La retrologia històrica aplicada contra les societats obertes occidentals

L’enyorat Joaquim Capdevila i Capdevila hagués estat un lúcid interpret del fenomen de retrologia històrica en curs atiat en nom de l’antiracisme i l’anticolonialisme arreu del món occidental. Mariona Lladonosa cita la noció de retrologia que divulgava Joaquim Capdevila: “interpretació del passat en termes del present, i del present a partir d’aquest passat prèviament interpretat” (“Nosaltres els catalans, PAM, 2019, pàgina 135).

Aqueixa noció és escaient per ser aplicada a l’erupció arran de la mort de George Floyd a Minneapolis de l’onada iconoclasta contra les estàtues de personalitats de rellevància història sobretot arreu d’Occident (i a molts estats que foren colònies fins al segle passat). Aqueixa bullanga és el resultat d’una tendència profunda de les elits intel·lectuals desconstructivistes, com explica el professor de la Universitat de Bordeus Andreas Bikfalvi, “Aux origines de la politique des identités… et ses conséquences”, publicat el proppassat 16 a Causeur): “Les caractéristiques venant de la gauche sont l’anti-individualisme, le collectivisme, l’anticapitalisme, le constructivisme et le ressentiment. Ces différents éléments sont mixés dans des proportions variables en fonction d’un corpus identitaire spécifique.”

En el cas concret dels Estats Units, les protestes en curs es pregunta Asaf Romirowsky si poden ser qualificades així: Red and Green Virtue-Signaling — An American “Intifada”?, atesa la confluència dels moviments anticapitalistes, pro-islamistes i anti-israelians que equiparen la situació dels afro-americans amb la dels palestins.

Aqueix comunitarisme neo-identitari de nou encuny arriba a Europa en forma d’amalgama entre antiracisme, anticolonialisme i antifeixisme arbitrari, com es percep actualment a França en les protestes contra la violència policial i el cas Adama Traoré. Les mobilitzacions es regeiren contra les nacions europees, el passat històric i el pòsit cultural dels pobles sense bastir cap universalisme repectuós de tots aqueixos valors. Com escrigué abans d’ahir a Le Figaro Stéphane Nivet, delegat general a França de la LICRA (lliga contra el racisme i l’antisemitisme), Non à un antiracisme qui falsifie l’histoire!, on es desolidaritza de l’enderroc o vandalització d’estàtues estimant que aqueixos actes simplifiquen arbitràriament el passat en funció de propòsits abstractes i de caire autoritari.

Churchill, De Gaulle i fins i tot Gandhi (la seva figura fou abatuda fa dos anys a la Universitat de Ghana per racista), les estàtues dels quals són vandalitzades i en alguns casos enderrocades, foren personatges amb aspectes positius i d’altres negatius (com en tota persona humana) i tenir-los en compte emprant criteris d’universalitat, proporcionalitat i no discriminació és l’única manera de contribuir efectivament a la globalització dels valors democràtics -aparentment- en nom dels quals són blasmats.

Significativament aqueixes protestes multidimensionals tenen lloc a les societats obertes de tall occidental, i en contra seva, mentre en queden al marge tota crítica a totalitarismes expansius com el comunisme xinès, l’islamisme i el tardo-sovietisme. Justament avui Le Monde informa que en una petita localitat alemanya (i no precisament de l’antiga RDA) hom ha inaugurat una estàtua a Lenin ignorant el desastre que fou el règim comunista en la part del país ocupat per l’exèrcit rus.

A casa nostra aqueixa tongada arriba desdibuixada: absència de crítica al supremacisme espanyol, antiracisme sel·lectiu i arbitrari (protector de les comunitats islàmiques i alhora hostil als jueus i a <israel), i en forma d'auto-odi es fixa en la figura de Cristòfol Colom, amb la CUP a l'avanguarda del desballestament del monument barceloní. Només hi pot haver llibertat, individual i col·lectiva, en el context del procés de reconstrucció nacional basat en la catalanitat integradora de les diverses identitats presents al país. No hi és pas aqueix autocentrament nacional, sinó més aviat un cosmopolitisme abstracte i banal sense cap perspectiva concreta, només la ficció de l'emancipació igualitària i sense passat històric que Pierre-André Taguieff critica en en un assaig recent.

Post Scriptum, 22 de juny del 2020.

Kamel Daoud, (escriptor algerià esmentat sovint en aqueix bloc) publica avui a Le Monde un article titulat « L’Occident est imparfait et à parfaire, il n’est pas à détruire », on afirma que voler acusar Occident culpable de tot pot obrir la porta a una « barbarie de revanche ».

Post Scriptum, 24 de juny del 2020.

Un dels periodistes de referència del diari d’esquerres Libération, Luc Le Vaillant, publicà abans d’ahir un article que comparteixo plenament propugnant un capteniment crític però constructiu sobre el passat històric en lloc de fer el joc a la ignorància i la destrucció de monuments: Se relever ensemble, plutôt que tomber à genoux:

Plaidoyer pour un antiracisme qui s’extirpe des querelles de mémoire, repousse les injonctions culpabilisantes et remette debout la communauté humaine au lieu de la fragmenter.

Je ne déteste pas que les héros du passé mordent la poussière, mais je supporte mal de voir les humains d’aujourd’hui se courber jusqu’à terre et se couvrir de cendres. Et cela aussi grandiose soit la cause, aussi terrible qu’ait été la mort de George Floyd, asphyxié par la rotule et la férule policière américaines.

Je comprends le plaisir qu’il peut y avoir à déboulonner les symboles, à fendiller le plâtre des statues, à pulvériser les statuts gravés dans le marbre. J’aime en user ainsi avec les personnalités qui font l’unanimité, tiens De Gaulle par exemple, même si je me dispense du burin et du surin, et leur préfère la moquerie. Mais j’admets difficilement que, drapés dans la sentimentalité de l’émotion et afin de faire image comme on fait pénitence, l’on puisse s’agenouiller pour glorifier un martyr, cédant ainsi à une bigoterie qui devrait être mieux tenue en laisse.

Je suis prêt à débattre des actes de Colbert ou de Victor Schœlcher avec ceux qui mènent la guerre des mémoires et qui, c’est bien normal, instrumentalisent l’histoire, à l’égal des puissances régnantes de par le monde. Mais je bloque quand il s’agit de s’abaisser pour être relevé des péchés supposés de mes pères. Je me crispe quand on me demande d’endosser la pèlerine du repenti et le suaire du repentant. Je me cabre quand il s’agit de supplier mon voisin de battre en tout anachronisme la coulpe de mes ancêtres sur ma poitrine. Mon masochisme a des limites que ne franchira pas mon refus de confesser des fautes qui ne sont pas les miennes.

Je n’ai pas armé des vaisseaux pour le commerce triangulaire. Je n’ai réduit personne en esclavage, aux Antilles ou ailleurs. Je n’ai pas colonisé le Maghreb, l’Afrique ou l’Asie. Je n’ai pas voté les pleins pouvoirs à Pétain et n’ai encouragé aucune déportation vers les camps de la mort. Je n’ai pas pratiqué la torture en Algérie, ni repris les essais nucléaires français dans le Pacifique. Pour en venir à des sujets plus contemporains, je n’ai pas organisé d’évasion fiscale à grande échelle même si j’ai sûrement contribué, sans trop y songer, au réchauffement de la planète.

Suis-je condamné à perpétuité pour m’être juste donné la peine de naître dans un pays tempéré à démocratie avancée ? Si je suis blanc, c’est un «privilège» que j’essaie d’abolir chaque été, au risque de rôtir en peau rouge, afin que le soleil me donne la même couleur que des gens que je considère comme des égaux. Et parfois même comme des frères, aussi cucul que puisse paraître cette terminologie «united colors». Je demeure un antiraciste de bonne volonté qui n’est pas prêt à s’excuser de ses visées universalistes, ni à implorer le pardon des décoloniaux, indigénistes et autres identitaires. J’admets que mon camp, la gauche, n’a pas toujours tenu ses promesses sociales, butant sur le réel libéral. Elle a régulièrement essayé, sans bien y parvenir, d’intégrer des populations issues de l’immigration que je n’aurais garde de nommer «racisées» car je fatigue de ce renvoi permanent aux origines. Tout le beau projet de l’idée d’émancipation est de faire que l’individu échappe aux déterminismes qui l’encagent : économiques, géographiques, religieux, matériels, sexuels, etc. Il n’y a que sur la question des statistiques ethniques que je balance. D’un côté, je pense qu’il faut éviter de se voiler la face et tenter de chiffrer la réalité. De l’autre, je sais combien les concepts forgés par la sociologie n’ont qu’une scientificité relative et tiennent souvent de la prophétie autoréalisatrice.

En 2017, le joueur de football américain Colin Kaepernick a imaginé cette protestation qui a tout de la prosternation (1). Il a compris qu’il fallait se mettre plus bas que terre pour contester Trump et la verticalité du pouvoir. Il a perçu la force de l’impuissance exhibée. Perspicace, Kaepernick s’est adapté à un univers qui aime les aveux et les dégradations, les excuses et les remords. Je persiste à lui préférer les sprinters noirs qui, en 1968, dressaient leur poing ganté sur le podium des JO de Mexico. La question irrésolue est de savoir si la non-violence que je soutiens n’a pas toujours des accointances secrètes avec la religiosité.

Et puis, dites-moi, qui s’agenouille ? Le manant devant son propriétaire terrien. Le vassal devant son suzerain. Le chevalier qui réclame adoubement. Le croyant devant son dieu. D’ailleurs, à Noël, les églises catholiques pas encore désaffectées chantaient : «Peuple à genoux, attends ta délivrance.» En tout cas, si on pouvait m’éviter cette mise en scène culpabilisante, à échine courbée et nuque brisée, ce serait un progrès indéniable qui nous sortirait du ressentiment et de la désunion. Essayons de vivre debout, pour que plus personne n’ait à mourir à genoux.

Post Scriptum, 27 de juny del 2020.

Segons informa avui Le Monde, la Universitat de Princeton ha retirat el nom de Woodrow Wilson d’une de les seves escoles al·legant que durant el seu mandat presidencial (1913-1921) va permetre als estats del Sud practicar la segregaió racial. En res han tingut en compte la seva decisió contribució a la desfeta d’Alemanya a la primera Guerra Mundial ni la declaració que porta el seu nom sobre el dret dels pobles a l’autodeterminació, vigent encara.

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