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DIARIO “LE PARISIEN” (www.leparisien.fr)
Pascal Villebeuf | Publié le 05.01.2012, 04h24
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Le dossier sera présenté officiellement le 18 février, lors de l’inauguration d’une exposition permanente consacrée à la bataille de Montereau. A cette occasion, le public pourra admirer, au musée de la Faïencerie, une salle spécialement aménagée, comportant une maquette de 70 m2, avec 3000 figurines, reconstituant la célèbre bataille de Montereau, qui fut, le 18 février 1814, la dernière victoire de Napoléon face aux Autrichiens. Pour Yves Jégo, lancé dans la bataille… des législatives, ce projet de parc de loisirs est « un remède anticrise ». « Si nous réussissons à le financer, ce site peut devenir un pôle essentiel de développement économique pérenne dans le bassin d’emploi du Sud-77, en utilisant à fond la marque Napoléon », s’enthousiasme l’élu.
Pose de la première pierre espérée en 2014
Le 18 février, une préétude de 100 pages concoctée par un ancien préfet de l’Essonne, Jean-Louis Dufeigneux, présentera les détails de l’opération. Mais d’ores et déjà, Yves Jégo en dévoile les grandes lignes : « On y trouvera un musée, un village avec des boutiques, un hôtel et un centre de congrès, des restaurants, etc. » Passionné d’histoire, le maire de Montereau, qui a écrit un roman sur Fouquet, a imaginé des tas de scènes pouvant être reconstituées, à l’image de ce qui se fait au Puy-du-Fou en Vendée. « L’idée est de couvrir la fin de la Révolution française avec l’arrivée de Bonaparte, jusqu’à la fin du règne de l’Empereur, précise-t-il. Le public pourra ainsi découvrir au sein d’un musée l’épopée napoléonienne, le bivouac de Montereau reconstituant la fameuse bataille, le sacre de l’Empereur, le périple en Egypte de Bonaparte, la bataille de Trafalgar, le passage du col du Grand-Saint-Bernard, où les visiteurs pourront pratiquer du ski, etc. » La pose de la première pierre est espérée en 2014, pour le 200e anniversaire de la bataille de Montereau.
EL MEU COMENTARI:
Tota mena de parcs o llocs es poden fer per crear-hi ocupació, i millor si serveixen per mostrar de coses històriques. Sé que puc semblar un boig, però em cau millor d’aquest tipus de parcs temàtics que no pas un conegut ”parc temàtic” anomenat ”Valle de los Caídos”.
Una cosa, és clar, serà si la visió d’en Napoleó que es doni en aquest parc és objectiva o està manipulada pel polític local de torn, però és un personatge històric fascinant, que a tot Europa, se l’estimi o se li odiï, sempre atrau interès cap la seva persona.
LE MONDE CULTURE ET IDEES | 06.01.12 | 22h31 •
Mis à jour le 07.01.12 | 12h44

Capture écran de la série The Wire.DR
Pourquoi cette hégémonie ? “Pour qu’un pays concurrence les Etats-Unis, il faudrait qu’une série emblématique fasse événement sur une grande chaîne,observe Frédéric Lavigne, directeur artistique du festival Séries Mania au Forum des images, à Paris. L’équivalent d’un Pedro Almodovar ou d’un Ingmar Bergman révélé au Festival de Cannes.” Or, c’est surtout aux Etats-Unis que les diffuseurs français cherchent leur bonheur, assurés d’y trouver des séries divertissantes ou efficaces, portées à l’occasion par des acteurs de renom et des producteurs de prestige. Outre-Atlantique, une cinquantaine de nouveautés sont développées chaque année, choisies parmi quelque 250 projets dont l’épisode pilote a été soumis à des panels de téléspectateurs. Peu d’élus et, au final, guère de rescapés : la moitié des séries mises à l’antenne s’arrêtent après une première saison, voire avant. Série, ton univers impitoyable…
Le fait est que les Américains savent satisfaire le goût des téléspectateurs. “Castle”, “The Mentalist”, “Dr House”, “Les Experts” offrent un modèle narratif rassurant car répétitif, guère de scènes en extérieur, un ancrage social quasi inexistant, peu de référence à l’actualité ni à la politique : des produits judicieusement formatés. “Leur modèle, très compétitif, est, dans l’écriture même, axé sur l’exportation puisque le financement des grandes séries provient parfois surtout de l’international”, explique Fabrice Bailly, directeur adjoint des programmes de TF1. Les 27 pays de l’Union européenne rapportent en effet 6 milliards de dollars par an en vente de droits de diffusion de séries américaines.
En outre, ne voyant que les meilleures productions, les téléspectateurs français sont victimes d’une illusion d’optique. Frédéric Lavigne, qui regarde toutes les nouveautés américaines, estime que “90 % d’entre elles sont à jeter. Ce qui n’est pas le cas sur les chaînes du câble ou à péage comme HBO, Showtime ou AMC”, lesquelles mettent à l’antenne des séries signées par des créateurs en rupture avec le flux télévisuel (Alan Ball, Vince Gilligan, David Simon…), qui parfois ont dûbatailler pour imposer leur univers.
“Ces séries sont devenues la référence esthétique, observe Fabrice de la Patellière. Le public juge le reste de la production mondiale à l’aune du modèle américain. C’est comme la peinture à l’époque de la Renaissance : on ne pouvaitignorer les maîtres italiens. Aujourd’hui, on ne peut ignorer les maîtres américains. C’est dur – imaginez qu’au cinéma, on reproche à Christophe Honoré de ne pasfaire du James Gray -, mais c’est comme ça : il y a une richesse, souvent une profondeur, toujours une efficacité dans l’écriture des séries américaines que le public veut retrouver dans les séries françaises.” Une attente souvent déçue.
Ce n’est pas forcément le cas ailleurs. Car l’hégémonie des séries américaines est une drôle d’exception culturelle française. Dans la plupart des autres pays européens, les séries locales sont en tête des audiences. Certaines productions, d’une grande qualité, inspirent même les maîtres américains : “”The Killing” et “In Treatment” sont des remakes, l’une d’une série danoise, l’autre d’une série israélienne”, note Frédéric Lavigne. La liste pourrait s’allonger avec “Ugly Betty”, à l’origine une telenovela colombienne, “Shameless”, “Skins” et “Being Human”, adaptées de séries britanniques.
La relative faiblesse de la création télévisuelle française pourrait avoir une explication paradoxale. “En Allemagne et en Angleterre, les jeunes talents du cinéma ont d’abord éclos à la télé, cependant que le cinéma français aimantait puissamment les créateurs, observe François-Pier Pélinard-Lambert, rédacteur en chef adjoint du Film français. Faute d’être stimulée par la concurrence, qui n’est survenue qu’avec la TNT, la télévision ronronnait.” Et d’ajouter : “Seule la création française a été en crise. La Corée, le Japon, l’Amérique latine sont depuis longtemps autosuffisants en termes de fictions, et les séries américaines sont, dans ces pays-là, cantonnées aux chaînes payantes pour un public limité de cadres supérieurs.”

La série danoise Borgen.DR
Idem en Grande-Bretagne, où règne une saine émulation créatrice. “Le public britannique attend de ses grandes chaînes, publiques ou privées, un reflet de sa propre culture, expliquait au “Monde TéléVisions” en avril 2011 Kate Harwood, responsable des séries à la BBC. Celle des Etats-Unis n’est pas la sienne, si bien que même d’excellentes séries comme “Mad Men” ou “The Wire” ne sont proposées que tard, ou sur les chaînes numériques pour un public bien plus réduit.”Réalisme social, fresques historiques, les séries britanniques connaissent un succès grandissant. “Downton Abbey” a ainsi raflé en 2011 six Emmy Award et obtenu le score sans précédent de 92 sur 100 sur Metacritic, barème établi par les appréciations cumulées des journalistes. Ce feuilleton, dont la troisième saison vient d’être mise en chantier, a déjà été acheté par plus de 100 pays.
L’excellence britannique, à laquelle contribuent réalisateurs et acteurs travaillant indistinctement pour la télévision et le cinéma, date d’un demi-siècle (“Le Saint”, “Chapeau melon et bottes de cuir”). D’autres pays affichent depuis une belle vitalité créatrice : les Coréens exportent leurs polars très découpés et leurs feuilletons sentimentaux. Les Danois ont raflé le FIPA d’or 2011 de la meilleure fiction pour “Borgen”, tandis que le prix de la meilleure série aux Bafta était décerné à “The Killing”, vendue en Pologne, en Russie, en Australie, en Espagne, en France (Arte)… Pas mal, pour un petit pays de 5 millions et demi d’habitants.
Et ailleurs ? “Favorisé par un star-system local et des obligations de productions soutenues par les autorités, le Québec, territoire de 8 millions d’habitants, réussit àmixer une culture européenne et nord-américaine “, rapporte François-Pier Pélinard-Lambert. En Australie, quand la grève des scénaristes hollywoodiens, en 2009, a asséché temporairement le marché, les chaînes privées ont lancé des séries locales. L’épisode a coïncidé avec l’arrivée au pouvoir du Parti travailliste, désireux de soutenir la production. “L’Australie, qui porte un regard assez libre sur la sexualité et la violence, a trouvé un juste milieu entre les influences anglaise et américaine”, note François-Pier Pélinard-Lambert. La preuve avec “Underbelly”, feuilleton mafieux de très bonne facture. Dans “Arab Labor”, les Israéliens, qui, eux non plus, n’ont érigé aucune frontière entre petit et grand écran, ont traité avec humour des tensions interreligieuses.
Les chaînes privées espagnoles se sont spécialisées dans les séries historiques et fantastiques. Quant à l’Amérique latine, elle ne produit pas seulement des telenovelas. En témoignent “Capadocia” ou “Epitafios”, première série, en 2004, àavoir été écrite et tournée pour HBO Latina. Audace thématique, complexité de l’intrigue, suspense, caractérisation psychologique des personnages, cliffhanger,ambivalence des situations, maîtrise du format sériel, réalisation soignée sont au rendez-vous. De fait, “après une décennie glorieuse des séries américaines, une génération arrive à maturité“, estime Frédéric Lavigne. La série espagnole “Angel e Demonio” a ainsi digéré l’influence de “Twilight” et de “Vampire Diaries”. Et Adam Price, le créateur de “Borgen”, ne cache pas s’être inspiré de la série politique “A la Maison Blanche”, diffusée sur la chaîne américaine NBC de 1999 à 2006. Laquelle prévoit d’adapter ”Borgen” !
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ENQUêTE |
| 05.01.12 | 19h54 • Mis à jour le 05.01.12 | 19h55

Statue de Jeanne d’Arc.AFP/JOEL SAGET
Deux candidats à l’élection présidentielle rivalisent à annexer cette figure historique à la vie si courte – 19 ans – mais si riche que, six siècles après, on y plaque ou y puise encore ce que l’on veut. Ce sera le cas, vendredi, jour des Rois, de Nicolas Sarkozy, soucieux de parfaire l’écriture de son roman national (lire ci-dessous). Il sera accompagné de plusieurs historiens, dont le médiéviste Philippe Contamine, auteur de Jeanne d’Arc, histoire et dictionnaire (Robert Laffont, 1 200 p., 32 €) et Colette Beaune, biographe de Jeanne d’Arc (Vérités et légendes, Perrin, poche, 8 €).
Samedi, ce sera au tour de Marine Le Pen de se rendre au pied de la statue parisienne de Jeanne d’Arc, place des Pyramides, là où s’achèvent traditionnellement les défilés du 1er mai. Longtemps, ce fut le 8 mai, jour de la prise d’Orléans en 1429, en pleine guerre de Cent Ans, qu’on commémorait la bergère de Domrémy. Mais en 1988, le Front national – signe de son emprise sur la figure de la pucelle d’Orléans – a imposé dans le calendrier politique l’anniversaire du 1ermai, jour de la fête du travail. Double astuce : comment, un 8 mai 1988, Jean-Marie Le Pen aurait-il pu occuper la “une” des médias, alors que s’affrontaient François Mitterrand et Jacques Chirac au second tour de l’élection présidentielle ?
Aujourd’hui, le patronyme de Jeanne d’Arc figure dans les six noms de rue les plus donnés en France. La pucelle d’Orléans est la seule figure médiévale connue de tous les Français : la statue de la guerrière casquée trône en effet sur toutes les places mais aussi dans nombre d’églises. Les plus grandes actrices ont immortalisé la “petite Lorraine” sur son cheval, comme les Playmobil, sans que cette célébrité posthume ne semble jamais vouloir s’arrêter.
Jeanne d’Arc a pourtant été longtemps exclue de l’imaginaire national. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la petite bergère qui entendait des voix l’invitant à se battre contre les Anglais n’est encore qu’“une pure légende”, rappelle Bernard Richard, qui publie dans quelques jours une somme sur Les Emblèmes de la République (CNRS Editions, 430 p., 27 €). “On ne croit alors pas vraiment à son existence réelle,raconte l’historien. C’est pour cela que Voltaire peut se permettre de l’insulter et de la pasticher. C’est Jules Michelet et son Histoire de France qui en font à la fois la fille du peuple et une héroïne patriote.” Une sainte laïque se dessine sur l’esquisse de Jeanne la catholique.
Une première figure de Jeanne d’Arc, républicaine, s’impose à la postérité. Le 8 mai 1982, un an après son élection, François Mitterrand se rend à Orléans, comme ses prédécesseurs Charles de Gaulle et Valéry Giscard d’Estaing – mais pas Nicolas Sarkozy, qui s’abstiendra - célébrer le symbole de “vigilance, de la résistance et de l’unité” nationale. Le président socialiste fraîchement élu cite Péguy et surtout Michelet dans le texte : ”Elle aima tant la France que la France, touchée, se mit à s’aimer elle-même”.
Il y a bien alors une Jeanne d’Arc fréquentable par la gauche et même l’extrême gauche : dans Jeanne, de guerre lasse, (Gallimard, 1991), le philosophe trotskiste Daniel Bensaïd, fondateur de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), voit tour à tour dans la bergère de Domrémy une théologienne de la libération, la chef d’une guerre de mouvement, la championne d’une foi populaire rétive aux pompes de l’Eglise savante, une féministe, aussi, dans un monde d’hommes…
“Jeanne, si je puis me permettre de t’appeler familièrement par ton prénom…, tutoyait Ségolène Royal en 1998, avant son hommage des primaires de 2006. Dans un monde confisqué par les hommes, tu as commis un triste sacrilège : êtreune femme stratège, une femme de guerre, une femme de Dieu…”
Vaines et tardives tentatives de récupération. Depuis le tournant du XXe siècle, un autre archétype de Jeanne d’Arc – la patronne d’un nationalisme pur et dur – a en effet fini par s’imposer, prenant le pas sur la figure populaire. La droite, les droites, réussissent avant 1940 leur tentative d’annexion de la guerrière d’Orléans. “Les années 1890 à 1914 sont des années clés, celles d’un duel à la fois public et feutré entre Maurice Barrès (…) et Jean Jaurès, qui ne voulait pas d’une fête nationale parce qu’elle ferait trop plaisir aux curés”, résume Philippe Contamine. En 1920, la République l’officialise – la majorité des parlementaires votant la fête de mai -, tandis que l’Eglise la canonise.
Les ligues qui défilent peu après dans les rues font voler cet armistice en éclats. Jeanne d’Arc devient le symbole de “celle qui traquait l’Anglais parce qu’il était alors l’ennemi de l’intérieur, comme le sont devenus le juif et le franc-maçon, raconte Bernard Richard. Dès 1924, Edouard Herriot sèche la fête officielle du 8 mai ; en 1937, le Front populaire l’interdit”. Sur l’un des livres d’or qu’ira signer Nicolas Sarkozy à Domrémy, on lit alors : “Boutez les mauvais Français hors de France !”
“Aujourd’hui, il faut être de gauche pour vraiment libérer Jeanne d’Arc, sourit Bernard Richard. De la France libre, de Gaulle s’y est essayé en disant qu’il entendait des voix, mais sans succès évident !” Alors que la campagne présidentielle s’engage, les socialistes n’ont de toute façon guère envie de s’échiner à récupérer une héroïne perdue il y a un siècle et morte il y a six cents ans. “Un non-sujet”, a tranché l’équipe de François Hollande, qui, à mille lieues de 2007 et contrairement au Front national, n’a préparé ”aucun contre-discours” à celui que tiendra le candidat-président à Domrémy.
Ariane Chemin

