Klod Frydman: “Templiers, francs-maçons et nazis en Palestine”

Kold Fryman és un blocaire franco-israelià, jubilat i erudit, que publica aportacions de caràcter històric sobre el domini britànic de Palestina i l’Estat d’Israel. Ahir va oferir una visió introductòria sobre tres moviments entrellaçats presents al domini otomà i posteriorment anglès durant la primera meitat del segle XX:

Peut-on aborder la participation arabo-musulmane au mouvement national-socialiste, et les liens entre la résistance antisioniste et les organisations nazies et néo-nazies ?

Et peut-on le faire sans évoquer les acteurs essentiels que furent les templiers, les francs-maçons et sans parler du rôle de l’Allemagne nazie.

Les templiers

Le projet de la Société des Templiers [1], secte d’origine germanique (Tempelgesellschaft ) était messianique, le retour aux sources du christianisme, la création de colonies agricoles en Terre Sainte et la conversion des Juifs pour que le Messie revienne.

Ils se sont implantés en Palestine ottomane, à Tel Aviv (Sarona), Haïfa et Jérusalem (Moshava Germanit), Wilhelma (Bnei Atarot), Bethléem de Galilée [2], Waldheim (Alonei Abba) et Valhala près de Mount Hope. Peu nombreux mais très actifs et travailleurs, ils ouvrirent des écoles d’agriculture et furent les premiers en Palestine à se servir de machines agricoles et à employer les engrais chimiques.

Au début des années 1930, la communauté des Templiers comptait environ 2500 personnes vivant en cercle fermé, parlant l’allemand, méprisant les Arabes qui mangeaient « le pain de la paresse » (das Brot der Faulheit) et détestant les Juifs qui menaçaient leur projet messianique dominateur et qui les supplantaient sur les plans agricoles et sociaux. Ils adhérèrent massivement au projet national-socialiste.

Les francs-maçons

Depuis 1860, la franc-maçonnerie était présente en Palestine ottomane. De nombreuses loges ont été créées, elles réunissaient les intellectuels et les responsables politiques juifs, musulmans et chrétiens qui réfléchissaient à l’avenir du pays et de ses habitants.

Dans les années 1930 en Allemagne, les francs-maçons humanistes furent persécutés et figurèrent parmi les premiers déportés. Avec quelques francs-maçons allemands, Léo Muffelmann, qui n’était pas juif, partit pour Jérusalem fonder plusieurs loges d’expression allemande et mettre à l’abri les patentes et documents des obédiences allemandes.

De retour en Allemagne, Müffelmann fut de nouveau arrêté, il mourut des suites des tortures infligées. C’est à partir des loges allemandes qu’il avait créées en terre d’Israël que la Franc-Maçonnerie fut reconstruite en Allemagne après la guerre.

Le nazisme en Palestine

En 1933, le SS Ernst Wilhelm Bohle créa les sections de l’étranger du parti nazi. Plus du tiers des Templiers en Palestine en étaient membres. Ils furent chargés de l’espionnage, le contrôle des populations allemandes, et le soutien des mouvements subversifs contre les ennemis de l’Allemagne.

Bohle établit les contacts des nazis avec les autorités arabes en Palestine mandataire. L’appui financier allemand au muftî el Husseini s’inscrit dans cette politique arabe qui trouvait une résonance dans le cadre de l’antisémitisme d’État allemand.

Islamisme militant – nazisme, un lien incontestable ?

Le sujet sent le souffre, il n’est pas politiquement correct. Pourtant le lien de parenté idéologique et de continuité entre le national-socialisme et l’islam militant est incontestable. Il remonte aux années 1930 et se poursuit jusqu’à nos jours.

Le nationalisme arabe ne se réduit pas à sa composante fascisante, mais cette dernière représente un élément fondamental pour comprendre la guerre interne à l’islam. Elle s’incarne aussi bien dans la guerre de l’islamisme contre les musulmans humanistes et modérés et contre l’Occident que dans la diffusion des thèses antisémites dans le sillage des méthodes de propagandes nazies.

C’est un facteur essentiel, bien que généralement occulté, de la perpétuation des conflits du Proche-Orient.

Amin el Husseini, le Grand muftî de Jérusalem

On ne peut pas concevoir le Proche-Orient d’aujourd’hui si on ne comprend pas le rôle du Grand Mufti de Jérusalem, Amin el Husseini (1896-1974). Il était l’héritier et le dirigeant d’un des plus importants clan palestinien de Jérusalem. Doté d’un grand sens politique, de charisme, d’une intelligence brillante et d’une impressionnante faculté de manipulation, il fut surnommé le Glaive de l’Islam. Il a été présent et influent dans tout le Proche-Orient de la première moitié du 20ème siècle.

Puis il gracia ce dernier, pensant ainsi calmer la situation. Pour tenter de se concilier les arabes tentés par l’Allemagne nazie, le Colonial Office [4] avait choisi de s’allier au clan Husseini [5] contre les sionistes et les clans palestiniens aux visions plus démocratiques. En 1920, le haut-commissaire anglais, Sir Herbert Samuel fit arrêter le franc-maçon Zeev Jabotinsky [3], organisateur des milices de défense juive, et Amin el Husseini, organisateur des émeutes.

Après la victoire des alliés en 1918 il change de camp et se met au service des Anglais. De retour en Palestine il a organisé les émeutes arabes qui firent au total plusieurs milliers de morts. Les principales sont le pogrom de Jérusalem en 1920 à l’occasion des festivités de Nabi Moussa, l’émeute de Jaffa en 1921 pour le 1er mai, les massacres de 1929 avec celui d’Hébron et la Grande Révolte arabe de 1936 à 1939. Mais les incidents étaient permanent, le pays vivait dans un état de guerre larvée.

Engagé en Turquie : pendant la première guerre mondiale il était officier d’artillerie dans l’armée turque. Basé à Smyrne, il a participé au génocide arménien. Malgré son jeune âge, 24 ans, sans qualifications religieuses et sans mandat électif, et bien qu’il fut l’organisateur des violences, sir Herbert Samuel le nomma Grand Mufti de Jérusalem à la place du consensuel député-maire de Jérusalem, Ragheb Nashashibi [6], franc-maçon, chef de la famille rivale, nationaliste palestinien modéré et humaniste. Il est manifeste que nommer Al Husseini à ce poste, avec tous les titres religieux qu’il accumulait, représentait une stratégie britannique pour transformer en guerre de religion la lutte nationaliste entre les Arabes et les Juifs[7] de la Palestine mandataire.

Les Britanniques, alors favorables à l’exclusion du sionisme, publièrent le Livre Blanc qui limitait les droits des Juifs et drastiquement leur immigration en Palestine. Les Anglais encouragèrent les Arabes à la violence[8]. La nomination d’El Husseini fut une catastrophe qui a laissé des traces jusqu’à aujourd’hui. Le muftî lança la rumeur qui accusait les Juifs de vouloir détruire les lieux saints musulmans (elle a toujours cours de nos jours). Il appela à la violence contre les juifs, les francs-maçons et les familles palestiniennes rivales. Ce fut la lutte des majlisin, les partisans du Mufti contre les mu’aridin[9], les opposants, dirigés par le clan Nashashibi. Les premiers bus sautèrent avec leurs passagers, des temples maçonniques furent incendiés, de nombreux francs-maçons arabes et juifs furent assassinés[10] par les Husseini, parmi eux Ahmed Nahif, Mohamed Saïd al-Chanti, Mustapha Darwish et Abraham Arwatz, Haïm Zelikow, Walter Mouftah, Jacob Eliahu Mizrahi. C’est à cette période que se forma un rapprochement entre les juifs et les arabes modérés qui formèrent les « Unités Nashashibi » appelées aussi « bandes de paix » (fasa’il al-salam). Elles furent désarmées par les Anglais et arrêtées[11].

Le clan Nashashibi qui comptait beaucoup de francs-maçons fut décimé. Le chef des bandes de paix, l’avocat Fakhri el Nashashibi, a été tué. Les hommes de main des Husseini pendirent et mutilèrent des francs-maçons arabes, laissant exposés leurs cadavres avec un écriteau « Vendu aux Juifs ». Les loges se mirent en sommeil pendant ces périodes de troubles qui firent 5 800 tués, 15 500 blessés et 112 condamnés à mort exécutés par les Anglais. Il faut noter que lors des émeutes, les véhicules arborant le drapeau avec la croix gammée se voyaient autorisés à traverser les zones contrôlées par les milices arabes. Les véhicules britanniques ou juifs étaient en revanche systématiquement mitraillés. La route entre Jérusalem et Jaffa, surplombée par des villages arabes hébergeant les milices, fut impraticable durant toute une période, sauf pour les Allemands.

La proximité était réelle et ancienne avec l’Allemagne. Les troupes impériales du Reich avaient combattu aux côtés des Turcs durant la Première Guerre mondiale dans la région de Palestine ottomane, et les sympathies réciproques subsistaient. Et, comme le montre une note du consul allemand de Jérusalem, il ne s’agit pas d’une instrumentalisation par les nazis du nationalisme arabe mais d’une véritable convergence idéologique. Le Muftî appela à l’insurrection après la mort dans des combats avec les forces britanniques de Izz-ed-Din al Qassam, prédicateur xénophobe affilié au clan Husseini. Les Britanniques réprouvèrent les violences contre les Juifs mais n’envisagèrent aucune mesure de rétorsion. Pour Husseini, le message signifiait qu’il n’y aurait pas de sanction à la poursuite des violences antijuives.

La plupart des clans palestiniens n’avait pas adhéré à la politique de confrontation armée des Husseini. Ils ont été mis au pas, avec l’aide des Britanniques, mais surtout en raison de l’appui de l’Allemagne nazie. Les méthodes du clan Husseini rejoignaient celles des nazis en ce qui concerne l’établissement d’une dictature répressive. Il ont expulsé avec la plus grande violence leurs adversaires au sein du camp palestinien. Du côté Palestinien, il y a plus de morts, de règlements de compte, d’assassinats que dans le combat contre les Juifs et les Britanniques. Des centaines de leaders appartenant à onze clans palestiniens furent assassinés par les Husseini. La charia fut été imposée avec rigueur, les comportements non-islamiques punis, tandis que les Frères musulmans en Égypte appelèrent au jihad en faveur d’Husseini… et à l’élimination du camp adverse des Nashashibi et de ses alliés, parmi eux les clans Khalidi et Dajani.

Pendant la deuxième guerre mondiale Amine al Husseini se rapprocha d’Hitler. Il le rencontra ainsi que de nombreux dignitaires nazis et fut nommé Premier Ministre du Gouvernement panarabique par le régime Nazi. Ses quartiers généraux étaient situés à Berlin. Il planifia la construction d’un camps de concentration à Naplouse, pour parfaire la Solution Finale et exterminer le Yichouv, la communauté juive de Palestine, avec l’aide du Reich. Ce plan ne vit pas le jour grâce à la défaite de Rommel à el Alamein. Il recruta plus de 20 000 soldats musulmans qui se livrèrent à des crimes de guerre en Bosnie[12]. Selon l’historienne Bat Ye’or, leurs atrocités « choquèrent même les Allemands. Femmes, enfants, vieillards furent tués à coups de hache, empalés, enterrés vivants, suspendus à des crocs de boucherie, ensevelis dans des fosses sous la chaux vive après avoir été sauvagement mutilés[13] ». On connaît les détails de plusieurs opérations communes montées par la Waffen SS et les réseaux palestiniens du Grand Muftî. Le plan Atlas[14] en octobre 1944 a rassemblé trois officiers SS allemands originaires de la Société des Templiers sous le commandement du major Kurt Wieland de Sarona et deux proches de El Husseini, Abdul Latif et Hassan Salameh.

Leur objectif était de collecter des renseignements dans la Palestine mandataire, transmettre les informations en Allemagne et recruter et armer des Palestiniens anti-britanniques, fomenter des tensions entre Juifs et Arabes. L’historien israélien Michael Bar-Zohar rapporte que l’objectif était aussi d’empoisonner les ressources en eau potable de Tel Aviv pour faire des dizaines de millier de victimes. Les archives du MI5[15] n’ont pas rapporté ce point mais cela ne prouve rien. Le plan a échoué, les participants ont été arrêtés. Après la guerre Amin el Husseini fut recherché pour crimes de guerre par la Yougoslavie et l’Angleterre. Il se réfugia en France, accueilli par le général de Gaulle comme réfugié d’honneur[16]. C’est peut-être ainsi que commença la politique arabe de la France. Puis malgré la surveillance dont il était censé faire l’objet, il partit tranquillement et gagna l’Égypte[17], sous un faux nom avec l’aide d’Hassan el-Banna, le fondateur des Frères Musulmans avec qui il entretenait une alliance fondée sur « leur haine commune des Juifs ».

Depuis la fin de la guerre, les Frères Musulmans maintenaient les liens du muftî[18] avec la Ligue arabe. En octobre 1946, Amin el Husseini, bien caché au Caire, a remercié le gouvernement français pour son hospitalité et l’approbation tacite à son évasion. En Égypte, se faisant passer pour un grand démocrate, il reprit ses activités criminelles, cette fois contre les Juifs et Israël. Les pays occidentaux portaient un grand intérêt au pétrole des pays arabes, le muftî devint un interlocuteur privilégié. Il a permis à de nombreux responsables nazis[19] (ils furent près de deux milles) de se réfugier dans les pays arabes et les a aidés à obtenir des postes importants dans l’armée, les industries militaires et la propagande[20]. Ils préparèrent avec lui un nouveau génocide juif.

L’influence du national-socialisme

L’exemple palestinien montre que l’apport du national-socialisme n’est pas seulement anecdotique ou symbolique, mais, au contraire, primordial dans la fondation des mouvements de masse nationalistes arabes. Les principales factions arabes qui incarnent jusqu’aujourd’hui la revendication anti-israélienne mais aussi djihadiste[21] sont issues des mouvements idéologiquement parents du nazisme. Ainsi, le Hamas vient des « Frères musulmans », fondée par Hassan al Banna, fervent partisan de l’Allemagne nazie, et le Fatah qui revendique toujours sa filiation avec le Muftî soutien du Führer dans sa lutte contre les Alliés et dans l’élimination du peuple juif. Si l’antisémitisme les rapproche, il assure également la visibilité idéologique et une convergence mutuelle de ces mouvements : l’encadrement d’anciens officiers SS des camps d’entraînement du FPLP en Égypte dans les années 1960 en témoigne.

Si l’on regarde la situation du Proche-Orient d’aujourd’hui, on ne peut que constater l’omniprésence de l’empreinte du Muftî el Husseini. L’antisémitisme a été une constante de son action, mais aurait-il pu être manipulé par Anglais et les Nazis ? Les Anglais ont toujours été particulièrement doués pour créer des situations inextricables. La complexité de leur politique au Proche-Orient a permis bien souvent au Mufti de se jouer de leurs contradictions. Amin el Husseini a réussi à se rendre incontournable. Grâce aux Britanniques, ses partisans ont pu dominer la société palestinienne sur les plans politique et religieux.

Quant à l’Allemagne nazie, a-t-elle utilisé le Muftî ou a-t-il pu au contraire manipuler les nazis ? Il y avait une telle convergence entre eux sur l’antisémitisme, la gouvernance et la vision d’une société future, qu’ils ne pouvaient qu’être alliés naturels. En dépit de la neutralité de nombreux Palestiniens, voire le soutien de certains à la population juive durant la guerre d’indépendance de 1947-1949, les élites politiques d’où sont issues les principales factions actuelles ont été marquées et formées par les discours et les méthodes issues de la collaboration avec le Troisième Reich. Les pro-nazis palestiniens ont éliminé ceux qui voyaient plus loin que le bout de leur kalachnikov : le roi Abdallah de Jordanie[22], Fakhri el Nashashibi, Saïd Hammami, Ezzedin Kalak, le docteur Issam Sartaoui, Abu Iyiad[23], Anwar el Sadate et tant d’autres partisans du dialogue.

Pour des raisons différentes liées aux politiques respectives d’Israël et des Palestiniens, de chaque côté, l’enseignement de l’histoire ignore le combat des clans palestiniens, en particulier celui des Nashashibi, Dajani et Khalidi (qui étaient nombreux aux côté des Juifs en franc-maçonnerie), contre les Husseini. Le rappeler, c’est reconnaître que Juifs et Palestiniens peuvent s’entendre et même combattre ensemble.

Notes

[1] Le nom de cette secte provient des Actes des Apôtres dans le Nouveau Testament, ceux qui suivent le Christ sont des « pierres vivantes » du temple de Dieu. Cela n’a pas de lien avec les Templiers du Moyen-âge.

[2] Devenu ultérieurement un moshav. Ce serait le véritable berceau de Jésus selon certaines hypothèses.

[3] Jabotinsky était l’organisateur de la défense juive. Il avait été initié en 1931 à la loge « Étoile Polaire » du GODF.

[4] Ministère chargé d’administrer les colonies britanniques.

[5] La société palestinienne est une structure tribale. C’est une hiérarchie basée sur la famille, le clan et la tribu. Les tribus étaient souvent rivales, pouvant aller jusqu’à la guerre. Globalement, face aux juifs, les tribus ont eu des attitudes différentes, les Husseini par exemple étaient antisémites et partisans du panarabisme et de l’hitlérisme, les Nashashibi étaient modérés et recherchaient le compromis, les Abu Gosh ont privilégié leurs terres que voulaient s’approprier les Husseini. Ils ont aidé le jeune état israélien. (Hélène Jaffiol – Slate, 24 mai 2012).

[6] Ragheb Nashashibi était favorable à une fédération jordano-palestinienne qui incluait le foyer juif. Il avait été initié à Barkaï le 26 avril 1914. Maire de Jérusalem entre 1920 et 1934. Il est décédé en 1951. Une rue de Jérusalem porte son nom, étrange coïncidence, au n° 15 de cette rue se trouve le consulat britannique.

[7] Cette stratégie avait déjà été employée par Lawrence durant la révolte Arabe, il avait choisi les Hachémites comme chefs, car ils étaient descendants du prophète (Les mémoires de Issa al-Issa – p.114).

[8] Journal du colonel Richard Meinertzhagen, ancien chef du service de renseignements britanniques au Caire, et plus tard principal représentant politique en Palestine et en Syrie.

[9] On appelait Majsilim les partisans du Mûfti de Jérusalem étaient appelés ainsi parce qu’ils dirigeaient le Suprême Conseil Musulmans al-majlis al-islami al-a’la, adepte du djihadisme. Leurs opposants, les Mu’aridin, partisans du Parti National de la Défense, nationalistes palestiniens modérés soutenaient le clan Nashashibi, ou les francs-maçons étaient nombreux.

[10] Roger Nicolet – Historique G.L. Palestine, 17.

[11] Le soutien britannique au muftî était réel : dès juin 1936, plus de 9 internés sur 10 du camp d’internement du Sinaï étaient membres du Parti de la défense, fondé en 1934 par le clan des Nashashibi, alors que les proches du clan Husseini étaient systématiquement relâchés.

[12] La croix gammée et le turban, La tentation nazie du grand muftî, documentaire diffusé sur Arte le 11 décembre 2012.

[13] Bat Ye’or, Juifs et chrétiens sous l’islam. Les Dhimmis face au défi intégriste, Berg international, 1994, pp. 209-210.

[14] Archives britanniques du MI5 (archives KV 2/400-402).

[15] Military Intelligence, section 5. Service de renseignement chargé de la sécurité intérieure du Royaume-Uni.

[16] Bien qu’Amine el Husseini fut considéré par le gouvernement français comme le cerveau de l’espionnage allemand dans tous les pays musulmans.

[17] Tsilla Hershco, Le grand mufti de Jérusalem en France : Histoire d’une évasion – Revue Controverses, no 1, mars 2006.

[18] Épisode rapporté par Tariq Ramadan rappelant que son grand-père a « préparé et organisé l’exil politique [de Husseini] en Égypte en 1946 ». – Tariq Ramadan, « Aux sources du renouveau musulman », p. 206, n. 60.

[19] Parmi lesquels Wolhelm Voss, le dr. Ernst Springer, le général Otto Remer, Aloïs Brunner, Otto Skorzeny, etc… Les archives du haut commandement de l’armée allemande saisies par les Alliés ont révélé que c’étaient les fonds mis à la disposition du Mufti par l’Allemagne nazie qui lui avaient permis d’organiser et de mener à bien la «révolte de Palestine» dans les années 1936-1939 (voir Paul Giniewski, De Massada à Beyrouth, une leçon d’histoire. Presses universitaires de France, 1983).

[20] https://www.europe-israel.org/2016/10/les-anciens-responsables-nazis-devenus-conseillers-de-chefs-detats-arabo-musulmans/

[21] Les écrits de Sayyid Qubt sont une référence djihadistes pour les mouvements islamiques radicaux tels le Hamas, Djihad Islamique, Daesh ou Al Qaïda. Mohamed Morsi, président égyptien élu en 2012 puis destitué en 2013 avait déclaré : « J’ai lu les écrits de Sayyid Qutb, j’y ai trouvé le véritable Islam ». La plupart des leaders des Frères Musulmans d’aujourd’hui sont des Qubtistes, partisans de son école du djihad.

[22] Le roi Abdallah a déclaré à Golda Meyer : « c’était la Providence qui avait dispersé le peuple juif à travers le monde occidental, pour lui permettre d’assimiler la culture européenne et de la rapporter au Moyen-Orient afin de redonner vie à cette partie du monde ». Golda Meir : Ma vie – Robert Laffont, 1975. Elle avait longuement négocié avec et noué avec lui une vraie amitié. Abdallah considérait qu’Husseini était l’ennemi commun. L’avenir a prouvé qu’il avait raison.

[23] Saïd Hammami, journaliste, représentant l’OLP en Grande Bretagne, il militait pour une solution à deux états. Il fut assassiné par Abu Nidal le 4 janvier 1978. Ezzedin Kalak assassiné à Paris le 3 août 1978. Issam Sartaoui, assassiné le 10 avril 1983 par le Fatah-CR, il participa avec Pierre Mendès-France au Conseil pour la Paix, il intervint au GODF. Uri Avnery lui a consacré un livre « mon ami l’ennemi ». Abou Iyiad, chef des services de renseignements, responsable du tournant de l’OLP pour la reconnaissance d’Israël, assassiné le 14 janvier 1991.

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