours des élections législatives servent de base de calcul aux subventions publiques annuelles touchées par les partis politiques, La France insoumise obtient des moyens financiers significativement plus élevés que le budget de sa campagne présidentielle.

Quelle va être à présent la stratégie de La France insoumise?

L’axe de combat politique le plus évident, et qui a déjà été annoncé par Jean-Luc Mélenchon au soir du second tour des législatives, c’est le «front social»: c’est-à-dire organiser, sur le terrain et dans le débat public, la résistance de forces politiques et syndicales face à la grande réforme du Code du travail annoncée par Emmanuel Macron. Si La France insoumise parvient à exprimer cette résistance sur le terrain politique et à lui consacrer sa force de frappe sur les réseaux sociaux, et si en parallèle des grands syndicats réussissent la mobilisation manifestante à partir de premiers blocages déclenchés sur le terrain par des avant-gardes bien syndiquées, alors trois scénarios sont envisageables.

Dans le scénario bas, la mobilisation ne parvient pas à déclencher un front social massif: La France insoumise devra digérer un échec politique cuisant. Dans le scénario médian, la mobilisation politico-syndicale accouchera, comme pour la Loi Travail, de grandes manifestations et de premiers mouvements durs de grèves et de blocages, mais le gouvernement et la police réagissant eux aussi de façon dure, le mouvement s’essoufflera au bout de quelques semaines: ce sera donc un semi-échec, car d’un côté le front social aura perdu mais de l’autre côté, LFI aura pris de facto le leadership complet de l’opposition de gauche à Emmanuel Macron. Enfin, dans le scénario maximal, la mobilisation ira jusqu’à provoquer la redite de la configuration de 1995: à l’époque l’ampleur des grèves, des pénuries et des blocages avait paralysé progressivement le fonctionnement du pays jusqu’à conduire le gouvernement Juppé à céder.

Les rapports entre Jean-Luc Mélenchon et les médias sont devenus de plus en plus orageux ces dernières semaines. Comment cette situation peut-elle évoluer?

D’un côté, la campagne des élections législatives a vu la montée en flèche du taux de contenus médiatiques négatifs consacrés à Jean-Luc Mélenchon: plus de 40% durant le mois de mai, au lieu de grosso modo 30 dans les derniers mois de la campagne présidentielle ; et même plus de 60% à la toute fin du mois de mai. De l’autre côté, la chaîne YouTube de Jean-Luc Mélenchon a répétitivement atteint des audiences comparables à celles de grandes chaînes télévisées d’information. Et sur la façon de filmer, de monter et de mettre en scène les contenus, elle a rejoint le niveau de qualité d’une chaîne TV. Il serait donc logique que La France insoumise aille au bout de sa stratégie de contournement des médias mainstream, en créant sur Internet un vrai grand média de gauche antisystème.

Post Scriptum, 26 de juliol del 2017.

Jean-Luc Mélenchon ha criticat el discurs del president Macron blasmant la responsabilitat francesa en el genocidi jueu perpetrat pels nazis, una actitud que ha estat resposta per Shelly Yehimovitz, que fou líder del laborisme israelià i coneix l’insubmís professional de prop, afirmant que és un “odiós antisemita”, segons reporta el digital jueu francès Coolamnews abans d’ahir.

Post Scriptum, 23 de setembre del 2017.

Avui hi ha hagut a París una magna manifestació de la France Insoumise contra la reforma del Codi de Treball: heus aquí el perfil dels assitents segons Le Figaro. Tot plegat molt semblant a les consignes abstractes i banals del progressisme nostrat (ICV, Podemos, Comuns…) adversos a la revolució democràtica catalana.

Post Scriptum, 26 de setembre del 2017.

L’escriptor jueu francès Gilles-William Goldnadel publica avui a Le Figaro aqueix punyent article: “Mélenchon tire les vieilles ficelles de l’antinazisme d’opérette“.

Post Scriptum, 16 de novembre del 2017.

Michel Onfray al seu assaig “Décoloniser les provinces” (Éditions de l’Observatoire, París, 2017) fa esment a Mélenchon en aqueixos termes: “trotskyste pendant quatre ans, socialiste mitterrandien pendant plus d etrente ans, sénateur du Parti Socialiste pendant près de vingt ans, sept ans bien appointé comme député européen, votant “oui” à Maastricht, et, oui, oui, défendant la monnaie unique de ce projet-là, et, oui, oui, fustigeant dans la presse les Danois qui, eux, avaient voté “non”, et, oui, oui, aujourd’hui héraut de la gauche opposée à celle qui l’a nourri et qu’il a nourrie pendant le strois quarts de sa vie, Mélenchon, donc, fanfarronne depuis 1986 en faissant partie des meubles de la République vermoulue. Cet homme ne craint pas le ridicule en se réclamant de dégagisme qui pourrait bien le dégager. Que voulez-vous, il a toujours aimé Mitterrand … et Robespierre” (pàgina 54).

Post Scriptum, 18 d’octubre del 2018.

La policia judicial ha registrat la seu de la France Insoumise i el domicili particular de Mélenchon per esbrinar irregularitats comptrables diverses, fets que han provocat una reacció irada i agressiva dels afectats que els pot comportar més problemes judicials encara. Per l’analista de comunicació política Frédéric Saint Clair la conclusió de tot plegat avui a Le Figaro és que: “La france Insoumise souffre d’un épuisement idéologique” que mira emmascarar rere indignacions irades sense contingut.

Post Scriptum, 18 d’abril del 2019.

La desconstrucció de la impostura de la France (Farce) Insoumise continua: ara és un dirigent caigut en descràcia -Thomas Guénolé- qui denucia que el partit internament és una dictadura, com explica avui Le Monde.

Post Scriptum, 19 de setembre del 2019.

La caiguda de popularitat de Mélenchon és brutal arran de la seva reacció fal·laç contra les autoritats judicials acusant-les d’un procés polític quan realment investiguen si va emprar llocs de treball fictícis quan era eurodiputat segons informa Le Figaro: és el començament del final d’una trajectòria fallida que mira d’amagar fent-se la víctima, com explicà Frédéric Saint Claire a Le Figaro el proppassat 6 d’aqueix mes. Un professional de la insubmissió, tan fal·laç com el Partit Revolucionari Institucional mexicà.

Post Scriptum, 16 de novembre del 2019.

La figura de Jean-Luc Mélenchon està en caiguda lliure com a polític d’esquerres esdevingut un dels exemples de l’islamo-gauchisme al qual s’agafen els qui no tenen nord: participa a la marxa de diumenge passat a París contra la islamofòbia i crítica els lobbys jueus, mentre calla davant el jihadisme. un antic membre de la France Insoumise, Thomas Génolé, ha publicat un llibre on descriu la fallida d’aqueix partit (“La chye de la maison Mélenchon”, Albin Michel, París, 2019), i ho explica en aqueixa entrevista d’ahir a Marianne.

Post Scriptum, 1 de setembre del 2021.

Avui, a Le Figaro, Thomás Zicman de Barros retrata l’evolució de “Jean-Luc Mélenchon: du populisme souverainiste au populisme “créole”».

Post Scriptum, 19 de febrer del 2022.

Anorreat per si mateix el PSF, ara resulta que el volt útil de l’esquerra a les eleccions presidencials vinents és Melenchon, no pas a parer de Renée Fregosi: «Jean-Luc Mélenchon ne peut pas être le vote utile des électeurs de gauche».

Post Scriptum, 12 de febrer del 2022.

Melenchon ha estat el tercer candidat més votat a la primera volta de les eleccions presidencials, el politòleg Adrien Broche analitzà ahir a Le Figaro la composició del seu electorat: Comment expliquer la percée électorale de Jean-Luc Mélenchon ? Mentre que Arthur Groz es pregunta a Vilaweb si “La França Insubmisa podrà perdurar?

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