Llibres (CCVI)

“L’émancipation promise”, Pierre-André Taguieff, Les Éditions du Cerf, 2019, París.

El polifacètic intel·lectual francès Pierre-André Taguieff, s’endinsa en aqueix nou assaig en la idea d’emancipació humana tal com ha anat evolucionant a partir de la Il·lustració i la Revolució francesa fins arribar als nostres dies en una cerca permanent i inassolible: l’autonomia personal dins un context universal de llibertat col·lectiva apte per a tota la humanitat. L’autor contraposa l’anhel global d’emancipació total envers els valors concrets que cal sacrificar en aqueix procés més o menys traumàtic segons les ideològies (socialisme, comunisme, liberalisme) i les formes organitatives emprades per arribar-hi (dictadura del proletariat, revolució socialista, reformisme social). Les identitats personals i nacionals, l’arrelament social i territorial, el sentit de la continuïtat, les memòries individuals i col·lectives, les tradicions jurídiques i culturals. L’home nou alliberat de tots els condicionants familiars i socials contraposat a l’home concret fet de la conjunció i la pròpia transformació d’aqueixos mateixos elements que l’envolten.

La religió del Progrés basada en la creença que la humanitates pot perfeccionar millor i més ràpidament si es desfà de les rèmores del passat i de tot condicionant present ha legitimat la destrucció material i moral de societats senceres per tal de fer possible l’alliberament promès: “Ma critique ne porte donc pas tant sur l’émancipation comme telle que sur ses usages politiques et les formes de son ideologisation, voire de sa mythologisation, disons l’émancipationisme” (pàgina 18). Distingeix netament entre l’esperit de revolta d’Albert Camus i el dels Indignats a l’estil Stéphane Hessel i els professionals de la insubmissió buida de contingut com Jean-Luc Mélenchon. També critica que: “Le culte de l’émancipation semble être l’un des piliers de la culture del élites culturelles et intellectuelles. En le pratiquant, on accède, sans le savoir, au stade suprême de l’individualisme, dans lequel l’idéal de l’individu sans attaches fusionne avec celui de l’authenticité personnelle” (pàgina 14). Taguieff analitza el desplegament d’aqueix neo-progressisme sense fi a la França contemporània, ja sigui en la versió anticapitalista i altermundialista, ja sigui en la versió abstracta (ni dreta ni esquerra) del macronisme.

Però el capítol que més m’ha impactat és el que dedica a “L’émancipation et la question juive selon le jeune Marx” analitzant un opuscle escrit l’any 1843 on apareix el nucli dur de la teorització marxista de la judeofòbia en aqueixos termes: el fons de la judeïtat és l’interès personal per cobrir les necessitats pràctiques, essent el marxandatge el culte dels jueus i el seu Déu el diner. A partir d’aqueixa percepció elabora la noció d’alliberament lligant-la a l’abolició de la dominació del diner i de l’esperit pràctic jueu i l’interès privat, escriu el jove Marx. Amb aqueixes pretensions derivades de l’auto-odi propi dels jueus assimilats, Marx esdevé el primer teoritzador de l’antisemitisme jueu no religiós, ja que conclou que l’emancipació de la humanitat no pot realitzar-se sense la desaparició de la judeïtat que impregna les societats capitalistes.

Escriu Taguieff: “L’élément juif à suprimer est donc multidimensionnel: il s’agit tout à la fois de la religion qu’est le judaïsme, de son fondement psychologique, social et économique qu’est l’intérêt personel, l’égoïsme et le besoin pratique (ces deux expressions étant toujours couplées par Marx), de l’objet réel de son culte: l’argent, et la pratique sociale typique du Juif: le trafic ou le marchandage (Schacher)” (pàgina 229). El jove Marx creu el capitalisme irreformable i proposa la eva destrucció per la violència revolucionària i aqueix pensament impregnarà la trajectòria de nombrosos jueus (Róza Luksembug, Trotski) que sacrificaran la pròpia identitat en pro de la causa del socialisme que durà a un món sense religions ni nacions. Hi afegeix una brillant referència a Chomsky, (pàgines 274 a 281), a qui atribueix una versió minimalista de la doctrina de l’emacipació (el dret de tothom a controlar la seva pròpia vida) i a qui retrata dient que “fut un grand linguiste, est un bien piètre penseur”. En resum, Marx iventà la versió abtracta progressista i internacionalista de l’odi (auto-odi) contra el jueus.

Al llarg d’un segle i mig, “l’utopie communiste oscille entre l’idéal d’une vie heures dans l’absence totale de conyraintes et celui de la maîtrise totale du devenir humain. Entre un eudémonisme libertaire et un prométhéisme révolutionnaire. Sur fond d’universalisme égalitariste: le chant de sirènes communiste suggère que tous les hommes (femmes comprises) sont voués au bonheur et à la position souveraine. Ses adeptes enthousiastes r<èvaient de faire naître l'"homme total", ou au moins un homme "amélioré" dans une société "meilleure". Ils ont engendré l'homme-masse. Et provoqué l'apparition d'une nouvelle caste dominante de profiteurs et d'exploiteurs. Rien ne permet d'imaginer qu'un autre communisme soit possible" (pàgina 271).

L'assaig acaba sense proposar remeis a les derives que critica, només suggereix la vàlua del principi de continuïtat dels pobles i les identitats en les quals les persones individuals es reconeixen i desenvolupen en la mesura que les condicions -vaiables però sempre existents- raonablement ho permeten

Post Scriptum, 19 de juny del 2020.

El filòsof Michel Onfray publica a Le Figaro un breu però punyent article titulat “La gauche acéphale”, on assenyala el pensament de Marx contraposat al de Proudhon a l’orígen enllaçant amb l’assaig de Pierre-André Taguieff:

l y eut une guerre franco-allemande perdue par la France dont on ne parle pas: c’est celle qui a opposé l’idéaliste Marx au pragmatique Proudhon.

Marx a bien sûr gagné ce combat. Il eut un allié de poids avec Lénine puis Staline, qui ont appliqué la théorie communiste sur une grande partie de l’Europe. Je sais que les dévots du concept estiment que le goulag n’était pas chez Marx, mais la légitimation de la violence s’y trouve. Or, le goulag n’est jamais que l’une des formes prises par cette violence.

Les intellectuels ont été nombreux à souscrire à la fable marxiste au XXe siècle, car elle réjouit leur goût pour les idées, les concepts, les mots, le verbe, la rhétorique, la dialectique, la sophistique. L’idéalisme marxiste a dominé la vie intellectuelle française pendant la moitié d’un siècle, jusqu’en 68. Car le mois de mai enterre cette vieille gauche portée par Sartre en France au profit d’un gauchisme structuraliste incarné par Foucault et quelques autres. Le vieux marxisme à la papa s’est effondré comme un château de cartes: la lutte des classes, l’avant-garde éclairée du prolétariat, la dictature de ce même prolétariat, le centralisme démocratique, la violence accoucheuse de la révolution, tout cela s’est trouvé jeté dans les poubelles de l’Histoire.Le structuralisme annonce, avec force démonstrations obscures, qu’il existerait des structures invisibles, indicibles, ineffables qui gouverneraient tout ce qui est !

Pour Marx, il n’y avait ni Noirs, ni Jaunes, ni Blancs, ni juifs, ni chrétiens, ni musulmans, ni hommes ni femmes, ni hétérosexuels ni homosexuels, mais des bourgeois exploiteurs et des prolétaires exploités.

Avec quelques-uns, Foucault incarne le structuralisme qui fournit son idéologie au nihilisme contemporain. Le structuralisme annonce, avec force démonstrations obscures, qu’il existerait des structures invisibles, indicibles, ineffables qui gouverneraient tout ce qui est! Exit l’Histoire, vive le règne des Idées pures.

Tous les structuralistes reviendront de cette expérience car elle s’est avérée philosophiquement une impasse. Mais leur vie a continué outre-Atlantique. Ils ont été traduits aux États-Unis. Or, des textes fumeux en français traduits en anglais ne gagnent jamais en clarté, il s’y joint même une dose supplémentaire d’obscurité. Ajoutons à cela les gloses de professeurs qui rendaient plus incompréhensibles encore les thèses que ces auteurs français avaient eux-mêmes déjà abandonnées depuis une dizaine d’années.

près mai 1968, l’Histoire européenne a contribué à rendre plus caduc encore l’arsenal conceptuel marxiste: abandon du socialisme par Mitterrand en 1983, précipitation de ses alliés communistes dans cette aventure, chute du mur de Berlin en 1989, fin de l’Empire soviétique en 1991: la gauche française ne pouvait plus regarder vers Moscou pour penser – sauf à méditer sur des ruines et des décombres.

Elle a donc tourné son regard vers l’ouest et, fascinée par les campus américains, elle a demandé du contenu idéologique aux néostructuralistes qui avaient dépassé le marxisme dogmatique au profit du gauchisme culturel. De sorte que ce qui fut une mode française, le structuralisme, est redevenu à la mode en France, un demi-siècle après sa mort, sous le nom de… French Theory!Le prolétaire n’est plus l’acteur de l’Histoire, il est sommé de laisser sa place aux minorités : il ira se consoler de ce congédiement théorisé par Terra Nova chez les Le Pen

Cette théorie française, si peu française après qu’elle fut passée par les moulinettes de la traduction et de la glose universitaire, critique, entre autres: la raison occidentale, la possibilité d’une vérité, le «phallogocentrisme» pour utiliser le concept de Derrida qui dénonce ainsi le pouvoir des discours du mâle blanc occidental, les processus démocratiques du débat et de la décision, la séparation des sexes, l’écriture de l’Histoire par les Occidentaux.

En même temps, elle adoube les marges comme des centres: les homosexuels, les transgenres, les femmes, les Noirs et les Maghrébins, les immigrés, les musulmans, mais aussi, ce sont les sujets de prédilection de Foucault, les prisonniers, les fous, les hermaphrodites, les criminels, sinon, ce sont là les héros de Deleuze, les drogués ou les schizophrènes. Dès lors, le prolétaire n’est plus l’acteur de l’Histoire, il est sommé de laisser sa place aux minorités: il ira se consoler de ce congédiement théorisé par Terra Nova chez les Le Pen.

La gauche marxiste monolithique, perdue après la mort de Marx et de son empire, a laissé place à une gauche moléculaire. La première visait l’universalisation de sa révolution ; la seconde, la généralisation du communautarisme. L’ancienne faisait peur au capital, la seconde le réjouit: en détruisant les nations, les peuples, les pays et les États, elle accélère le mouvement vers un gouvernement mondial qui sera tout, sauf de gauche. Les Gafa y travaillent déjà.

Post Scriptum, 2 d’octubre del 2020.

Pierre-André Taguieff és entrevistat avui per Le Figaro desenvolupant i actualitzant les seves reflexions sobre la ideologia del progrès: «Feux et failles du progrès, la grande désorientation à gauche».

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