Jaume Renyer

per l'esquerra de la llibertat

18 de juny de 2016
0 comentaris

La crisi d’autoritat de l’Estat a França

El 18 de juny del 1940 el general De Gaulle llença des de Londres una proclama a emprendre la lluita de la resistència contra l’ocupació alemanya i els col·laboracionistes francesos (molt nombrosos i sovint d’esquerres). Des d’allavòrens els successius presidents de la República han mirat d’aixoplugar-se en el records del gaullisme quan hi ha maltempsades, el darrer a intentar-ho ha estat -sense gaire èxit- François Hollande.

La vida social francesa està sobreixida pels conflictes: en ple estat d’urgència l’activitat gihadista continua sense aturador, la violència anti-policial dels permanentment indignats és un fenomen creixent amb la cobertura ideològica de l’islamo-guachisme i les vagues salvatges impulsades per la CGT bloquegen els projectes reformistes de Manuel Valls. Tal com assenyala ahir mateix a una entrevista a Le Figaro el lliurepensador algerià Boualem Sansal “L‘ordre islamique tente progressivement de s’installer en France“, per la violència i per l’assimilació sense que ni la reacció identitària liderada pel Front National ni les polítiques políticament correctes de l’esquerra ho sàpiguen contrarestar.

Les Jours de colère anti-Hollande no van adreçats només contra la figura i la gestió presidencial sinó que assenyalen els mals que afecten la societat francesa sense aportar cap solució. En aqueixa línia de criticar l’esquerra francesa, Maxime Tandonnet, funcionari i assagista polític (manté un bloc des del 2010 dedicat a analitzar la situació política francesa des d’una perspectiva liberal) publicà un breu article a Le Figaro d’ahir titulat: “Derrière le désastre français, la crise d’autorité de l’État”, assenyalant una obvietat: la crisi d’autoritat de l’Estat en tots els àmbits i la necessitat de refundar el sistema republicà, sense concretar, però, en què han de consistir aqueixes reformes:

La situation chaotique à laquelle nous assistons est le fruit d’une crise de l’autorité sans précédent. La banalisation de la violence, des destructions, du terrorisme sanglant, du sabotage est le signe d’un pays qui sombre peu à peu dans l’anarchie. Toutefois, contrairement à des événements comme mai 1968, cette crise n’interrompt pas le déroulement de la vie quotidienne: les épreuves du bac ont lieu normalement, l’euro de football poursuit son cours, l’essence coule dans les réservoirs. La décomposition est progressive, se manifestant par une montée de l’anomie, la destruction de l’éthique et du sens de l’honneur, du respect de la vie et de la dignité d’autrui, la perte des valeurs morales à l’image du saccage de l’hôpital Necker. Ainsi, la désintégration actuelle, qui combine l’horreur croissante et la poursuite de la vie quotidienne, peut se poursuivre indéfiniment, toujours plus loin dans les profondeurs de la barbarie.

Deux réflexes classiques ne font qu’aggraver la confusion mentale. La vision politicienne et sectaire est trompeuse. Tenir pour unique responsable «la gauche au pouvoir» en espérant que sa chute en 2017 réglera à elle seule les problèmes, conduit à une impasse. Le désastre est bien plus profond. Déjà en 2005 et 2007, les émeutes dans les banlieues soulignaient la dégradation du climat français. L’autre attitude consistant à désigner des boucs émissaires est tout aussi dérisoire. Accuser «l’Europe», la «mondialisation, ou le «capitalisme financier» du chaos en cours, constitue un autre mode de fuite dans les chimères. La France est le seul pays en Europe qui sombre dans un tel climat de quasi-guerre civile. La crise actuelle est avant tout franco-française, même si le contexte européen et international y contribue à la marge.

La cause essentielle du désastre français est politique. L’extrême impopularité des dirigeants du pays débouche sur le chaos social. La France n’a plus confiance dans ses élites politiques, de l’extrême droite à l’extrême gauche, depuis des décennies, avec quelques brèves périodes de rémission. Elle ne se sent plus gouvernée. Depuis le début des années 1980, la courbe de popularité des dirigeants politiques, en dehors de soubresauts éphémères, ne cesse de s’effondrer. 88% des Français ont une vision négative de la politique (cevipof). La déliquescence au sommet de l’Etat se diffuse dans la société. Un pays privé d’autorité politique, du sentiment que ses dirigeants sont à la barre et gouvernent pour le bien commun, ne peut que sombrer dans le désordre.

Un changement d’homme à la tête de l’Etat et une autre majorité en 2017 suffiront-t-ils à résoudre la crise? Rien n’est moins certain. Compter sur le seul changement de personnalités à l’Elysée, à Matignon et dans les ministères, est un leurre dangereux. Ce ne sont pas seulement les hommes, avec leurs forces et leurs faiblesses qui sont en cause, mais un modèle de pouvoir.

Le régime français tel qu’il est devenu aujourd’hui, est foncièrement pervers et nuisible. Un seul homme, le chef de l’Etat, est censé incarner à lui seul le pouvoir politique, dans une logique de personnalisation à outrance qui n’a rien de démocratique ni de républicain. Ultra médiatisé, du matin au soir, présenté comme la figure même du pouvoir, il est toutefois irresponsable pendant cinq ans, à l’abri de tout contrôle démocratique. Or, sa toute puissance est illusoire. Dans le contexte des transferts de compétence à l’Europe, de la décentralisation, de l’endettement et de gigantesques déficits, il ne dispose d’aucune baguette magique pour régler à lui seul les problèmes. Son image cumule alors les échecs et les déceptions, mais elle est intouchable, hors de portée de toute sanction. Le déni de la responsabilité est patent. La crise qui ne se déclenche jamais dans la sphère politique se traduit par l’implosion de la société française.

Le président devient ainsi le bouc émissaire suprême de la Nation. Pour tenter de sauvegarder son image, voire espérer une réélection, il communique, démultiplie les apparitions, les coups médiatiques. Mais personne n’est dupe. L’hyper-présidence médiatique et la logghorrée, ne font qu’aggraver le sentiment populaire que la politique a déserté l’action et le service de l’intérêt général au profit de la posture et de la parole. Il sombre ainsi dans le culte de lui-même, entraîne la vie publique dans un tourbillon de narcissisme. Dans l’ensemble de la classe politique, l’obsession de prendre sa place à l’Elysée se substitue à l’idée de bien commun. Et ce spectacle misérable laisse le pays sans repère, sans direction, sans modèle, ouvrant la voie au chaos dramatique qui s’est emparé de la France.

Le malaise politique français tient avant tout à un état d’esprit, l’effacement du bien commun au profit de l’idée qu’une poignée d’individus se font de leur destin personnel. Aucune solution «miracle» et immédiate ne saurait en venir à bout. L’unique commencement de réponse à cette chute sans fin est une refondation de la démocratie française et le retour à un Etat au sens le plus noble du terme, fondé sur des règles de droit et non des visages médiatisés. La France a besoin d’un Parlement souverain, fort et indépendant, non pas enchaîné par la discipline majoritaire et la terreur d’élections anticipées, mais capable de prendre ses responsabilités. Il lui faut un Premier ministre, véritable chef de gouvernement qui décide, choisit, gouverne, démissionne plutôt que de reculer, responsable de sa politique devant le Parlement; des ministres puissants, décideurs et non plus des communicants emblématiques. Elle attend un chef de l’Etat impartial, qui soit le «guide de la France», au-dessus des contingences politiciennes, incarnation de la sagesse et de l’autorité morale, capable de protéger son autorité et le prestige de la fonction par le silence et la discrétion. De fait, il suffirait d’appliquer la Constitution de la Cinquième République à la lettre. Mais comme par hasard, cela n’intéresse absolument personne… Dans une France plongée dans le chaos, qui pourrait songer, même cinq minutes, à appliquer la Constitution?

Post Scriptum, 19 de juliol del 2016.

Guillaume Drago, professor de Dret Públic de la Universitat de París II, opina en una entrevista avui a Le Figaro que “Les politiques font payer à la nation quarante ans de démission”. Per la seva banda, Céline Pina, ex-militant del PSF, declara avui mateix a Europe-Israël: “Face à l’islamisme, il nous faut des Churchill pas des Chamberlain“.

Post Scriptum, 6 de setembre del 2016.

El jurista Xavier Saintcol publica avui un breu article a Le Figaro titulat “Calais, Marseille: la France sombre dans le chaos” on analitza el tabú de la classe política a l’hora d’afrontar la impotència de les autoritats per controlar la immigració i la delinqüència, posant com a exemples dos esdeveniments recents a Calais i Marsella.

Post Scriptum, 15 d’octubre del 2017.

Els historiadors Jerôme Fourquet i Edouard Husson publiquen avui a digital Atlantico un estudi demoscòpic: “Comme une ombre sur la démocratie…: 38% des Français se disent en faveur d’un régime autoritaire pour réformer la France et éviter le déclin”.

Post Scriptum, 2 d’octubre del 2019.

Linda Kebbab, secretària nacional de la sectorial policial de Force Ouvrière declara en una entrevista avui a Le Figaro que una de les causes del creixent nombre de suicidis entre les forces de seguretat és que la seva funció ha estat buidada de sentit pels governants i deslegitimada mediàticament.

Post Scriptum, 19 de novembre del 2019.

Maxime Tandonnet publica avui un article breu al digital Atlantico.fr on afirma una obvietat arran dels actes vandàlics esdevinguts al marge de les manifestacions dels Gilets Jaunes dissbte passat a París: “L’autorité de l’État ne sera pas restaurée par la violence”:

“Samedi, une nouvelle flambée de violence, à Paris, s’est traduite par le honteux saccage de la statue du maréchal Juin qui incarne le retour de l’armée Française dans la guerre au côté des alliés anglais et américains en novembre 1942. Les casseurs ont utilisé les débris comme projectiles contre les forces de l’ordre. Ce mouvement, dominé par des voyous professionnels, n’a sans doute guère de rapport avec celui des Gilets jaunes.

Cependant, depuis plus d’un an, le désordre et la violence règnent en maîtres, chaque samedi, dans ce pays et le rongent comme une maladie qui ne guérit pas. Rien n’est pire qu’un mal insidieux, purulent. Le problème de fond est celui de l’autorité de l’Etat, qui n’est pas seulement une affaire de police. L’autorité est à l’opposé de la violence. Elle suppose une capacité des gouvernants à imposer le sentiment de cohésion nationale, une dynamique de respect et de confiance autour de la règle du jeu commune, en parallèle à la crainte de la sanction. La défaillance de l’autorité, sur le long terme, est la tragédie de la France.

Depuis fort longtemps, les dirigeants français sont discrédités, aux yeux d’une immense majorité: ivresse de soi, communication à outrance, postures mégalomanes, fuite devant les réalités, inefficacité et pire que tout, mépris des gens. Le bavardage et les gesticulations sont les signes les plus flagrants de l’impuissance. Et le chaos d’en bas n’est rien d’autre que la conséquence de l’exubérance stérile d’en haut. Quand le cauchemar du désordre prendra-t-il fin? Remplacer l’actuel occupant de l’Elysée par un (e) autre, en soi, ne changera strictement rien, dans le même système, la même logique.

C’est une transformation radicale de la mentalité politique dont la France a besoin, qui consiste à en finir avec le naufrage narcissique pour restaurer la notion d’Etat de droit, sobre, inflexible, fondé sur des règles et leur respect intransigeant. Les dirigeants politiques ne sont rien d’autre, rien de plus, que les serviteurs de l’Etat. Et tout commence par une prise de conscience: la nôtre…

Post Scriptum, 13 de juliol del 2020.

La mort amb pocs dies de diferència d’un conductor d’autobus a Baiona i d’una gendarme a Port Sainte-Marie, segons Barbara Lefebvre, fan evident la passivitat de les autoritats front a una barbàrie ordinària (agredir quan hom demana pagar el billet o aturar-se en un control policial) que hom creix als territoris perduts de la República: de Philippe Monguillot: «Jusqu’à quand allons-nous tolérer l’intolérable?»

Post Scriptum, 20 d’abril del 2021.

La policia ha estat objecte de violentes agressions per part de bandes organitzades a diferents localitat del departament de l’Essonne al passat cap de setmana. Pel delegat general de l’Institut pour la Justice, Pierre-Marie Sève, la judicatura imperganada de la doctrina Baudot és sovint laxista davant aqueix fenomen emergent: «La société est en proie à un délitement généralisé de l’autorité». En el mateix sentit s’expressa la delegada nacional de l’Unité SGP Police-FO, Linda Kebbab, per qui la sentència recaiguda sobre els atacants de la policia a Viry-Châtillon envia un senyal desastrós als agents qui han de fer front quotidianament la inquietud dels quals per llur segurtat no para de créixer: «Nous sommes confrontés à une défiance constante de l’autorité».

Post Scriptum, 12 de juny del 2022.

Sébastien Laye i Jean-Baptiste Giraud, alerten a Le Figaro del proppassat 8: «L’effondrement généralisé menace la société française».

Post Scriptum, 8 de setembre del 2023.

Abans d’ahir el Consell d’Estat va presentar un estudi titulat “L’usager, du premier au dernier kilomètre : un enjeu d’efficacité de l’action publique et une exigence démocratique“, situant-se com acteur central dans le contrôle et l’amélioration de l’action publique. Les propostes em semblen disperses, sense una vertible estratègia per renovar la mentalitat dels gestors de la mastodòntica administració estatal desoïnt les recomanacions que fa gairebé quaranta anys va formular Michel Crozier al seu assaig, “État modeste, État moderne” (Fayard, 1987).

Post Scriptum, 12 de maig del 2024.

Abans d’ahir, a Le Figaro, el brigadier Abdoulaye Kanté alerte sur la recrudescence des violences contre les forces de l’ordre: «La crainte de s’attaquer physiquement à l’uniforme a disparu».

FIGAROVOX. – Deux policiers ont été grièvement blessés ce jeudi vers 22h30 dans le 13e arrondissement de Paris, a appris Le Figaro auprès de sources concordantes. L’individu, interpellé à l’origine pour avoir blessé une femme au cutter une demi-heure plus tôt, s’est saisi de l’une des armes d’un policier pendant sa prise en charge au commissariat. Que vous inspire cette actualité ?

Abdoulaye KANTÉ. – C’est un choc pour toute notre corporation. Sachant que nos collègues étaient intervenus pour des faits de violences envers une femme par cet individu. Il n’y a aucune intervention anodine et on en a la preuve avec ce drame.

On le voit avec ce fait qu’il est toujours compliqué d’intervenir sur une personne qui ne va pas se montrer coopérative ou qui va obtempérer à nos injonctions. La première chose, c’est d’avoir une pensée pour notre collègue qui est entre la vie et la mort. On espère qu’il va s’en sortir.

N’y a-t-il pas aussi, peut-être, une part de responsabilité des policiers ? Les policiers sont censés protéger leurs armes…

Dans ce cas de figure non. L’enquête en cours déterminera les faits. Précisions les policiers qui sont à la surveillance des geôles ne sont pas armés. Il faut savoir que lors d’arrivée massive de personnes placées en GAV ou de personnes dangereuses on est renforcé par des collègues qui sont armés afin de s’assurer lors des fouilles que personne n’est porteur d’objet dangereux pour lui-même ou pour autrui.

Dans cette salle où il devait souffler dans l’éthylotest, l’individu dangereux a sûrement profité en une fraction de seconde pour appuyer sur la rétention de sécurité de l’étui pour dérober l’arme de notre collègue.

À ce moment-là il a fait feu. Ce comportement montre la détermination de l’individu à vouloir tuer un flic, je le redis ce genre de cas n’arrive quasi jamais dans cette salle. La réactivité des policiers à proximité a été déterminante et sans cela le bilan aurait pu être bien plus lourd.

Entre 2000 et 2019, les violences contre les forces de l’ordre ont augmenté de 148%. Comment expliquer cette recrudescence ?

Les chiffres sont sans équivoque. 15.150 policiers ont été blessés l’année dernière, soit 40 blessés par jour. Il y a une banalisation de la violence envers tout ce qui représente l’autorité. Il n’y a plus cette crainte de s’attaquer physiquement à l’uniforme.

Le fait par exemple que certaines personnes à travers les réseaux sociaux participent à cette même banalisation, ces mêmes personnes qui ne vont pas obtempérer lors d’un contrôle de police, tous ces facteurs favorisent cette haine anti flic qui n’est pas un ressenti mais bien réel. Ces comportements inacceptables ne cesse d’augmenter, et ce constat, on le fait au quotidien.

Le code pénal a été durci et les auteurs de violences contre les policiers risquent désormais jusqu’à dix ans de prison. Les peines contre les agresseurs de policiers sont-elles suffisamment dissuasives ?

Pour le moment il y a un constat factuel, l’ultra violence prospère de plus en plus et il faut aller encore plus loin envers ceux qui s’en prennent à tout ce qui représente l’uniforme. Il y a des problèmes dans la justice on le sait mais la police ne pourra tout gérer sans une justice qui doit faire preuve de plus de fermeté. Que les peines soient réellement appliquées et que dès que l’on touche à un policier, cela doit aussitôt être synonyme de passage par la case prison.

Deixa un comentari

L'adreça electrònica no es publicarà. Els camps necessaris estan marcats amb *

Aquest lloc està protegit per reCAPTCHA i s’apliquen la política de privadesa i les condicions del servei de Google.

Us ha agradat aquest article? Compartiu-lo!