Sobre Yoram Hazony i les virtuts del nacionalisme

Fent recerca sobre la controvèrsia entre nacionalisme i post-nacionalisme he trobat la referència d’un llibre publicat al setembre de l’any passat als Estats Units escrit perYoram Hazony, un professor de filosofia política israelià , que ha destacat arran de l’assaig “The Virtue of Nationalism” (Basic Books, 2018) el resum editorial del seu contingut diu així: “In The Virtue of Nationalism, Yoram Hazony contends that a world of sovereign nations is the only option for those who care about personal and collective freedom. He recounts how, beginning in the sixteenth century, English, Dutch, and American Protestants revived the Old Testament’s love of national independence, and shows how their vision eventually brought freedom to peoples from Poland to India, Israel to Ethiopia. It is this tradition we must restore, he argues, if we want to limit conflict and hate–and allow human difference and innovation to flourish.”

Les crítiques no es van fer esperar i així l’1 de novembre Alex Nowrasteh li dedicava un demolidor comentari des d’un think tank anomenat Cato Instutute: Ridiculous Claims in Yoram Hazony’s The Virtue of Nationalism”. Per contra, Brad Littlejohn publicà el proppassat 3 de juliol l’article “In Defense of Nationalism: Notes on Yoram Hazony and is Critics”, al portal Mere Orthodoxy.

A Europa ha tingut poca acollida aqueix assaig i només Le Figaro va entrevistar l’autor el 20 de desembre de l’any passat: “Les nouveaux universalistes vouent aux gémoines l’indépendance nationale”.

Mentre espero opinar personalment sobre aqueix assaig em refio del parer del politòleg nord-americà Daniel Pipes que n’ha fet aqueixa ressenya publicada en versió francesa al seu bloc personal el proppassat 4 d’aqueix mes: “Oui au nationalisme, non à l’impérialisme“:

Le livre contre-intuitif et époustouflant de Yoram Hazony, The Virtue of Nationalism (Basic Books, « La vertu du nationalisme ») rectifie une erreur aussi banale que colossale. Il affirme que la monstruosité du nazisme est le résultat non pas du nationalisme mais de l’impérialisme. Hitler aspirait non pas à faire la grandeur de l’Allemagne sur le plan de l’éducation, de la justice et de l’industrie mais à créer un empire (Reich) millénaire et à conquérir le monde.

Ce fait évident pour tout le monde pendant la Seconde Guerre mondiale, a été perdu de vue très tôt après car les Allemands de l’après-guerre, notamment le chancelier Konrad Adenauer (en fonction de 1949 à 1963), croyait que la diabolisation du nationalisme et la transformation des Allemands en Européens modèles contribueraient davantage à la normalisation de leur pays et à l’empêchement de toute nouvelle tentation allemande de conquête brutale. Ou, pour reprendre la formulation plus directe de Hazony, les Allemands ont décidé de poursuivre leur rêve impérialiste non pas par l’invasion mais par ce procédé plus élégant qu’on appelle aujourd’hui Union européenne (UE).

Avec une rigueur constante, l’auteur fait la distinction entre un nationalisme vertueux (« les nations sont aptes à tracer leur route en toute indépendance ») et un impérialisme pernicieux (« un État impérial est toujours un État despotique »). Sur le plan historique, des États aussi mornes et tristes que l’Empire romain ou l’Espagne impériale ont charrié avec eux l’oppression et la régression. À l’heure actuelle, l’impérialisme est endémique. L’exemple le plus évident est la Chine dont la prospérité permet à Xi Jinping de nourrir des ambitions planétaires à l’instar de la Russie et de l’Iran.

De façon moins évidente, l’impérialisme libéral jouit d’un attrait important en Occident. Il englobe le « nouvel ordre mondial » de George H. W. Bush, la « nation indispensable » de Madeleine Albright, la campagne de George W. Bush en faveur du « progrès de la liberté » ainsi que le « leadership américain » de Barack Obama. Dans une analogie historique frappante, Hazony compare les ordres impériaux en puissance de l’Europe et de l’Amérique à ceux du pape et du Saint Empire romain : alors que l’Europe, comme autrefois la papauté, prétend à une prééminence morale, l’Amérique, comme jadis le Saint Empire, se targue de sa puissance militaire.

Selon l’auteur, les institutions et organisations internationales dotées d’idéaux abstraits et universalistes sont par nature impérialistes même quand elles prennent subtilement des formes anodines et dénuées d’aspects militaires. Pas moins que l’impérialisme ouvertement agressif, ce qu’Hazony appelle la construction libérale du monde répand le dogmatisme, le fanatisme, la haine et l’intolérance.

En revanche et comme l’indique le titre de son livre, Hazony tient à débarrasser le nationalisme de sa mauvaise réputation actuelle. Il défend l’idée selon laquelle « un monde composé d’États nationaux indépendants constitue le meilleur ordre politique auquel on puisse aspirer. »

Dans cet ordre politique, la religion joue un rôle central. Les idées trouvent leur origine dans la Bible hébraïque et leur réalisation dans ce qu’il appelle la construction protestante établie aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Dans ces pays, une cacophonie de voix divergentes en concurrence les unes avec les autres a conduit dans tous les domaines de l’activité humaine, à une amélioration qui a suscité l’excellence dans les arts et les sciences et créé une prospérité sans précédent ainsi qu’un ensemble de libertés sans équivalent.

Les Américains doivent comprendre aisément les bienfaits du pluralisme puisque, c’est bien connu, les 50 États des États-Unis fonctionnent comme autant de laboratoires de la démocratie. Il en va de même pour les 44 États souverains d’Europe où quand l’un d’eux réalise une avancée positive (comme la tolérance religieuse), les autres tendent à l’imiter alors que les idées déplorables (comme l’accueil incontrôlé d’un million de migrants non-européens) sont rejetées. « Ce n’est qu’au travers des expériences nationales multiples que nous pouvons apprendre, au fil du temps historique, ce qui fonctionne mieux dans les faits. »

Considérant les États nationaux comme vulnérables, Hazony voit d’un bon œil le retour au nationalisme qu’illustrent le Brexit, Donald Trump, Jair Bolsonaro et les civilisationistes. Il voit cela comme une révolte populaire nécessaire contre la construction libérale, comme la manifestation d’un nationalisme de bon sens de la part des masses contre l’impérialisme intéressé des experts. Ce phénomène se développe également dans des pays non-occidentaux comme l’Arabie saoudite, où le prince héritier Mohammed ben Salmane tente d’abandonner la voie impérialiste de l’islam wahhabite.

En tant qu’Israélien, Hazony porte tout naturellement un intérêt particulier aux conséquences de ces phénomènes dans son propre pays, un petit État anti-impérialiste. Il met en lumière un syllogisme répandu mais erroné : 1) le nationalisme a provoqué Auschwitz ; 2) Israël est, en raison de ses recours fréquents à la force militaire, le pays le plus nationaliste d’Occident ; par conséquent 3) Israël est le pays occidental le plus dangereux et le plus proche du nazisme. Une telle logique explique les résultats de l’Eurobaromètre de 2003 – autrement inexplicables – qui a établi qu’Israël constituait de loin la menace pour la paix la plus importante au monde (avec les États-Unis au deuxième rang à égalité avec l’Iran et la Corée du Nord). Une perception juste du nationalisme israélien contribuerait merveilleusement à améliorer la réputation du pays.

Hazony a produit un livre fouillé, convaincant et qui vient à point nommé. Son idée maîtresse – oui au nationalisme et non à l’impérialisme – mérite d’être prise sérieusement en considération et suivie d’une mise en pratique. Comme la distinction des deux ordres est bien moins évidente qu’on pourrait le penser, The Virtue of Nationalism pourra servir de modeste manuel dans cette bataille de longue haleine.

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