MADAME BOVARY C’EST MOI, DIU MESTRE FLAUBERT
L’u d’octubre de 1856 apareixia a la Revue de Paris la primera entrega de Madame Bovary de Gustave Flaubert. Per celebrar aquests 150 anys d’una de les novel·les que formen part de la meva educació sentimental vull transcriure l’homenatge que s’ha inventat el més flaubertià dels escriptors britànics, Julien Barnes, autor del magnífic text El loro de Flaubert (Anagrama). Ara s’ha imaginat que Emma Bovary no es suïcidava amb arsènic i que contava sa vida al partir de Yonville. Aquest text inèdit el penj gràcies a l’amabilitat de la meva revista francesa de tota la vida Le Nouvel Observateur. Gràcies a Julien Barnes, a la traductora Vanessa Guignery i a Le Nouvel Observateur.
Jamais je n’ai été plus heureuse que le jour où nous avons quitté Yonville, le jour où nous sommes montés dans la diligence avec nos maigres biens. Quel soulagement à l’idée de ne plus jamais revoir le drapeau tricolore de fer-blanc qui tourne au vent en haut du clocher de l’église, de ne plus jamais écouter les inepties énoncées avec suffisance par Monsieur Homais, de ne plus jamais sentir la réprobation des femmes du village, de ne plus jamais entendre le bruit du tour de Monsieur Binet. (segueix)
Il passait son temps dans son grenier, à tourner le bois, façonnant des ronds de serviette, des chandeliers, des fleurons pour des montants de lit et des tringles à rideaux. Il en avait des étagères entières, de ces objets dont personne ne voulait et que, de toute façon, il ne vendrait pas. Tard le soir, et même le dimanche, on entendait gémir son tour. Ce ronron servait de bruit de fond à Yonville, bruit d’une activité inutile, de la vie qui s’écoulait, sans passion ni rébellion.
Charles était tout aussi heureux de partir. Depuis qu’il avait saboté l’opération d’Hippolyte, il pensait que les gens le regardaient d’un autre oeil, qu’ils lui faisaient moins confiance. Et c’était vrai. Ils disaient que si vous alliez à son cabinet pour une saignée ordinaire, vous risquiez d’en ressortir avec une jambe en moins. Et Hippolyte en était la preuve, lui qui clopinait dans tout le village sur sa jambe de bois. Toc, toc, toc, rappelant à Charles son passé, tout comme le tour de Binet me rappelait le mien.
Bien sûr, j’étais heureuse de partir parce que je m’étais mise dans le pétrin. Mais je m’en suis sortie. C’est ma servante Félicité qui a trouvé la solution. «Si j’étais vous, madame, j’irais chez Maître Guillaumin.» Elle l’a dit comme ça. Je savais évidemment ce qui allait se passer. Je sais aussi ce qu’on vous a raconté. On vous a raconté que le notaire m’a fait asseoir sur ses genoux et m’a juré qu’il m’aimait, sur quoi je me suis levée, indignée, et me suis écriée : «Monsieur, je suis à plaindre, mais pas à vendre!» Vous trouvez que ça me ressemble ? Non, voici ce qui s’est passé : il m’a fait asseoir sur ses genoux, comme je m’y attendais. Il m’a dit qu’il m’aimait, comme je m’y attendais. J’avais alors clairement le choix et… comment dire ? ce qui m’a mise dans le pétrin m’a aussi sortie du pétrin. Bien sûr, je lui ai suffisamment fait répéter qu’il m’aimait pour que ça ressemble moins à une transaction. Mais c’est bien ce que j’ai fait. Et ça a marché.
Charles et moi n’avons jamais parlé de ce qui s’est passé. Je lui ai demandé pardon pour mes dettes. J’ai brûlé les lettres de Rodolphe. J’ai brûlé les lettres de Léon. J’ai brûlé le portrait de Rodolphe. Je me suis montrée généreuse envers Félicité qui connaissait plus de secrets que quiconque. Je lui ai donné quelques robes et un peu d’argent pour qu’elle puisse s’enfuir avec son galant. Et alors, à notre tour, nous avons pu fuir, fuir les marmonnements furtifs et les regards détournés, fuir les espions et les bégueules, les sangsues et les prêteurs sur gages, fuir l’ennui, fuir le couinement du tour de Binet.
Bien sûr, je sais ce qu’on vous a raconté. Mais je vous assure que je n’ai jamais songé à me tuer. Tout au plus, il m’a semblé prudent d’avoir le choix entre plusieurs solutions. Et, qui plus est, il y avait bien des rats dans le grenier. J’ai ordonné à l’élève du pharmacien d’aller me chercher un peu d’arsenic dans la réserve de Homais. Il était toujours à bayer aux corneilles et me dévisageait quand il pensait que je ne le voyais pas. J’avais un certain pouvoir sur lui. J’ai mis l’arsenic dans mon armoire, dans une boîte à onguent vide. Au cas où… eh bien, juste au cas où.
Après mes transactions avec le notaire, je me suis aperçue que je pensais sans cesse à Rodolphe. Ou plutôt, à celle que j’étais quand je l’ai rencontré pour la première fois, à la femme que j’étais au début de mes heureux malheurs. Le lendemain après-midi, j’ai gravi la colline qui domine Yonville et je me suis promenée dans la forêt où j’avais chevauché en compagnie de Rodolphe, la première fois. J’ai retrouvé le tronc d’arbre sur lequel nous étions assis lorsqu’il m’a déclaré son amour. Du moins, je pense que c’était le même tronc. Je m’y suis assise. J’ai remué les copeaux par terre avec la pointe de ma bottine comme je l’avais fait lorsque j’étais un peu plus jeune et beaucoup plus romantique. Je me suis rappelé à quel point j’avais été crédule. Je me suis rappelé à quel point j’avais été fière d’avoir un amant. Je suis restée là à rêvasser. Finalement, j’ai ouvert les yeux. Des champignons poussaient tout près du tronc. J’en ai rapporté à la maison et je les ai fait préparer pour mon dîner. Charles était absent, parti dans quelque ferme éloignée pour mettre au monde un enfant non désiré, un de plus. Plus tard, j’ai commencé à me sentir mal. J’ai mis cela sur le compte des événements de la journée. Je me suis mise au lit.
Je ne m’y connais pas très bien en matière de champignons. Quand Charles n’est pas parvenu pas à me réveiller, il s’est affolé. Il a appelé le docteur Canivet. Ils ont fouillé mon armoire et ont trouvé l’arsenic. Pris de panique, ils ont fait chercher Monsieur Larivière qui est arrivé dans sa voiture, tel un dieu descendu dans le village. J’imagine très bien l’attitude de Homais : un mélange de flagornerie et de forfanterie. Apparemment, le grand homme a compris au premier regard et il a introduit ses doigts dans ma gorge pour me faire vomir. Puis il a examiné ce qu’il y avait dans la cuvette. Des restes de champignons, rien d’autre. Aucun signe d’empoisonnement à l’arsenic. Il a dit qu’il ne pouvait rien faire, que personne ne pouvait rien faire, sauf attendre. Peut-être que je vivrais, peut-être que je mourrais. Charles lui aurait dit : «Personne n’est responsable. C’est la faute de la fatalité.» Je trouve qu’il a un peu trop tendance à dire ce genre de choses. Mais, après tout, je suis sa femme.
Les champignons ne contenaient pas assez de poison. J’ai survécu. Je suis navrée de gâcher l’histoire, mais les faits sont les faits. Je ne me suis pas tuée par désespoir ; au lieu de cela, j’ai failli mourir à cause de ma sensiblerie. Et je vous assure que je n’ai jamais songé à me tuer. Pourquoi m’en a-t-il crue capable ? Difficile à dire.
Cet homme qui vous a raconté mon histoire ne me comprenait pas vraiment, voyez-vous. Il ne m’aimait pas. Il a dit à l’un de ses amis qu’il trouvait que j’étais une petite femme vulgaire. Il a dit que mon histoire lui donnait envie de vomir. Il s’estimait plus important que moi. Aux yeux du monde, nul doute qu’il l’était : son père, un célèbre chirurgien de la région, son frère aussi, la maison familiale sur les rives de la Seine, le beau monde, Paris…
Mais on ne peut raconter fidèlement l’histoire d’une personne à laquelle on se croit supérieur. Il pensait que ça lui donnait le droit de me juger. Il se moquait des histoires romantiques que je lisais au couvent ; il prétendait qu’elles avaient déformé mon esprit et mon imagination. Mais que dire du type de livres que ses amis et lui lisaient, des histoires qu’ils racontaient ? Ce n’est pas moi qui étais plongée dans le marquis de Sade.
Ecoutez un peu. Une femme, une femme mariée, prend un amant. Puis un autre, peut-être. Qu’y a-t-il de si surprenant à cela ? Cela se passe dans chaque ville et dans chaque village de France. Parfois la femme est heureuse, parfois elle est triste. Parfois le mari l’apprend, parfois non. Mais lorsque son histoire est contée au grand public, dans des livres, sur scène, alors la femme doit être punie. Elle doit mourir ! Son mari peut la tuer, par exemple. Ou elle peut se jeter sous un train. Ou bien mourir d’une longue maladie. Mais combien de fois est-ce que ça se produit dans la vraie vie ? Oh certes, une fois ou deux, ici et là. Mais les hommes qui racontent des histoires dans lesquelles les femmes dévoyées sont punies, ces hommes-là cèdent à leurs propres fantasmes tout autant que ceux dont les récits sont pleins de forêts sombres et de nacelles au clair de lune, de troubadours au pied de murailles de châteaux, donnant la sérénade à quelque amante invisible.
L’homme qui vous a raconté mon histoire pensait qu’il comprenait les femmes. Il pensait que plus d’une femme sourirait tristement en se reconnaissant dans mon histoire, ou plutôt dans ce qu’il a fait de mon histoire. Il a ajouté que son livre chatouillerait doucement mainte plaie féminine, expression tout à la fois arrogante et déplaisante.
Non, peut-être que je suis injuste. A mon avis, il comprenait une grande partie des souffrances des femmes, mais il sous-estimait notre capacité à les surmonter. D’après lui, le fait que la société humaine plaçât les femmes dans une position de faiblesse par rapport aux hommes nous rendait nous-mêmes plus faibles. Au contraire, cela nous rend plus fortes. Nous souffrons peut-être, mais nous survivons. Les hommes sont plus hystériques que les femmes, à mon avis, et aussi plus lâches. Et ils ont beaucoup moins qu’elles le sens pratique. Et moi, comme je l’ai dit, je l’avais, le sens pratique. J’ai payé mes dettes. Et ensuite, j’ai mis mes affaires en ordre.
Mon père connaissait un officier de santé du côté de Cany-Barville qui allait prendre sa retraite. La mère de Charles a accepté d’hypothéquer sa maison. Nous avons acheté le cabinet. Naturellement, nous sommes restés pauvres pendant un certain temps. Charles a travaillé dur. Il a reconnu ses limites. Il ne pratiquerait plus d’opérations sur les pieds bots. Et j’ai reconnu, du moins en mon for intérieur, que le désastre de l’opération d’Hippolyte avait été en partie de ma faute. J’avais voulu que Charles améliore sa situation. Je l’avais poussé à entreprendre une tâche qui était au-dessus de ses compétences. Quand tout a mal tourné, Charles a dit que c’était la faute de la fatalité, ce qui n’a rien d’étonnant, tandis que j’ai rejeté la faute sur lui, sur lui et sa médiocrité. Mais j’aurais pu aussi rejeter la faute sur moi-même.
Bien sûr, je suis toujours assaillie de souvenirs. Une femme n’oublie pas qu’autrefois elle a été audacieuse, qu’autrefois elle s’est soumise complètement aux lois implacables de la passion. Rodolphe et moi nous sommes aimés pendant quatre années, n’oubliez pas cela. Quatre années. Parfois je me demande ce que Charles savait : rien, un peu, beaucoup ? Parfois, je me demande pour quelle raison il m’a envoyée monter à cheval avec Rodolphe, pour quelle raison il m’a dit de passer la nuit à Rouen. Non pas qu’il soit responsable de mes actes, je n’aurais pas la lâcheté de prétendre cela. N’allez pas non plus vous imaginer que je me sente coupable de ce que j’ai fait. Je n’ai jamais été un personnage de conte moral. Est-ce que j’aurais préféré que les choses tournent autrement, que ceux que j’aimais se montrent plus courageux ? Bien sûr. Mais ce n’est pas aussi simple que cela. Je me plaignais de la faiblesse de Charles. Comment s’étonner alors que j’aie été attirée par Rodolphe ? Il était riche, libre de faire ce que bon lui semblait. Mais il s’est trouvé qu’il était faible lui aussi. Lorsqu’il m’a écrit pour dire qu’il partait, il m’a expliqué que tout ce qui s’était passé était la faute de la fatalité. On aurait cru entendre Charles. Et puis il y a eu Léon, peut-être le plus faible des trois, qui m’a abandonnée parce que sa mère avait entendu des cancans, parce que le scandale aurait pu contrarier sa brillante ambition de devenir premier clerc. Donc, vous voyez, j’ai eu la malchance de toujours m’associer à des hommes faibles, à moins peut-être que tous les hommes ne se ressemblent sur ce point.
Quand Berthe est née, je voulais à tout prix un garçon. J’avais décidé de l’appeler Georges, et je croyais qu’il jouirait de la liberté dont moi-même, en tant que femme, j’étais privée. Quand mes espoirs ont été déçus, j’ai eu du mal à aimer Berthe comme une mère. J’avoue avoir manqué d’attentions. Mais à présent j’ai également un fils. Il est né un an après notre emménagement ici. Quand je suis tombée enceinte, Charles a supposé que je voudrais un garçon, et que je souhaiterais toujours l’appeler Georges. J’ai répondu que le sexe de l’enfant m’était indifférent, mais que, si c’était un garçon, je l’appellerais Laurent. Je n’ai pas donné mes raisons. Et pourtant, malgré moi, j’ai eu la sottise de le gâter, cet enfant. Il était ma dernière illusion. J’ai placé en Laurent ce qu’il me restait d’espoirs, ce qu’il me restait de mes rêves de liberté. Mais, à mesure qu’il grandissait, j’ai compris qu’il portait autant d’intérêt à la liberté que le cheval muni d’oeillères qui entraîne sa meule et piétine le sol sans savoir ce qu’il broie. Je me suis rendu compte que Laurent était le fils de son père, et c’était là mon châtiment.
Ce village est ennuyeux, mais pas plus que Tostes ou Yonville. Et à présent je suis contente qu’il soit ennuyeux. Je ne voudrais pas qu’il en soit autrement. Jadis, je rêvais d’un mariage à minuit, aux flambeaux ; je rêvais d’un bassin à jet d’eau avec des poissons. Jadis j’avais des rêves ambitieux. J’imaginais que la vie était plus riche qu’elle ne s’est avérée être. Je me disais que je voulais habiter un royaume où ne pénétreraient jamais les coeurs médiocres. Mais, comme je l’ai découvert, la médiocrité se cache dans des endroits inattendus.
Je suis née fille de fermier. Je sais manier l’aiguille. Je sais tenir une maison et dresser une table. Quand je pose une pyramide de reines-claudes sur un lit de feuilles de vigne, je me souviens de ce que j’éprouvais au début de mon mariage. Quelquefois, je sens que ma piété revient. Si l’appétit vient en mangeant, peut-être que la piété vient en priant. Nous verrons.
C’est une vie comme une autre. Vous rappelez-vous la veuve Dubuc ? Elle a été la première Madame Bovary, celle qui m’a précédée. Laide et terriblement revêche, mais au moins elle était riche quand Charles l’a épousée. Puis quelque notaire s’est enfui avec son argent, et que restait-il alors à Charles ? Heureusement, elle en a été si mortifiée qu’elle est morte peu après. J’ai toujours taquiné Charles à son sujet. A chaque fois que nous voyions une vieille sorcière hideuse pliée en deux dans un champ, je lui disais : «N’est-ce pas la veuve Dubuc?» Au début, il s’en offusquait. A présent, il sourit et pose sa main sur la mienne. Son malheur a été d’épouser des femmes qui perdent leur argent. Mais au moins je ne suis pas une vieille sorcière. Charles m’ennuie peut-être mais je sais comment le contenter quand j’en ai besoin. Les couples survivent.
Et les passions meurent. Je me souviens du jour où Léon s’est marié. Avec Mademoiselle Léocadie Leboeuf, de Bondeville. Comme elle avait l’air terne ! Comme elle a l’air terne encore maintenant ! La nouvelle ne m’a provoqué aucun pincement au coeur. Charles pensait que nous aurions dû être invités au mariage. Il était même prêt à s’en offusquer pour mon compte. Je l’ai remercié de son attention. C’est vrai qu’il est attentionné, et il ne comprendra jamais la panique et le désespoir que sa prévenance obstinée me causait autrefois. Je le répète, les couples survivent. Lorsque c’est le cas, l’histoire n’a pas grand intérêt, sinon qu’elle est vraie.
Au début de notre mariage, je méprisais Charles pour le bonheur facile que je lui donnais. C’était comme faire plaisir à un chien. Même son pardessus m’irritait : je le regardais fixement comme s’il était cousu de toutes les platitudes de son caractère. Maintenant, je vois que ce n’est qu’un pardessus. Je l’aide à l’enfiler le vendredi soir quand je l’envoie à l’auberge jouer aux dominos.
Il a pris du poids ; et mes cheveux sont devenus gris, un sort que je redoutais autrefois. La vieillesse commence à bien nous aller. Charles conduit toujours sa carriole pour aller voir ses patients. On lui fait confiance ici. Il soigne un fermier qui s’est cassé la jambe, le fermier lui donne un poulet, nous le mangeons le dimanche. C’est une vie comme une autre. J’ai mes souvenirs. Les couples survivent. Et les femmes aussi survivent.
Traduction : Vanessa Guignery*
(*) Vanessa Guignery est maître de conférences à Paris-IV et elle vient de publier un essai, « The Fiction of Julian Barnes », chez Palgrave Macmillan.
Julian Barnes est né à Leicester, en 1946. Il a été lexicographe pour le « Oxford English Dictionary » et critique de télévision à l?« Observer ». Romancier, nouvelliste, essayiste, également auteur de polars sous le pseudonyme de Dan Kavanagh, il a reçu le prix Médicis pour « le Perroquet de Flaubert » (Stock). Parmi ses ouvrages disponibles en collection de poche, citons « England, England », « Love, etc. », « Dix Ans après », « Outre-Manche ». Il a publié cette année au Mercure de France un recueil de nouvelles, « la Table citron ». En France, il est commandeur de l?Ordre des Arts
et des Lettres.
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