Anglaterra després del Brexit

Diumenge vinent hi haurà eleccions generals al Regne Unit que tindran un significat clau: marcaran el rumb de l’estat després del Brexit, encararan el nou referèndum d’independència d’Escòcia i posaran a prova la resistència del model multicultural britànic davant les agressions gihadistes. El duel principal el protagonitzaran la candidata conservadora Theresa May i el líder laborista Jeremy Corbyn, una aliada d’Israel i un enemic declarat que projecten sobre el conflicte àrab-israelià el xoc dels respectius projectes polítics.

A diferència de Corbyn que no ha innovat res dins el laborisme, ans al contrari ha promogut una involució antidemocràtica culpabilitzant a Occident dels mals de la ciutadania anglesa tot justficant la reacció islamista (Hamàs, Hezbol·là…), Teresa May ha protagonitzat un manifest renovador del conservadurisme post-Tatcher que cal observar amb atenció, tal com proposa David Cowan en un article a Le Figaro del proppasst 25:

L’intellectuel conservateur britannique David Cowan a décrypté dans la revue The American Conservative le «Manifeste du parti conservateur» publié le 18 mai par Theresa May. Le Premier ministre britannique y critique notamment le libre-échangisme de Margaret Thatcher et propose une nouvelle vision du conservatisme, qui entend rompre avec la globalisation néo-libérale et renouer avec les classes populaires. David Cowan y voit une véritable révolution pour les Tories, révolution que n’ont su mener en France ni le parti républicain, ni le Front national. L’éditeur Pierre-Marie Sigaud propose ici une traduction de l’analyse décisive de David Cowan.

Le conservatisme britannique à l’ère du populisme.

La semaine écoulée a été le témoin d’un renouveau du conservatisme britannique. Le Premier ministre, Theresa May, a présenté le «manifeste» – en français, on dirait le programme – du Parti conservateur, qui marque une rupture majeure avec la philosophie du laisser-faire chère à Margaret Thatcher. Quoique n’entrant pas dans les détails, ce manifeste se lit comme une déclaration d’intentions reflétant la philosophie politique de Theresa May. Dans le prolongement du vote pour le Brexit, elle s’est assignée pour mission de prendre en compte les échecs économiques et culturels de la gouvernance libérale en Grande-Bretagne depuis la fin de la Guerre froide en rééquilibrant le rapport de l’État nation à la globalisation.

On peut même dire qu’il émane du manifeste un fort parfum de populisme. Il déclare que «plutôt que de poursuivre un programme fondé sur un supposé espace central défini et délimité par les élites de Westminster, nous gouvernerons conformément aux intérêts de la plus grande partie de la population britannique». Le manifeste ajoute également que les conservateurs auront le souci d’aider «les familles des travailleurs ordinaires» qui «ont trop longtemps été ignorées par les politiciens et par ceux qui disposent du pouvoir».

Le renouveau de la philosophie conservatrice.

La réplique populiste de Theresa May à la globalisation correspond manifestement à une forme communautarienne de conservatisme. Le passage principal du manifeste, qu’il vaut la peine de citer longuement, déclare: «Nous ne croyons pas à des marchés libres que rien ne limite. Nous rejetons le culte de l’individualisme égoïste. Nous abhorrons les divisions sociales, l’injustice, l’arbitraire, l’inégalité. Nous considérons la rigidité des dogmes et l’idéologie non seulement comme inutiles, mais comme dangereuses.

«Le conservatisme véritable implique un engagement pour le pays et la communauté ; une foi non seulement dans la société, mais aussi au bien que peut accomplir un gouvernement ; un respect pour les institutions locales et nationales qui nous relient les uns aux autres ; l’idée que si le changement est inévitable et peut être bon, il n’en doit pas moins être conformé au bien commun au moyen d’une autorité forte et de principes clairs.

«Nous savons que notre responsabilité les uns vis-à-vis des autres est supérieure à nos droits comme individus. Nous savons que nous avons tous des devoirs envers les autres, parce que c’est ce qu’exigent la communauté et la nation. Nous comprenons qu’aucun individu, si puissant soit-il, n’est parvenu seul à la réussite et que nous avons donc une dette envers les autres. Nous respectons le fait que la société repose sur un contrat entre les générations: un partenariat entre les vivants, ceux qui nous ont précédés et les générations futures».

Cette émergence du conservatisme communautarien dans la politique britannique est le fruit d’un long mûrissement. Phillip Blond, un philosophe conservateur, et Maurice Glasman, un théoricien politique socialiste, ont respectivement fondé les mouvements «Red Tory» et «Blue Labour» en 2009 et ont plaidé la cause du communautarisme comme antidote aux déficiences du libéralisme envisagé dans ses diverses manifestations: le libre marché, l’État providence et le multiculturalisme. Leurs idées ont brièvement retenu l’attention de David Cameron et Ed Milliband lorsqu’ils ont dirigé l’un le Parti conservateur et l’autre le Parti travailliste, mais ils ne lui ont pas apporté leur adhésion. C’est sous l’égide de Theresa May qu’elles viennent d’effectuer une percée majeure.

Une carte électorale redessinée.

Le catalyseur principal de cette adhésion au conservatisme communautarien a été le déclin du Parti travailliste sous la direction de Jeremy Corbyn, un socialiste de la gauche dure qui ne veut pas entendre parler du patriotisme britannique. Nombreux, parmi les votants issus de la classe ouvrière patriote, sont ceux qui ont voté pour le Brexit l’an passé et qui se sentent marginalisés et déstabilisés par les conséquences économiques et culturelles de la globalisation. Le Parti travailliste et Corbyn n’ont pas fait grand-chose pour répondre à leurs attentes.

L’effondrement du parti pour l’Indépendance du Royaume-Uni (UKIP), depuis le référendum, a également contribué à l’élaboration du conservatisme communautarien de Theresa May. Dès lors que les conservateurs assument la gestion du Brexit, nombreux sont les anciens Tories qui reviennent au parti, réunifiant le vote de la droite pour la première fois depuis les années 90. Il est tout aussi significatif que les électeurs issus de la classe ouvrière qui ont délaissé le Parti travailliste pour rejoindre l’UKIP sont maintenant disposés à voter conservateur pour la première fois de leur vie.

Ainsi Theresa May voit-elle une opportunité de redessiner la carte électorale dans la conquête des sièges situés dans les bastions ouvriers traditionnels des travaillistes, dans le Nord et les Midlands désindustrialisés. Pour manifester sa détermination à y parvenir, elle a présenté le manifeste à Halifax, une ancienne cité industrielle dans le comté du Yorkshire, au nord du pays. Ce n’est pas le genre de localité où l’on s’attend habituellement à voir un Premier ministre conservateur exposer les grandes lignes de sa vision de l’avenir.

Ce qui est au cœur des efforts de Theresa May pour s’adresser à l’électorat ouvrier des travaillistes, c’est le patriotisme. Les conservateurs se sont engagés à faire en sorte que le Brexit soit un succès et à restaurer la souveraineté de l’État britannique. Cela implique la promesse de mettre un terme à la libre circulation des citoyens de l’Union européenne et de ramener le taux annuel net de migration à quelques «dizaines de milliers». Une autre priorité majeure du Premier ministre est de défendre l’union des quatre nations qui constituent le Royaume-Uni. Pour que cela soit bien clair, la couverture du manifeste mentionne l’intitulé complet du parti, «Parti conservateur et unioniste» (The Conservative and Unionist Party).

Tout en drapant le parti dans le drapeau, Theresa May a également fait main basse sur quelques-uns des atours du Parti travailliste. Le manifeste inclut nombre de mesures politiques qui tendent à instaurer un État plus interventionniste, ainsi du plafonnement des prix de l’énergie, de la construction d’un plus grand nombre de logements sociaux et de l’augmentation du salaire minimum. À cela s’ajoute la promesse d’accroître les investissements dans le Service national de la santé (National Health Service), créé pat le gouvernement travailliste en 1948, et présenté dans le manifeste comme «l’essence de la solidarité dans notre Royaume-Uni – notre engagement les uns vis-à-vis des autres, les jeunes vis-à-vis des vieux, ceux qui ont vis-à-vis de ceux qui n’ont pas, les bien portants vis-à-vis des malades».

La structure même du manifeste est conçue pour valoriser l’histoire de l’interventionnisme d’État dans l’histoire du pays. Chaque chapitre aborde l’un des «cinq défis géants»: l’économie, le Brexit, les divisions sociales, une société vieillissante et les bouleversements technologiques. Cela renvoie délibérément aux «quatre maux géants» identifiés par William Beveridge dans un rapport historique de 1942 qui posait les bases de l’État providence britannique d’après-guerre.

Après sa déclaration, un journaliste a demandé à Theresa May ce qu’est le «mayisme». Sa réponse fut toute simple: «Il n’y a pas de mayisme… seulement le bon vieux conservatisme». Theresa May est pour l’essentiel une conservatrice burkéenne, mais elle apporte quelque chose d’indéniablement nouveau. Elle se sert du vote du Brexit comme d’une opportunité pour renforcer l’État nation britannique à l’ère de la globalisation et en faire bénéficier les citoyens britanniques. Comme document de référence, son manifeste est un exemple fort de la façon dont les partis de centre-droit devraient répondre aux défis du populisme et de la globalisation.

Post Scriptum, 4 de juny del 2017.

Els successius atemptats gihadistes a Anglaterra en plena campanya electoral impactaran en el resultat ? Theresa May té clar qui és l’enemic, mentre que Corbyn no, així ho analitza el periodista israelià David Horovitz en un article publicat avui a The Times of Israel titulat “Le Royame Uni laissera-t-il May se saisir de la question du terrorisme islamiste ?”.

Post SCriptum, 11 de juny del 2017.

David Horovitz fa aqueixa anàlisi postelectoral des del punt de vista israelià: “Elections GB: May humilié, Corbyn renforcé, de sombres nouvelles pour Jérusalem”.

Post Scriptum, 28 de juny del 2017

Ahir es va oficialitzar l’acord de govern entre els conservadors britànics i els unionnistes nord-irlandesos del DUP, obertament pro-israelians, com destaca aqueixa valoració feta ahir per Le Monde Juif.

Post Scriptum, 10 de juliol del 2018.

Avui, Steve Ohana, professor de l’ESCP Europe, publica aqueix article a Le Figaro: “No deal sur le Brexit: vers une nouvelle crise existencielle pour l’Union Européenne ?”.

Post Scriptum, 17 d’abril del 2019.

Jeremy Stubbs, president de l’agrupació dels conservadors britànics de París, publica avui a Le Figaro un clarificadorc article sobre les polèmiques que des de França s’aixequan desqualificant la retirada del Regne Unit de la UE: “Le Brexit n’est pas un produit de la démagogie, mais le symbol même de l’exercice démocratique”.

Post Scriptum, 13 de desembre deel 2019.

Édourard Husson va ser entrevistat abans d’ahir a Le Figaro avançant la clau de la victòria de “Boris Johson, le pari de l’indepéndence nationale”.

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