Jaume Renyer

per l'esquerra de la llibertat

6 de juliol de 2020
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Anotacions arran de la “nouvelle vague” de l’ecologisme francès

La segona volta de les eleccions municipals franceses de diumenge passat ha estat marcada per l’abstenció de gairebé el seixanta per cent de l’electorat, la desfeta del moviment En Marche del president Emmanuel Macron i l’ascens dels candidats ecologistes a ciutats importants com Estrasburg, Lió i Marsella. El PSF ha conservat l’alcaldia de París i poca cosa més.

De fet, l’èxit ecologista és a les costelles del Partit Socialista i la nebulosa de l’esquerra post-comunista tot assumint-ne els continguts esparsos però sense una estratègia per un projecte polític nou. Moltes “lluites compartides”, molta interseccionalitat, però poca connexió amb la realitat i l’esperit crític necessari per canviar-la, com adverteix Rémi Tell).

Una de les anàlisi més lúcides em sembla la d’Olivier Babeau, (president de l’Institut Sàpiens i professor de gestió pública a la Universitat de Bordeus que ha publicat fa poc l’assaig “Éloge de l’hypocrisie” Éditions du Cerf, 2018), publicada per Le Figaro el proppassat 29 de juny: Ce que cette «vague verte» a d’inquiétant:

En annonçant qu’il était prêt à se ranger derrière le candidat écologiste à la présidentielle de 2022, Olivier Faure a acté la rétrogradation du Parti socialiste au rang de supplétif électoral. On retiendra bien sûr la vitesse avec laquelle une force politique centrale dans notre pays pendant cinquante ans, qui détenait il y a trois ans encore les clefs de l’Élysée, de l’Assemblée, de la quasi-totalité des régions et de la plupart des départements, a pu être réduite à l’insignifiance. Mais le plus intéressant est moins la disparition de ce courant politique que sa nouvelle hypostase. Contrairement à ce que beaucoup de caciques (de droite comme de gauche) pouvaient penser, l’existence d’une machinerie partisane incluant militants et élus est moins importante que celle d’une idéologie mobilisatrice. En mal de doctrine, le socialisme vient d’achever sa réincarnation dans un véhicule plus porteur.

L’écologie s’est historiquement construite sur un mouvement de résistance à la modernité des Lumières et au capitalisme. Par essence réactionnaire, conservatrice et antilibérale, elle avait connu un certain épanouissement avec le national-socialisme, auprès de qui les thèmes de l’anti-cosmopolitisme, du retour à la terre, des valeurs simples et des solidarités ancestrales résonnaient parfaitement.

En France, le mouvement écologiste a prospéré sur les ruines des idéologies communistes d’abord, et socialistes ensuite. La téléologie socialiste historique, faite de lutte des classes, de lendemains qui chantent et d’espoir de progrès, ne fait plus recette. La promesse s’est radicalement transformée. Il ne s’agit plus d’espérer une vie meilleure, mais de permettre à une poignée d’élus de survivre à la catastrophe qui vient. L’idée n’est plus de donner aux masses laborieuses l’accès aux merveilles de la technologie, mais de les protéger des menaces supposées qu’elles font peser. On ne promet plus l’accès à un confort supérieur jusque-là réservé à quelques privilégiés, mais on exhorte à abandonner ce confort. L’activité humaine n’est plus un outil d’émancipation, mais scelle au contraire la culpabilité collective que nous allons devoir expier. La volonté individuelle doit abdiquer contre la Nature. Le socialisme vert n’est plus un récit d’espoir mais de peur, il a substitué un chemin de croix de renoncement au traditionnel récit de conquête.

Le socialisme traditionnel prenait appui sur l’aspiration au progrès, le socialisme vert utilise quant à lui la peur comme levier. Sont ainsi mêlés dans un même rejet, au mépris de toutes les connaissances scientifiques, les compteurs Linky, la 5G, les OGM, les produits phytosanitaires et le nucléaire. Dans sa lutte ancienne contre la liberté individuelle, dont le droit de propriété est le cœur, le socialisme à bout de souffle a vu tous les avantages qu’il était possible de tirer des récits effondristes. Dans cette nouvelle religion de Gaïa, l’homme est un pécheur condamné à une pénitence éternelle. Il doit faire le deuil de sa volonté individuelle et s’en remettre à un clergé vert se chargeant de déterminer ce qu’il a le droit de désirer et le chemin de son bonheur. La plus grande ruse du diable, dit-on, est de faire croire qu’il n’existe pas. La grande ruse de l’écologie politique est de faire croire qu’elle n’est pas politique, c’est-à-dire de faire apparaître comme solutions inévitables ses choix idéologiques. La décarbonation de l’économie, la transition énergétique et plus généralement le respect de l’environnement ne sont invoqués qu’en tant qu’ils justifient l’abolition d’un système honni. Des idées fausses diffusées avec une adresse stupéfiante empêchent les électeurs de se prononcer en connaissance de cause: citons par exemple ce sondage qui montrait que 86 % des jeunes pensaient que le nucléaire était fortement émettrice de CO2. Symétriquement, le catastrophique bilan écologique réel des éoliennes ou des panneaux solaires est soigneusement passé sous silence (personne ne parlant en France par exemple du dernier documentaire de l’Américain Michael Moore qui les dénonce).

Les termes du débat posés de façon manichéenne (les sauveurs de la Terre contre ses fossoyeurs) interdisent de penser qu’une autre écologie est possible: pragmatique, se méfiant des idées simples car consciente de l’extrême complexité des questions environnementales, faisant confiance à la science, éprise de progrès et pensant qu’il est possible de concilier épanouissement de l’individu et respect de l’environnement.

L’abstention massive est nourrie par l’indifférence et le ressentiment vis-à-vis du système. Par un mécanisme que nous observons désormais couramment sur les réseaux sociaux, les voix modérées s’effacent ou deviennent inaudibles alors que les moins nuancées, les plus extrêmes, sont plus visibles et parviennent à attirer de l’audience. Autrement dit, les tièdes et les hésitants ne votent plus, laissant mécaniquement la place politique aux votes extrêmes. Encore minoritaire dans les votes (l’abstention aidant, un maire peut être élu par moins de 20 % du corps électoral), le socialisme vert prospère sur la crise démocratique en même temps qu’elle l’accélère.

Post Scriptum, 8 de setembre del 2020.

Alain Péréa, diputat de LREM per l’Aude, va publicar fa quatre dies a Causeur aqueix article punyent: Non à l’éco-colonialisme!

« Il peut y avoir non seulement un droit, mais un devoir de ce qu’on appelle les races supérieures, (…) d’attirer à elles les races qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de civilisation. » (Léon Blum – AN 1925). A lire les messages sur les réseaux sociaux mais aussi à entendre les théories de certains leaders d’une cause prétendue écologiste au sujet des pratiques de la ruralité, il s’agit du même raisonnement.

Intéressés par les comptoirs commerciaux que représentent le tourisme d’abord littoral, alpin puis vert, les ruraux ont ouvert les territoires à des populations en quête d’espace et d’air pur. Dès les années 2010 la dépression économique autant qu’existentielle a conduit à une accélération du phénomène. Soumis au mécanisme d’expansion : il fallait conquérir de nouveaux territoires aux nouvelles sensations, plus authentiques, plus vertes, au contact de l’indigène.

Ce qui au début était interprété comme un retour à la nature a muté : en s’attaquant en premier lieu aux symboles que sont les clochers, les coqs et autres pratiques traditionnelles sans même comprendre ce qui fait le rythme de vie de nos campagnes. Combat gagné, ils ouvrent un front plus large en s’attaquant tour à tour à toutes les activités qui font ce que nous sommes, avons à offrir. En brandissant l’étendard de l’écologie comme prétexte aux changements qu’ils veulent imposer aux territoires convoités, nous assistons à une colonisation de la ruralité : c’est de l’éco-colonialisme.

Le mot est fort mais l’analogie a pourtant ici toute sa place. Traités de barbares, d’assassins, les chasseurs font l’objet d’une « stratégie de rééducation » à la condition animale. Alors, la chasse millénaire doit disparaître quitte à la remplacer par une stérilisation de certaines espèces : le progrès face aux barbares. Que dire de l’agriculture ! L’agribashing est devenu le sport à la mode. Selon la logique coloniale, il faut produire selon les modalités qui seront définies à Paris dans un Think Tank vert. Peu importe si le monde agricole se meurt, il y aura bien un autre agriculteur pour le remplacer, pensent-ils.

Le modèle urbain doit s’imposer partout. Là où la nature apprend la symbiose et le rythme des saisons, il faut diviser les espaces, autoriser ou interdire. La règle rassure l’urbain alors que la fraternité motive le rural. Il faut réduire nos activités afin de laisser la place aux nouvelles pratiques: le temps des colonies!

Lissons, harmonisons, effaçons nos différences, apprenons la leçon. Alors la vérité la seule et l’unique prendra place, le bien manger, le bien cultiver, le bien vivre. Sous couvert alors de préservation de la biodiversité, c’est la diversité qui est condamnée : de nos langues, nos cultures, nos accents.

Le prochain congrès mondial de la Nature de l’UICN se déroule en janvier à Marseille. Les écologistes affirment : il faut que la France montre l’exemple ! Comme par le passé, l’image internationale est plus importante que les traditions locales. Nous irons dire qu’ils n’ont sauvé aucune espèce mais détruisent le peuple rural de France!

Le combat est aisé pour eux et se rejoue, celui d’un monde doté des outils modernes de communication face à un monde qui veut vivre en paix de son labeur, avec ses traditions. Surfant sur les réseaux sociaux, missionnaires d’une nouvelle religion animée par quelques gourous, ils attaquent sans cesse, jouent sur l’émotion, affirment sans prouver. Ils prétendent défendre le peuple face aux dangereux profanes, sources de tous les maux.

Les défenseurs de la ruralité sont reçus par les médias comme les grands chefs à plumes du passé, figés dans le temps. Condescendance mêlée de curiosité, dans l’espoir du faux pas qui fera le buzz. Passé à la question : une tradition ne s’explique pas mais se vit et se transmet. À bout d’arguments, vient l’insulte suprême de lobbyste. Si vous défendez l’écologie vous êtes dans le camp des bons, si vous défendez la chasse, le vin, ou le foie gras, vous êtes le mauvais. Alors que nous sommes des amoureux de notre Pays, de ses habitants et de leurs savoir-faire.

Nos portes sont ouvertes au dialogue et au progrès. Dans la nature, « ce qui ne s’adapte pas disparaît », nous a appris il y a fort longtemps Darwin : pas besoin des leçons de néo-écolos. Nous sommes généreux, nous accueillons et partageons. Nous acceptons le vivre ensemble dans le respect du vivant mais aussi de la mort. Mais à ceux qui pensent que le peuple de la terre de France est retardé et veut détruire la planète, nous leur disons que nous n’accepterons jamais d’être éco-colonisés! Notre Pays est une chance pour tous affirme le président de la République, cela implique le respect des diversités. Nous défendrons, je défends cette France face aux colonisateurs même peints en vert !

Post Scriptum, 14 de setembre del 2020.

Fa tres dies, aqueix article a Le Figaro exposava les obsessions contra-identitàries de l’ecologisme local al poder en algunes grans ciutats: Tour de France, sapins de Noël… «L’écologie radicale veut faire table rase de la culture populaire française». Avui, Gilles-William Goldnadel rebla el clau al mateix diari: «L’écologie politique est le nouvel avatar du gauchisme soixante-huitard».

Post Scriptum, 22 d’abril del 2021.

Punyent editorial de Le Monde avui: Les leçons des Verts allemands, contraste saisissant avec les écologistes français.

Pragmatiques, ouverts et professionnels, les Verts allemands sont prêts à gouverner. Un contraste saisissant avec les écologistes français, toujours désemparés à un an de la présidentielle.

Une chancelière Verte à Berlin ? A cinq mois des élections législatives du 26 septembre, l’hypothèse n’est pas exclue. Certes sans expérience gouvernementale mais réputée pour sa pugnacité et sa connaissance précise des dossiers, Annalena Baerbock, que les écologistes ont désignée candidate en faisant montre d’une unité peu commune, lundi 19 avril, pourrait, à seulement 40 ans, succéder à Angela Merkel à la tête de l’Allemagne.

Deux facteurs pourraient conduire à un tel scénario. Le premier est lié aux difficultés des deux grands partis allemands, les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates (SPD), usés par de longues années d’exercice du pouvoir et portés par des candidats qui peinent à susciter l’enthousiasme. A l’issue d’un processus laborieux et fratricide, la CDU-CSU a désigné mardi Armin Laschet comme candidat à la succession de la chancelière.

Face à ces représentants du monde politique d’avant, les Verts allemands – et c’est le deuxième point – incarnent aujourd’hui le changement, sans pour autant représenter l’aventure. Présents au gouvernement dans onze des seize Länder, tantôt avec la gauche, tantôt avec la droite, ils ont fait la preuve de leur capacité à gouverner, comme l’a montré la récente réélection triomphale de Winfried Kretschmann pour un troisième mandat à la tête du Bade-Wurtemberg ; ils savent aussi pratiquer le compromis dans un pays où, mode de scrutin oblige, l’exercice du pouvoir suppose de bâtir des coalitions.

Contradictions surmontées

Le contraste avec les écologistes français est saisissant. A un an de la prochaine élection présidentielle, ces derniers n’ont toujours pas de réponse précise à trois questions pourtant essentielles. Celle du rapport aux institutions, d’abord, dans une Ve République qui, par sa verticalité, entre en contradiction avec leur sensibilité politique, allergique à la culture du chef. Celle du projet politique, ensuite, dans un mouvement divisé entre partisans d’une écologie pragmatique, conduits par le député européen Yannick Jadot, et adeptes d’une rupture avec le libéralisme, à l’instar du maire de Grenoble, Eric Piolle. Celle de la stratégie de conquête du pouvoir, enfin, alors que ni l’hypothèse d’une primaire du pôle écologiste ni celle d’une candidature commune avec les socialistes ne font l’unanimité.

Dans un pays comme l’Allemagne, où il n’est pas nécessaire d’avoir la majorité absolue pour accéder au pouvoir, il est vrai que la situation est plus facile pour un parti comme les Verts qui, avec un peu plus de 20 % des voix, leur niveau actuel dans les divers sondages, peut prétendre entrer au gouvernement, voire le diriger si les conservateurs, qui les devancent aujourd’hui de quelques points, continuent de baisser.

Si les Verts allemands ont également leurs contradictions, entre « Realos » (pragmatiques), dont fait partie leur candidate, Annalena Baerbock, et « Fundis » (radicaux), dont l’influence a reculé mais qui continuent de peser, ils ont toutefois réussi à les surmonter. En témoigne leur « programme fondamental », adopté en novembre 2020 et qui, en 84 pages, s’efforce sur les grands débats du moment – réchauffement climatique, politique d’investissements, défense européenne, OTAN, sécurité – de concilier ambition et crédibilité. Un équilibre fragile, certes, mais sur lequel les Verts allemands ont compris qu’ils devaient s’accorder pour partir unis à la conquête d’un pouvoir qu’ils assument pleinement de vouloir exercer.

Post Scriptum, 8 de juny del 2021.

Avui, The Times of Israel, exposa els casos de candidats ecologistes exclosos de les llistes a les eleccions regionals d’aqueix mes per mor de les seves actituds obertament antaisionistes i islamistes: Des candidats de gauche accusés d’antisémitisme et d’islamisme.

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