La Xina comunista contra les societats obertes occidentals

L’objectiu del règim comunista xinès d’esdevenir la primera potència mundial comporta un conflicte multidimenional (econòmic, polític, ideològic, militar) amb la forma de civilització antitètica, la pròpia de les societats obertes occidentals. El món islàmic no és percebut com a rival de Xina estant, com ho demostra el fet que la repressió contra els uigurs no és incompatible amb l’adhesió dels estats musulmans que en són depenents. No hi ha cap que estigui en condicions d’aspirar a un lideratge mundial de l’islamisme, i en canvi n’hi ha uns quants que es presten de bon grat (Iran, per exemple) a fer de punta de llança contra l’enemic comú occidental.

S’ha escrit molt i encara s’escriurà més sobre aqueixa pugna entre la Xina comunista i els campions del món occidental, els EUA, que marcarà aqueix segle, comparant-la amb la que va enfrontar-los amb l’URSS a la segona meitat del passat. Aqueix cop no es pot parlar d’una segona versió de la guerra freda, entre capitalisme i comunisme, la Xina practica una forma de capitalisme salvatge contrari als principis democràtics. com analitzà ahir François Journat en aqueix article a Le Figaro: Pourquoi la confrontation entre les États-Unis et la Chine n’est pas une «nouvelle guerre froide» pel qual el duel xino-amèricà no s’organitza pas al voltant de veritables blocs, com en el passat enfrontaven Occident i el comunisme soviètic, sinó que hi pot haver aliances ideològicament invertides (per exemple, Vietnam pot fer costat als EUA) segons els interessos geoestratègics dels estats implicats:

Depuis son accession au pouvoir en 2013, Xi jinping veut imposer le système politique chinois en tant qu’alternative au capitalisme et œuvre pour une bipolarisation du monde. Fin mai, le ministre des Affaires étrangères Wang Yi enfonçait le clou en menaçant les États-Unis d’une «nouvelle guerre froide». Mais on peut penser que l’analogie avec l’expression inventée au lendemain de la deuxième guerre mondiale lors du conflit idéologique qui a opposé les États-Unis à l’URSS, est inappropriée.

Xi Jinping projetait dès le début de son mandat de défier les États-Unis. Il promettait devant le comité central «Nous devons nous préparer à une longue et rude période de compétition entre systèmes politiques» (propos extraits du livre Rouge vif de la sinologue Alice Eckman).

Mais la Chine n’est pas l’URSS et l’authenticité d’un discours capitaliste à Davos et communiste en Chine, s’avère très discutable. Par ailleurs, l’impérialisme chinois semble se diriger, si l’on se réfère par exemple à la répression violente des opposants ou au prélèvement forcé d’organes sur des prisonniers politiques, vers une forme de fascisme à la chinoise. Cette cruauté pourrait rappeler celle de l’Allemagne nazie ou évoquer les actes de cannibalisme commis au nom de l’idéologie du communisme pendant la révolution culturelle chinoise. Il n’est guère aisé de définir précisément idéologiquement le système politique de la Chine opportuniste de Xi Jinping mais il convient peu, même si l’URSS n’incarnait pas un modèle enviable de démocratie, si tant est qu’elle en fût une, de l’assimiler à la doctrine d’Alexeï Jdanov qui a théorisé la guerre froide. L’idéologue s’opposait au fascisme et vilipendait l’impérialisme américain. Sept décennies plus tard, la Chine commet des actes dignes des régimes fascistes les plus sanguinaires et son impérialisme constitue le plus grand péril pour les démocraties et l’humanité.

L’élection à la tête des États-Unis en 2017 d’un président protectionniste souhaitant réduire le déficit commercial abyssal proche de 400 milliards de dollars avec la Chine, a servi la stratégie du dictateur chinois. Celui qui semble vouloir endosser le costume d’empereur du monde a saisi l’opportunité de se mettre en scène dans un face à face qui le place sur un même pied d’égalité que Donald Trump et lui permet ainsi de se targuer auprès de son peuple, d’affronter le dirigeant de la première puissance mondiale. Cette posture favorise son objectif de bipolarisation inspiré du manichéisme de la guerre froide du siècle dernier et relègue les autres pays du monde au deuxième plan. L’agressivité du Parti communiste chinois durant la crise du Covid-19 et la déclaration de son ministre des affaires étrangères, dictée par l’Assemblée nationale populaire chinoise, indiquent que la Chine estime avoir franchi une nouvelle étape. Celle-ci semble désormais ne plus se soucier de l’opinion de pays devenus à ses yeux trop faibles ou dépendants de son économie pour protester.

L’utilisation par Pékin de l’expression «nouvelle guerre froide» vise à faire oublier sa gestion de la crise du Covid-19 au moment où l’opinion mondiale plutôt hostile compte ses morts et considère maintenant majoritairement que l’expansionnisme chinois représente une menace économique et un grave danger. Mais le système politique que la Chine prétend vouloir faire partager pour le bien de tous diffère du modèle marxiste-léniniste de l’URSS politique. Ce dernier emportait l’adhésion d’un nombre important de populations et de pays à travers le monde. Quel peuple souhaiterait aujourd’hui se placer volontairement sous le joug de la Chine ou d’un régime similaire conseillé par celle-ci? Bien que son projet séduise peu, le géant chinois tente néanmoins de multiplier les alliances susceptibles d’augmenter son influence géostratégique. On peut certes comprendre que la Russie souhaite renforcer des liens économiques notamment sur le plan énergétique et participe à des manœuvres militaires conjointes mais on peut douter que celle-ci suive la Chine aveuglement. Dans son voisinage, la Chine semble dresser contre elle une majorité d’Etats comprenant l’inde. Après plusieurs semaines de tensions, le premier affrontement militaire meurtrier depuis 45 ans a eu lieu le 15 juin 2020 à la frontière des deux pays.

Les imposants congrès chinois qui se drapent aujourd’hui d’idéologie, prônent «une destinée partagée pour l’humanité» et pourraient rappeler à certains égards, les grandes heures du communisme, mais la comparaison s’arrête là. L’assimilation du projet chinois à la foisonnante guerre d’idées qui a passionné durant un demi-siècle, semble présomptueuse. On assiste à une tentative de reproduction du conflit USA/URSS, mais on cherche en vain un goût pour la discussion démocratique ou une proximité philosophique de Xi Jinping et des dirigeants chinois avec les fameux bretteurs qui ont animé le débat majeur du XXème siècle autour de questions essentielles et de deux conceptions du monde.

Depuis les dissimulations à propos de la gestion chinoise de la crise sanitaire, la méfiance envers l’arrogant régime chinois s’est généralisée. Aussi, l’installation d’une prétendue «nouvelle guerre froide» à l’initiative de la Chine peut sembler très aventureuse. Certes, quelques pays dont ses alliés le Pakistan ou l’Iran, rêvent d’un monde post-occidental mais rares sont ceux qui préfèreraient le chaos ou le régime dictatorial prôné par la Chine à un système capitaliste qui demeure à ce jour globalement le plus fiable même s’il conviendrait d’en corriger les nombreuses dérives.

Post Scriptum, 30 de juliol del 2020.

La crisi del coronavirus mostra que la Xina és forta sobretot perquè aprofita les febleses del món occidental i en particular d’Europe, que renuncia als seus valors tot supeditant-los als dictats del despòtic règim comunista xinès. Això afirmen els economistes Jean-Philippe Delsol i Nicolas Lecaussin en aqueix article publicat abans d’ahir per La Figaro: “La Chine apparaît aujourd’hui comme un géant aux pieds d’argile».

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