Àustria, el cor de Mitteleuropa

Mitteleuropa és la denominació germano-cèntrica de l’espai polític i cultural centreeuropeu que ve de lluny històricament i que ara reneix coincidint amb la crisi d’identitat i de projecte de la Unió Europea. Àustria se situa al cor d’aqueix espai geopolític que inclou estats eslaus i balcànics, i evidentment Hongria, i el nou canceller autríac, Kurz, està disposat a liderar l’emergent posició del país en múltiples dimensions: retornar a Viena un paper capital en el trellat de ciutats germàniques (Berlín, Frankfurt, Zuric), enllaçar les posicions del grup de Visegrad i Alemanya al si de la UE, fer de barrera a l’expansió turca, i internament, reconciliar-se amb la component jueva de la seva història i fer costat a Israel en la política internacional.

En relació a aqueixos dos darrers aspectes, Manfred Gertenfeld (tan sovint esmentat a aqueix bloc pel rigor argumental dels seus escrits) va publicar ahir al digital Jewish Forum en versió francesa una semblança ben documentada de la visita del president austríac a Israel: “Autres dimensions de la visite du chancelier Kurz en Israël“:

On a accordé bien trop peu d’importance à la première visite de Sebastian Kurz en tant que chancelier autrichien en Israël. Cet homme politique âgé de 31 ans est le dirigeant du Parti du Peuple Autrichien (ÖVP)[1] de centre-droit. Si ses déclarations et actions étaient représentatives de toutes celles des chefs de file de pays européens visitant Israël, cela voudrait dire qu’Israël aurait alors grandement amélioré ses relations avec l’Union Européenne [ce n’est, hélas, pas le cas].

A Yad Vashem,Kurz a admis la lourde responsabilité de l’Autriche et des Autrichiens dans “les crimes éhontés commis durant la Shoah[2]“. Il a aussi consacré une visite privée au Mur Occidental (Kotel)[3].

Le Parti populiste de la Liberté d’Autriche (FPÖ), le partenaire en second de l’ÖVP a dû partager la position de Kurz contre l’antisémitisme, s’il voulait pouvoir se joindre au Gouvernement[4]. Cependant, Israël ne maintient de contacts qu’avec les officiels des Ministères contrôlés par le FPÖ, puisque le Parti a des racines néo-nazies[5].

Au cours de sa visite, Kurz n’a même pas réclamé qu’Israël établisse des contacts avec les ministres FPÖ. C’était un beau geste[6]. Le boycott qu’Israël exerce à leur encontre peut se justifier, de la même façon que l’Etat ne reçoit pas la Ministre socialiste suédoise des Affaires étrangères, Margot Wallström, qui est une antisémite à mi-temps et une incitatrice à la haine anti-israélienne impénitente[7]. Ce serait aussi une analyse comparative intéressante d’évaluer les positions respectives du dirigeant du FPÖ Heinz Christian Strache et du Président du Parti Travailliste britannique Jeremy Corbyn, au sujet de l’antisémitisme[8].

Kurz n’a pas mentionné explicitement l’antisémitisme musulman, mais dit : “Je peux vous assurer que l’Autriche combattra toutes les formes d’antisémitisme en Europe avec détermination, qu’il s’agisse d’antisémitisme déjà préexistant ou d’antisémitisme nouvellement importé[9]“. L’Autriche détiendra la prochaine présidence tournante pour six mois de l’Union Européenne. Kurz a promis à Jérusalem que durant cette période également, il fera un effort pour que l’Europe prenne “plus au sérieux les besoins spéciaux de sécurité d’Israël[10] “. Les déclarations de Kurz sont d’autant plus importantes, parce qu’il vise un meilleur profil pour l’Autriche au sein de l’U.E que beaucoup de ses prédécesseurs.

L’Autriche, étant devenue partie intégrante de l’Allemagne en 1938 (annexion), n’avait pas seulement la volonté de participer à la Shoah. Beaucoup de ses dirigeants d’après-guerre ont gravement déformé l’histoire du pays, en présentant le pays comme la première victime du Nazisme allemand[11]. Il s y ont été aidés par les fausses déclarations des Alliés disant que l’Autriche était la première victime d’Hitler[12]. Il reviendra, plus tard, au Chancelier autrichien Franz Vranitzky, qui était le dirigeant du parti socialiste (SPÖ), de dire la vérité en 1991, pour la première fois et de présenter les excuses de son pays aux survivants[13].

L’un des plus grands scandales d’après-guerre en Autriche a été généré par Aloïs Mock, un ancien dirigeant de l’ÖVP. Il a proposé la candidature de l’ancien Secrétaire Général de l’ONU Kurt Waldheim aux élections présidentielles autrichiennes de 1986. On savait alors déjà que son candidat avait appartenu à l’organisation étudiante nazie et faisait parti des cavaliers d’une organisation paramilitaire nazie, la S.A. Waldheim minimisait les faits. Le dirigeant socialiste et chancelier autrichien de l’époque, Fred Sinowatz, déclarait : “Je prends note que Waldheim ne faisait pas partie des S;A – Il n’y a que son cheval qui en faisait partie[14]“.

Waldheim a laissé dans l’ombre des éléments cruciaux de son service en temps de guerre, dans sa biographie[15]. Au cours d’une certaine période, il a occupé le rang d’adjudant sous l’autorité du Général autrichien Alexander Löhr en Yugoslavie, qui a été exécutée en 1947 en tant que criminel de guerre.[16]

Waldheim n’a pas non plus mentionné son poste à Thessalonique, au cours de la période où la vaste population juive y a été encerclée et envoyée dans les camps de la mort. Il a même plus tard, déclaré qu’il n’y avait rien remarqué de ce fait – irréfutable. Quoi qu’il en soit, Waldheim a été élu parle peuple autrichien. Au cours de sa présidence, il s’est souvent exprimé au sujet des valeurs et de la morale [deux notions qui lui échappaient totalement].

Les problèmes d’après-guerre concernant les Juifs en Autriche ne se sont pas limités à l’ÖVP. Le chancelier socialiste, Bruno Kreisky, a été à l’avant-garde de la réhabilitation d’anciens Nazis[17]. C’était aussi un Juif animé de la haine de soi, qui disait que si les Juifs formaient un peuple, ce ne pouvait être qu’un peuple hideux[18]. Tout cela donne une toute autre dimension aux positions radicalement différentes exprimées par Kurz.

Il y a encore un autre aspect qu’on devrait tout autant mentionner. Le Congrès Juif Mondial (WJC) a mené la campagne contre Waldheim et a été responsable de nombreuses révélations sur son passé. Cette petite organisation – gravement calomniée par Mock – a mené une campagne magistrale[19] [20]. Le WJC a, plus tard, réussi à obtenir que Waldheim ne soit plus autorisé à entrer aux Etats-Unis. Il n’a pas non plus été invité par d’autres pays occidentaux au cours de sa présidence[21].

Cependant, en 1994, on a laissé fuité que le Pape Jean-Paul II a décoré Waldheim, catholique, de l’ordre de la Chevalerie Papale. Plutôt que de lui la remettre lui-même et d’assumer, l’acte a eu lieu de façon furtive, par le nonce apostolique, l’archevêque Donato Squicciarini. Le Washington Post a écrit : cette distinction peut difficilement être interprétée comme un simple écart, de la part du Vatican.

En revenant à l’époque où le Président autrichien était ostracisé par la majorité de la communauté internationale le Vatican n’était rejoint que par certains pays arabes et communistes dans ce traitement de faveur envers Waldheim, comme s’il n’était qu’un chef d’Etat parmi tant d’autres. Pour le pape, honorer un tel homme déshonore à la fois le pape lui-même et le Vatican[22]“.

En définitive: la campagne réussie du WJC contre Waldheim contraste grandement avec les fréquentes maladresses des actions du gouvernement israélien contre ses détracteurs.

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