Jaume Renyer

per l'esquerra de la llibertat

10 de maig de 2021
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Còrsega: «FLNC Magjhu 21»

El proppassat 5 de maig France 3 Corse informava de la creació d’un nou grup armat clandestí que vol reprendre la lluita armada començada fa quaranta cinc anys pel FLNC originari, del qual han sorgit grups escindits que succesivament havien anat anunciant l’aturada de les seves activitats. Les autoritats responsables de la lluita antiterrorista han començat les investigacions segons informa avui Le Figaro: Corse: le parquet antiterroriste saisi de l’enquête sur la création du groupe armé «FLNC Magjhu 21».

Aqueix és el text íntegre del comunicat:

Il y a aujourd’hui 45 ans, le 5 mai 1976, naissait le FLNC.

Quarante-cinq années qui ont marqué ]’histoire contemporaine de la Corse, quarante-cinq années de lutte qui ont été une volonté d’être du peuple corse pour retrouver sa liberté.

Depuis 1976, le FLNC a été le fer de lance de la résistance corse, face au colonialisme français, dans le droit fil historique de l’oeuvre politique de Pasquale de Paoli et d’un XVIIIe siècle corse qui avait marqué l’Europe de son empreinte.

Pour plusieurs généations le FLNC a été et est toujours un éveilleur de conscience, un espoir, une référence, un état d’esprit.

Le FLNC est la conscience collective du peuple Corse; Il n’appartient à personne, il appartient à tous les Corses.

Malgré la répression, malgré les centaines d’années de prison distribuées, malgré les morts, le Front a su garder, au cours de son histoire, une ligne politique cohérente: Celle de la Lutte de Libération Nationale, celle de la défense des interêts collectifs du peuple corse vers l’indépendance nationale.

Nous voulons saluer ici tous les militants sans exclusive aucune, qui sont morts pour que vive le peuple corse.

En jetant un regard en arrière, nous mesurons l’étendu du chemin parcouru mais aussi combien celui-ci reste immense pour faire de la Corse une nation souveraine et libre, en Europe et en Mediterranée.

La victoire “dite historique” de la Coalition Per A Corsica, en 2015, aux élections territoriales, confirmée en 2017, est l’aboutissement d’une conscientisation progressive du peuple corse adossée à tant d’années de luttes, dont le FLNC a écrit de nombreuses pages.

Cette aspiration démocratique legitime, a été un grand souffle d’espoir. Toutefois, 5 ans après, elle n’a pas permis de véritablement changer la donne politique en Corse.

Le FLNC, à travers toutes ses composantes,a, aussi de son côté, accompagné la recherche d’une solution politique: En 2014 une partie du Front a déposé les armes, et, depuis, les autres composantes ont respecté “un cessez le feu permanent” qui n’a jamais été remis en cause, à ce jour. Cette démilitarisation de l’espace politique n’a vu, pour l’instant, aucun geste significatif de l’Etat français vers une solution politique au problème corse vers la paix pour lesquelles les corses aspirent.

La situation est toujours figée et la Corse reste à la croissée des chemins. L’Etat français n’a nullement envisagé un véritable trasnfert de souveranité pour la Corse comme en bénéficient toutes les iles de Mediterranée depuis des décennies. Seule une piètre adaptation, à travers l’article 72-5, sans pouvoirs politiques reels, est envisagée sous contrôle du parlement français et de l’inflexible constitution française. Cette situation découle, malheuresement, du fait que les nationalistes au pouvoir n’ont pas été capables de créer un rapport de force politique face à l’Etat, malgré une légitimité de 57% des suffrages à l’élection de 2017.

La majorité Per A Corsica n’a pas su se hisser à la hauteur des enjeux. Elle a été plus dans la gestion d’une collectivité que dans la construction d’une Nation: Ce n’est pas ce pour quoi les nationalistes l’ont élue.

Ils semblent, visiblement, mettre plus d’énergie dans la campagne permanente et l’électoralisme, pour préserver leur place et toujours chercher des nouveaux porteurs de voix de l’ancien monde, que pour s’imposer par la force induite par la crédibilité de leurs propositions et actions au qutidien.

Sur les quelques compétences qui leur sont dévolues, ils n’ont pas été en mesure d’apporter les réponses souhaitées. Les dossiers des déchets ou du transport maritime sont là pour en témoigner.

Sans stratégie de libération nationale, à long terme, et de vision politique intime commune et immédiate préalable, les élus se sont laissés enfermer dans une gestion au jour le jour qui a été rendue d’autant plus diffcile par ]es manoeuvres de l’Etat à travers l’action de ses différents Préfets qui leur ont savonné la planche.

La revendication de pouvoir législatif. mise en avant en début de mandature, a rapidement glissé vers le régionalisme. Le tout se terminera finalement avec une Corse inscrite à minima dans la Constitution et le droit commun prévu pour les grandes agglomérations françaises et une déconcentration de certains pouvoir de Paris aux Préfets, qui se prennent pour des Gouverneurs. L’article 72-5 ne représente rien par rapport aux revendications des mouvements nationalistes. L’article 72-5 ne permettra aucun référendum d’autodétermination sur l’indépendance, à moyen terme.

La Corse est aujourd’hui en danger. Elle s’apparente à un bateau à ]a dérive, livrée aux appétits financiers de quelques-uns et quelques groupes financiers qui s’accaparent les secteurs stratégiques avec l’aval de l’Etat et dans l’indifférence des élus.

La vie chère, les déchets, les monopoles dans les transports, la distribution et les carburants sont des exemples criants d’un modèle de société qui accentue les inégalités et la misère sociale, pendant que quelques-uns s’enrichissent.

L’ensemble du Mouvement National doit clarifier ses choix de société car aucune solution politique porteuse d’espoirs n’est envisagée par l’Etat jacobin.

De plus, la voyoucratie pèse de plus en plus sur le tissu économique, le système politique et la société. La gangrène mafïeuse se renforce, la vente et la consommatïon de drogue se généralisent et constituent le lit de la mafia. Les assassinats dépassent la sphère du “règlement de compte” et touchent des travailleurs, des hormêtes citoyens et même, ces derniers mois, deux patriotes corses sincères.

La terre de Corse est en vente et soumise à une spéculation à ce jour inégalée sur notre sol. Les résidences poussent partout en Corse et les terres agricoles que le PADDUC devait protéger sont soumises à la pression foncière. La dépossession est généralisée, les corses ne peuvent plus accéder aux logements. De nombreux corses vendent, des agences immobilières imposent l’inflation, les promoteurs étrangers s’implantent avec souvent l’aide de relais locaux.

La colonisation de peuplement submerge notre petite société qui a n’a pas les moyens politiques d’intégrer les flux entrants incessants de populations extérieures à la Corse. La décorsisation des emplois est toujours la règle pour les postes d’encadrement dans de nombreuses administrations.

Pour le FLNC, la solution est politique. Le peuple corse doit choisir son destin, son développement et son avenir.

Aujourd’hui, la résistance citoyenne et patriotique aux attaques internes et externes à notre terre (Spéculation, mafia, drogue, monopole. . . ) est portée par différents collectifs, associations, mouvements politiques, syndicats. Ils résistent seuls et parfois sans l’appui du nationalisme institutionnel. Ils maintiennent les fondamentaux de 45 années de lupolitiques, syndicats. Ils résistent seuls et parfois sans l’appui du nationalisïne institutionnel. Ils maintiennent les fondamentaux de 45 années de luttes. Nous sommes à leurs côtés.

Nous invitons l’ensemble des forces patriotique à se repositionner sur les fondamentaux. Nous appelons, en dehors des stratégies électorales, l’ensemble des forces patriotiques à l’unité stratégique, dans le respect de tous les militants, et à faire front conïmun pour revendiquer le droit du peuple corse à l’autodétermination, comme en Kanaky, en Écosse ou en Catalogne. Le peuple corse, avec un corps électoral légitime, doit choisir son destin.

Dans quelques seînaines auront lieu les élections Tenitoriales. Si elles sont la réalité du système français en Corse, elles n’en demeurent pas moins importantes. La lutte institutionnelle fait partie du combat du peuple corse pour faire valoir ses droits nationaux.

Nous n’appelons pas à l’abstention mais à voter, en conscience, pour les listes candidates se réclamant du nationalisme sur des bases claires : Les 7 prochaines années de devront pas être celles de la gestion d’une collectivité mais celles de l’élaboration d’un vrai projet de société en vue de l’émancipation nationale du peuple corse.

Pour notre part, après de longs mois de débats, nous, nombreux militants de toutes les composantes du FLNC, avons pris la décision d’un redéploiementactique dans l’attente de l’amorce par l’état Français d’un véritable processus politique de règlement de la question nationale corse. Depuis François Mitterrand, en 1981, puis Michel Rocard en 1988- 1989, aucune initiative forte n’a été prise par les différents Gouvernements français sur la question corse. Il est temps d’aller dans le sens de l’histoire.

Durant ces 45 ans écoulés, la lutte a été dure. Chacun doit avoir conscience qu’elle est encore longue et qu’elle continue. Gagner “la bataille des idées” ne constitue nullement un aboutissement. Pour notre part, nous n’avons jamais abandonné nos revendications essentielles : La reconnaissance du peuple corse et l’accession à la souveraineté dans le cadre d’un libre exercice du droit à l’indépendance.

Le FLNC accompagne la lutte du peuple corse, à sa place et avec ses moyens. Quant à notre peuple, nous l’appelons, au-delà des élections, à se positionner sur tous les terrains de lutte de masse.

Il est temps de signifier à la France toute la force des revendications du peuple corse, pour obliger l’Etat français à s’engager sur la voie d’un véritable processus de reconnaissance des droits historiques du peuple corse.

Nous exigeons enfin la libération de tous les prisonniers politiques.

EWIVA U FRONTE !
EWIVA U POPULU CORNU IN LOTTA !
A POPULU FATTU BISOGN’A MARCHJA
INDIPENDENZA
FLNC

I aquesta és L’ANALYSE DE LA REDACTION de France 3 Corse:

Faut-il voir dans la déclaration publique de ce nouveau mouvement clandestin, né 45 ans jour pour jour après la création du F.L.N.C. originel, l’annonce d’une possible reprise des attentats dans l’île ? La formule « redéploiement tactique » le laisse clairement entendre, mais il faudra attendre les prochains mois pour en être certain.

En tout état de cause, la méthode et le discours du F.L.N.C. Maghju 21 semblent plus politisés et plus structurés que ceux des autres groupes qui ont pu se manifester depuis l’annonce en 2014 de la démilitarisation des deux principales organisations (FLNC Union des combattants et FLNC dit du 22 octobre, N.D.L.R.).

Les militants de ce nouveau mouvement clandestin se réclament du F.L.N.C. de 1976 et reprennent la sémantique nationaliste « classique » et ses marqueurs : la spéculation, la « colonisation de peuplement », mais aussi la lutte contre la « gangrène mafieuse », et les assassinats « qui touchent des travailleurs, des honnêtes gens » mais aussi « des patriotes corses sincères », en référence à Massimu Susini et Stéphane Leca, assassinés en septembre 2019 et en octobre 2020.

Au-delà du message adressé à l’Etat, c’est un signal aux Corses qu’envoie le communiqué du nouveau F.L.N.C., et plus particulièrement aux militants nationalistes, en les exhortant à réinvestir le terrain.

En sous-texte, un « recentrage » sur les trois fondamentaux du combat nationaliste : lutte armée, lutte de masse et lutte institutionnelle.

De fait, et même s’il s’en défend, le groupe clandestin s’inscrit dans un contexte électoral et intervient au moment même où les trois partis de la coalition Pè a Corsica ont acté qu’ils partiront chacun de leur côté aux prochaines élections territoriales.

Selon le F.L.N.C. Maghju 21, il s’agit là d’un « hasard du calendrier » et sa prise de parole ne serait en rien liée aux récentes divisions au sein de la majorité territoriale.

Il n’en demeure pas moins que le communiqué de deux pages et demi laisse une large part à la critique des péripéties politiques de la majorité actuelle et intègre une analyse précise des articles constitutionnels en débat.

C’est, sans doute possible, le signe d’un intérêt marqué pour le rôle de l’Institution et de son prochain renouvellement. Le signe également d’un positionnement éloigné de la stratégie de rupture ou de remise en cause du « combat institutionnel ».

Le F.L.N.C. Maghju 21 reprend d’ailleurs les critiques souvent exprimées dans les rangs nationalistes sur les choix stratégiques de Pè a Corsica et sur son bilan, notamment en ce qui concerne l’absence d’avancées sur les revendications fondamentales du mouvement.

Reste à savoir quelle sera l’influence de la résurgence de la clandestinité sur l’échiquier politique insulaire. Davantage qu’une menace pour l’Etat, l’annonce de la création d’un nouveau F.L.N.C. pourrait s’avérer être un caillou dans la chaussure des listes nationalistes. Car ce soutien aussi inattendu qu’encombrant risque de faire des vagues, dans une campagne électorale très courte et à un mois et des poussières du premier tour.

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