La Xina, el Vaticà i Taiwan

El Nacional, com la premsa d’arreu del món, anuncia avui el preacord entre la República Popular Xina i l’Estat del Vaticà per regularitzar l’organització i les activitats de l’església catòlica a la Xina comunista després de dècades de conflicte. De fet, coexisteixen, superposades, la jerarquia nomenada pel govern xinès i la comunitat de creient fidels a Roma i als seus bisbes autoproclamats al marge del Vaticà. A partir de l’acord d’avui el Papa podrà nomenar bisbes entre els clergues prèviament autoritzats per l’Estat, una claudicació de l’església davant el poder polític que la premsa del règim presenta com un gran èxit de Roma, quan realment és el contrari. L’Osservatore Romano titula el seu editorial grandiloqüent, “Una fecha en la historia“.

Hom calcula que una dotzena de milions de ciutadans xinesos són catòlic, una xifra difícil d’establir ateses les condicions de clandestinitat en les quals han de viure la fe cristiana els súbdits del règim del món més bel·ligerant contra tota mena de religions per tal d’imposar l’ateisme oficial. Un dogma que encobreix el propòsit de la dictadura per evitar tota mena d’organització cívica, ètnica o religiosa al marge de les estructures controlades per l’Estat.

L’actitud d’obertura aparentment mostrada pel règim de Pequín envers l’església catòlica cerca dos objectius: contrarestar les crítiques occidentals per la massiva repressió dels musulmans uigurs i escanyar encara més l’encerclada Taiwan obtenint del Vaticà l’acatament el principi expansionista de la Xina única en vistes al centenari de la presa del poder pel Partit Comunista Xinès l’any 2049.

Una interpretació crítica de l’acord signat avui la dóna el digital catòlic francès La Croix: “Les catholiques clandestins chinois se sentent oubliés”:

Après l’accord « provisoire » conclu le 22 septembre entre Rome et Pékin sur la nomination des évêques de Chine, et dans un contexte de répression des religions en Chine, les communautés « clandestines », qui pourraient représenter 30 % des 12 millions de catholiques chinois, vont se sentir plus isolées, voire oubliées de Rome.

Une bonne partie des catholiques clandestins chinois vont accueillir avec bienveillance l’accord sur la nomination des évêques signé entre Rome et Pékin », réagit le père Kim-Kwong Chan, chercheur à l’Université de Hong Kong et spécialiste des religions en Chine. « La dizaine de leurs évêques sera reconnue par le régime chinois, obtiendra un statut officiel et les responsabilités qui vont avec au sein de leur diocèse », poursuit cet universitaire qui a sillonné toutes les provinces de Chine depuis plus de 30 ans.

Au-delà de cette reconnaissance officielle, les fêlures du passé, les contextes géographiques et historiques et le vécu de certaines communautés du catholicisme « souterrain » – ou « clandestin » – risquent toutefois de provoquer des désaccords, de nouvelles tensions, voire des conflits.

Une minorité réprimée

Dans l’immense Chine, l’univers catholique est minuscule avec ses 12 à 14 millions de personnes fidèles sur plus d’un milliard et demi d’habitants. Les communautés dites « officielles » ou « clandestines », éparpillées dans les provinces du nord, du centre ou du sud, ont chacune leur histoire, même si localement, autorités politiques, clergé, épiscopat, fidèles, tout le monde se connaît.

Les situations de vraie clandestinité sont difficiles à vivre sous un régime politique de plus en plus répressif contre toutes les religions. L’arrestation pendant 24 heures, au printemps 2018, de Mgr Vincent Guo Xijin, 59 ans, évêque de Mindong (province du Fujian), ordonné par Rome mais pas par Pékin, illustre déjà les tensions pouvant exister au sein même de l’Église catholique, ainsi que vis-à-vis des autorités politiques et policières locales.

Le statut et la situation de Mgr Guo étaient au cœur des discussions entre Rome et Pékin. Le Vatican lui avait en effet demandé, comme à un autre évêque « clandestin », de céder sa place à un évêque nommé par le régime, Mgr Vincent Zhan Silu, et d’être rétrogradé au poste d’évêque auxiliaire.

En refusant de concélébrer la messe de Pâques avec Mgr Zhan, Mgr Guo n’a fait qu’exprimer son désaccord avec les autorités, suivi en cela par ses fidèles qui ont toujours refusé de communier avec un prêtre ou un évêque non reconnu par Rome. « Ce clivage demeure très fort au sein de nombreuses communautés catholiques – qui pourraient représenter jusqu’à 30 % des fidèles catholiques de Chine – qui ont toujours refusé l’autorité politique communiste », témoigne un prêtre chinois basé à Hong Kong qui a demandé à conserver l’anonymat pour raisons de sécurité.

« L’accord entre Rome et Pékin risque de les radicaliser encore plus, et de marquer une plus forte rupture à l’intérieur de l’Église catholique de Chine, alors qu’elle s’était atténuée depuis plusieurs années. Certaines communautés vont se sentir délaissées et oubliées par Rome » ajoute-t-il.

Réintégrer tous les évêques ?

Pour le père Kim, « le Vatican aura à gérer ces fractures directement avec ces communautés avec lesquelles des contacts existent, pas avec le gouvernement chinois. Rome saura les convaincre de l’intérêt de cet accord dans l’intérêt futur de l’Église de Chine ».

Reste que Rome ne peut visiblement pas tout contrôler, puisqu’un certain nombre d’évêques, trois ou quatre, auraient été consacrés secrètement avant 2007 lorsque les dispositions spéciales accordées par Rome aux évêques chinois ont été révoquées par Benoît XVI. Ces évêques auraient à leur tour consacré d’autres évêques sans que le pape ne donne son assentiment.

Dans l’esprit d’une grande partie des catholiques « fidèles à Rome » à tout prix, et qui considèrent pratiquer « la vraie foi », il est inconcevable d’imaginer que le pape réintègre dans la communion de l’Église ces sept évêques « officiels » nommés par Pékin sans faire de même pour les évêques « clandestins » qui ont été ordonnés sans mandat pontifical.

Enfin, les communautés « clandestines » visibles, qui partagent ouvertement des églises « officielles » où sont nommés des prêtres « officiels » (mais fidèles à Rome), craignent de ne plus pouvoir pratiquer librement avec l’accord tacite et bienveillant de ces prêtres ou évêques dits « officiels » mais qui les accueillent dans leur paroisse.

« Nous savons que ces prêtres sont clandestins, hors paroisse, avec des fidèles qui ne veulent que d’eux comme célébrants, témoignait dans La Croix, il y a deux ans, un prêtre de la province du Shanxi, mais je préfère leur ouvrir les bras car je considère que nous faisons partie de la même Église, sainte, catholique et apostolique ». Dans le contexte de répression actuelle en Chine, ces réalités fraternelles risquent d’être de plus en plus difficiles à vivre.

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