L’écriture
Pourquoi écrit-on ? La vieille et perfide question que Littérature avait rajeunie au lendemain de la première guerre mondiale n’a toujours pas reçu sa réponse. Il n’est pas sûr , loin de là, qu’elle n’en comporte qu’une seule, il n’est pas sûr non plus que les motivations d’un écrivain ne varient pas tout au long de sa carrière. Quand j’ai commencé à écrire, il me semble que ce que je cherchais, c’était à matérialiser l’espace, la profondeur d’une certaine effervescence imaginative débordante, un peu comme on crie dans l’obscurité d’une caverne pour en mesurer les dimensions d’après l’écho. Le temps vient sans doute sur le tard où on ne cherche plus guère dans l’écriture qu’une vérification de pouvoirs, par laquelle on lutte pied à pied avec le déclin physiologique. Dans l’intervalle, entre l’excès et la pénurie de l’afflux à ordonner, il me semble parfois que s’étend une zone indécise, ou l’habitude, qui peut créer un état de besoin, le goût défensif de donner forme et fixité à quelques images élues qui vont inévitablement s’étiolant, le ressentiment contre le vague mouvant et informe du film intérieur s’entrelacent inextricablement. Il arrive que l’écrivain ait envie tout simplement d’ " écrire " et il arrive aussi qu’il ait envie tout bonnement de communiquer quelque chose : une remarque, une sensation, une expérience à laquelle il entend plier les mots, car les rapports ambigus et alternatifs de l’écrivain avec la langue sont à peu pres ceux qu’on a avec une servante-maîtresse, et sont non moins qu’eux, de bout en bout, hypocritement exploiteurs.
Pourquoi se refuser à admettre qu’écrire se rattache rarement à une impulsion pleinement autonome ? On écrit d’abord parce que d’autres avant vous ont écrit, ensuite, parce qu’on a déjà commence à écrire : c’est pour le premier qui s’avisa de cet exercice que la question réellement se poserait : ce qui revient à dire qu’elle n’a fondamentalement pas de sens. Dans cette affaire, le mimétisme spontané compte beaucoup : pas d’écrivains sans insertion dans une chaîne d’écrivains ininterrompue. Apres l’école, qui émaille l’apprenti-écrivain dans cette chaîne, et le fait glisser déjà d’autorité sur le rail de la rédaction, c’est plutôt le fait de cesser d’écrire qui mérite d’intriguer.
La dramatisation de l’acte d’écrire, qui nous est devenue spontanée et comme une seconde nature, est un legs du dix-neuvième siècle. Ni le dix-septième, ni, encore moins, le dix-huitième ne l’ont connue ; un drame tel que Chatterton y serait resté incompréhensible ; personne ne s’y est jamais réveillé un beau matin en se disant: " Je serai écrivain", comme on se dit : "Je serai prêtre". La nécessité progressive et naturelle de la communication, en même temps que l’apprentissage enivrant des résistances du langage, a chez tous précédé et éclipsé le culte du signe d’élection, dont le préalable marque avec précision l’avènement du romantisme. Nul n’a jamais employé avant lui cet étrange futur intransitif qui seul érige vraiment, et abusivement, le travail de la plume en énigme : j’écrirai.)
(En lisant en écrivant, p. 143)
JULIEN GRACQ O LA VERITAT DE LA LITERATURA
UN MESTRE VER. No hi ha dret! Aquest desembre, a dues passes del 2008, se m’ha mort un altre dels homenots francesos que més estimava: un mestre de la literatura bona, local i universal. I això és tan mal de trobar en aquests temps de petiteses i mediocritats! La seva prosa artística, el seu lirisme de fons, és d’école buissonière, de fer rodona, d’escapar-te del col·legi en un d’aquests horabaixes de tardor adolescent, quan sents que el món et cau damunt, perquè les hormones van a tota, i anar cap a foravila, a aquell cau secret, on hi tens el que més estimes: la solitud, les lectures, els somniejos i les voluptuositats. I agafar Les eaux étroites, Les aigües estretes (en català a Quaderns Crema, 2007 en traducció de Ramon Girbau Pedragosa) amb la curiositat oberta. I sentir la veu d’uns pensaments sobre la literatura que s’acorden perfectament amb el teu estat d’ànim, amb els teus. I tot flueix com l’aigua clara. Gracq et recorda amb veu de company, de col·lega, l’essencialitat de les primeres lectures, la construcció d’un paisatge i d’una música abans que d’un argument, un timbre de veu que et desperta estols d’idees que dormien en el teu interior, que et deixondeixen les connexions més sensibles de l’esperit. Julien Gracq va néixer el 27 de juliol de 1910 a St. Florent-le Vieil. Aquest lloc, entre Nantes i Angers, es troba a la vorera del Loire on habitava des que es va retirar el 1970, i és el paisatge fonamental de la seva vida i la seva obra. El lycée Henri IV a París i les escoles superiors on assisteix marquen els anys d’aprenentatge. Professor d’Història el 1937 comença la seva doble tasca. Per un cantó es posa a escriure el seu primer llibre Au chateau d’Argol i començarà a fer feina a diferents lycées, i s’estabilitzarà al Claude Bernard de París, on ensenyarà fins a la jubilació. De professor nom Louis Poirier i el nom de ploma és Julien Gracq. El seu primer llibre, l’extraordinari Au chateau d’Argol, és rebutjat per l’editorial Gallimard i el publica el 1938, a compte d’autor, a les edicions José Corti (editor que no abandonarà en tota la vida, amb l’excepció del ghran honor i reconeixement que fou l’entrada a la gran col·lecció de clàssics de tots els temps de La Pleiade, el 1989). Se’n venen 150 exemplars. Emperò els llegeixen escriptors com Thierry Maulnier, Edmond Jaloux i, sobretot, André Bréton al qual Gracq coneixerà el 1939. I al que dedicarà un assaig, André Breton, quelques aspectes de l’écrivain, el 1948, amb un estudi modèlic del pare del surrealisme i de les seves pràctiques, amb una crítica intel·ligent a certs aspectes massa fàcils del diktat sobrereal com l’escriptura automàtica. Els anys quaranta, després d’haver sofert la Guerra de la Megamort, haver estat presoner i retornat per malalt a Marsella, comença a escriure tota casta de textos (novel·les, teatre, llibres de notes, assatjos) que recoman in extenso (el 1951 li donen el premi Goncourt per Le rivage des Syrtes, i el rebutja. És el primer que ho fa en la història dels goncourts. No li agradaren mai els cercles literaris, ni els xafardejos mondains): Un beau ténébreux, 1945, Liberté grande, 1947, Le Roi pêcheur, 1948, Le Rivage des Syrtes, 1951, Prose pour l’Etrangère, 1952, Penthésilée, 1954, Un balcon en forêt, 1958, Préférences, 1961, Lettrines, 1967, La Presqu’île, 1970, Lettrines II, 1974, Les Eaux Étroites, 1976, En lisant en écrivant, 1980, La Forme d’une ville, 1985, Autour des sept collines, 1988, Carnets du grand chemin, 1992, Entretiens, 2002. En català es poden trobar La ribera de les Sirtes (Edicions Proa) i Al castell d’Argol (Edicions 62). Julien Gracq és vida, és aliment, és ambrosia de la bona sense data de caducitat. És un suscitador. Poeta!
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